‹ Histoire des Merovingiens, comprenant les règnes de Clovis ler, Clovis II, Dagobert et autres rois de FranceChapitre 10 sur 50 · L.:vas. Les Francs, après la bataille de Soissons · texte numérisé non relu

L.:vas. Les Francs, après la bataille de Soissons

de Suis:>oii . . .

avaient commis beaucoup d excès, ravajjé le territoire et pillé plusieurs églises. L'évêque de Reims obtint du vainqueur qu'il réprimerait cette licence ; les biens de son clergé furent respectés : voyant avec quelle faveur le roi des Francs accueillait ses réclamations , il le pria de lui donner un vase d'argent de grand prix dont ses soldats s'étaient emparés à Soissons. Clovis lui promit de le lui remettre, s'il lui était permis d'en disposer.

Bientôt l'armée victorieuse se rassemble pour le partage du butin qu'on dépose, suivant l'usage , au milieu d'une enceinte guerrière. Le roi, s'adrcssant à ses compagnons, les pria de lui accorder le vase de Soissons pour qu'il pût en disposer à son gré. Les sénieurs, les plus considérés par leur âge et par leur sagesse, ré])()ndirent : u Tout ce que tu désireras de ce » butin est à toi si tu le veux ; nous obéissons » avec joie à tes ordres, et nul de nous ne )) prétendra résistei* à ton autorité. »

Une acclamation générale approuvait celte

déférence pour un chef victorieux, lorsque tout à coup un Franc impétueux et jaloux frappe violemment le vase de sa hache , en disant fièrement au roi : « Tu n'as rien à prétendre » ici que la part que le sort te donnera. » Cette action brutale saisit l'assemblée de surprise ; Clovis, sans paraître ému, supporta cette insidte en silence. Ses compagnons cependant s'empressèrent de lui donner le vase qu'il souhaitait, et par ses ordres on le remit à l'évêque de Reims.

L'année suivante le roi , ayant réuni ses troupes au champ de Mars, en fit la revue; et, lorsque, en parcourant les rangs, il se vit en face du téméraire soldat qui l'avait bravé, il lui dit: if Tes armes, ton glaive, ton javelot et surtout » ta hache sont mal soignés. » En même temps il prend cette hache et la jette à terre : le Franc se baisse pour la ramasser ; Clovis alors lui fend la tcte d'un coup de francisque, en s'écriant : (( C'est ainsi que l'année dernière tu frappas le » vase de Soissons. »

Ce trait, également cité par tous les historiens , a servi aux uns de preuve du peu d'autorité de nos premiers rois, et aux autres de l'excès de leur despotisme. Ils n'ont tous d'autres torts dans leurs divers systèmes que d'en avoir cherché un fixe dans un temps où l'arbitraire

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«1 la licence se succédaient et se confondaient sans cesse. A cette époque il n'existait rien de réel ([lie la force, rien d'habituel que la bravoure, rien de constant que l'amour de la .;;iierie et du pillage. Au reste Clovis, dans ces deux circonstances, se conformait aux mœurs de son peuple : dans l'assemblée il suivait, comme prince, la loi du partaj^c; ma.is dans son camp il exerçait hardiment un pouvoir sans limites; roi, il osait peu; général, il pouvait tout.

Clovis fixe Après la défaite de Syagrius, Clovis établit

s» résidence , • i • c • l • 1 J

dans celte SU rcsidence a aoissons, et donna un riche domaine à l'évêque de Reims. Les monnaies que ce prince fit battre dans cette ville n'étaient point à son elïigie; le moi Sœcionis s'y trouve inscrit ainsi que le nom de Baito le monétaire ; on y voit aussi la figure d'un guerrier portant une hache. Procope dit que les rois francs ne frappèrent de monnaie à leur nom que lorsque Juslinicn leur eut cédé les droits de l'empire sur la Gaule.

Pendant l'espace de six années, c'est-à-dire jus(ju'eii 49"^ > Clovis ne s'occupa qu'à reconquérir totalement le pays de Tongres, qui avait été envahi par les Allemands.

O fut à cette même époque qu'une grande révolution s'opéra dans fltalie. Théodoric, roi

CLOVIS. ï3

des Goths , adopté par l'empereur Zenon , s'éloigna de la Grèce, tour à tour défendue et dévastée par ses troupes; il franchit les Alpes, attaqua Odoacre qui avait déposé le dernier des empereurs romains. Après quatre ans de combats Odoacre fut vaincu , et périt; Théodoric se fit proclamer roi d'Italie ; Zenon mourut à Constantinople, et Anastase monta sur le trône d'Orient.

Cependant Clovis, revenu à Soissons, travaillait sans relâche à étendre et à affermir sa puissance dans les Armoriqucs. Les territoires de Soissons et de Reims étaient jusqu'alors le seul fruit de sa victoire. Un grand nombre de cités restaient romaines , indépendantes et défendues par des troupes aguerries : leur conquête par Tépée eût arrêté long- temps Clovis; ses armes en soumirent quelques-unes; sa politique adroite le rendit maître des autres ; ses ménagemens pour le clergé catholique lui concilièrent son alFcction et le fortifièrent du secours de cet ordre puissant.

On voit par les lettres de ce temps que lessapreJii

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peuples, cédant a lintluence des eveques, re- lEgiise, doutaient la domination des Visip;oths et des Bourguignons dont les princes étaient ariens. Le roi des Francs sut profiter habilement de cette disposition qui lui valut autant de con-

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