CARIBERT
qu'ils s'étaient réserva le choix des maires du palais. Lorsque Sigebert monta sur le trône d'Austrasic, sesicudes élurent pour maire Clirodin, le plus distingué d'entre eux; mais il re^ fusa cette charge importante : (( Je ne suis w point, dit-il, Thomme que vous devez choii) sir ; croyez à ma sincérité : il me serait im- » possible de maintenir la paix dans ce royauj) me; le sang me lie aux seigneurs les plus )) puissans; et vous savez que tous les hommes « sont enclins à abuser du pouvoir. Si mes » parens commettaient quelques excès, je me » trouverais obligé de sévir contre eux , et la » sévérité d'un de leurs proches les révolterait; n si, au contraire, je leur montrais une trop )) grande indulgence, elle m'exposerai tau cour- >■> roux de Dieu et à la haine publique. Par « amitié pour moi, consultez mieux vos inté- >) rets , et faites un choix qui vous soit utile. » Ils suivirent son conseil, et ils élurent Gogon. Vicfoîro do Une attaque imprévue des Huns donna bien-
Sigolicrl sur ^
lès Huns, tôt à Sigebert l'occasion de prouver par sa vaillance que le sang de Clovis coulait dans ses veines. Ils envahirent la Thurin^e * : SiiD:ebert les chassa, leur livra bataille sur les bords de TElbe, Icô défit et les poursuivit jusqu'au Danube.
Pendant son absence, Chilpéric s'était empar sagénc
encrosité envers
ré de Reims ; il était entré dans l'Austrasie. Le son frère
ChUpcric
vainqueur des lluns, revenu en rrance, combattit Chilpéric , lui reprit ses injustes conquêtes, s'empara même de Soissons , se rendit maître de la personne de Théodebert, fils de Chilpéric; mais, prouvant ensuite que sa modération égalait son courage, il accorda la paix à son injuste frère, et lui rendit ses États.
L'orgueil insensé d'une femme opérait alors une nouvelle révolution en Italie : Timpératrice Sophie , femme de l'empereur Justin , prodiguant ses mépris à l'eunuque Narsès, libérateur de Rome et vainqueur des Goths, lui avait écrit de venir rendre compte à Constaurtinople de ses richesses; et elle lui envoya en même temps avec insolence des ciseaux et une quenouille. Narsés,pour se venger, appela en Italie les Lombards , peuple Scandinave qui s'était établi depuis quelque temps sur les rives du Danube. Alboin, leur roi, conquit rapidement la plus grande partie de la péninsule, et y fonda une puissance qui dura jusqu'au règne de Charlemagne.
L'empire ne conserva que l'exarchat de Ravennes, le pays de ]\aples, la Calabrc et Rome, qui depuis ce temps ne connut plus d'autorité réelle que celle des papes. Le voisinage des