FIN DE LA SECONDE ECOLE D'ALEXANDRIE
Pendant les deux derniers siècles de son existence, la seconde école d'Alexandrie eut une existence trop précaire et un mouvement scientifique trop inrécond pour laisser des traces dans l'histoire.
Mahomet mourut en 632 et ses successeurs mirent dix ans pour soumettre la Syrie, la Palestine, la Mésopotamie, la Perse et l'Egypte. La date précise de la chute d'Alexandrie est incertaine mais les historiens arabes les plus dignes de confiance la fixent au 10 décembre 64 1, date qui, dans tous les cas, est exacte à dixhuit mois près.
La longue histoire des mathématiques grecques prend fin avec la chute d'Alexandrie. Il est probable que la plus grande partie de la fameuse bibliothèque de l'Université ainsi que le Musée avaient été détruits par les chrétiens cent ou deux cents ans auparavant, ce qui en restait devait être de peu de valeur et fut sans doute négligé. Deux ou trois ans après la première prise d'Alexandrie une sérieuse révolte éclata en Egypte, elle fut impitoyablement réprimée. Nous n'avons aucune raison de mettre en doute le récit d'après lequel les Mahométans, après avoir pris la ville, détruisirent les constructions universitaires et les collections qui existaient encore. On raconte que lorsque le chef des Arabes donna l'ordre de brûler la bibliothèque, les Grecs firent entendre des protestations si énergiques, qu'il consentit à en référer au Calife Omar. Celui-ci fit cette réponse : « Quant aux ouvrages dont vous parlez, s'ils sont conformes au livre de Dieu ils sont inutiles, s'ils sont contraires ils sont pernicieux, dans tous les cas il faut les détruire. » Ils furent, dit-on, brûlés dans les bains publics, et l'incinération dura six mois.