‹ Histoire des Merovingiens, comprenant les règnes de Clovis ler, Clovis II, Dagobert et autres rois de FranceChapitre 40 sur 50 · CHAPITRE XXIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIV

(',IIIM)lvllF.RT III, UOI ; l'Ll'IN IT GRIMOAI.I) , MVIKKS. (695.)

Siiilc tlii gouvernement de Pépin. — Mort de Chiklehert. Accroissement des ordres monastiques.

JMous parlerons peu de ce nouveau prince des Francs; il languit, comme ses prédécesseurs, dans la retraite, entouré de domestiques, tandis que les grands ofïiciers et le vrai cortège royal environnaient les maires du palais. Ceuxci portaient le glaive qui gouverne , et ne laissaient au roi, comme le dit naïvement un historien, (( qu'un sceptre qui n'avait pas même » l'utilité de la houlette d'un pasteur. » Suite .lu Cependant Pépin voulut que ce monarque

gouverne- • < n • 1 , 1

nuniae jugcat pariois queupies procès, et c est ce qui fit probablement donner à Ciiildebert le surnom de Juste, comme si la justice pouvait exister sans force.

Pépin, toujours armé e( toujours favoiisé

CHILDEBERT III. SlQ

par la fortune , combattit encore les Frisons et remporta sur eux une éclatante victoire. Le duc Radebod se soumit enfin , se convertit et donna sa fille en mariage à Grimoald , fils de Pépin.

Le duc d'Austrasie avait trois fils , deux de sa femme Plectrude; l'aîné, Diogon, fut duc de Champagne; le second, Grimoald, était, comme on Ta vu, maire de Neustrie. Conformément aux mœurs du temps. Pépin vivait publiquement avec une concubine nommée Alpaïde , sœur de Dodon, grand domestique du palais, charge alors aussi éminente en France que dans l'empire grec. Alpaïde donna naissance au fameux Charles Martel, le plus illustre des héros dont la France antique s'honore.

De temps en temps, au milieu de la licence du siècle, l'Eglise produisait des ministres qui osaient résister avec courage au torrent de la corruption. Lambert, évêque de Liège, loin de se laisser éblouir par la fortune de Pépin et d'être intimidé par son autorité, osa lui parler le langage sévère de l'Évangile. Invité par lui, il refusa de s'asseoir à la table où siégeait Alpaïde, et lui reprocha publiquement son adultère. Pépin se tut; mais Dodon, frère d'Alpaïde, assassina l'évéque pour venger l'outrage de sa sœur. Peu de temps après le meur-

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trier loniha dans la Mousc et se noya; sa mort fat attribuée par le peuple à la veujjcance céleste : la multitude, alors juste, respecta réj)in comme un grand j)iince; mais elle vénéra Lambert comme un saint.

La France, victoiieuse et relevée de son

abaissement par la fermeté d'un chef habile ,

jouit dix ans d'une paix ([ue depuis un siècle

elle n'avait pas connue. Elle fut troublée [)ar

une nouvelle révolte des Allemands'*'; leur duc,

Godefroy, fut, ainsi que son fils, défait par

les Francs. INIais Pépin, rappelé en France par

quelques troubles intérieurs, ne put poursuivre

le cours de ses victoires.

Mort do Childebert mourut'*''*' et fut enterré près de

'" '' Laon. Pendant son règne le clergé, favorisé

par Pépin, comme contrepoids à l'autorité des

p-rands, vit progressivement s'accroître sa ri-

Accrois- chesse et sa puissance. On pensait alors s'assu-

o*rdres mo- rer un bonheur éternel dans les cieux et un

nasticfucs. , l 1 • 1 • ^ ' ■

grand renom sur la terre par des prodigalités a l'Église. Princes, grands et peuple, tous semblaient se disputer Thonneur des donations , des immunités, des fondations et des olfrandes. Ceux mêmes qui ne possédaient rien que la liberté la donnaient en hommage aux couvens. L'ordre de Saint-Benoît s'étendit alors avec

rapidité : l'esprit monastique était en grande vogue, et, comme le remarque Mézcrai, la nomenclature des monastères fondés dans ce siècle sulfirait seule pour remplir un dictionnaire géographique.

Au reste, l'établissement de ces moines fut un remède pour les maux du temps ; et leurs couvens, à cette époque d'oisiveté, de brigandage et d'anarchie, ofl'rirent au moins, par la vénération qu'on leur portait, un asile sûr pour la vertu, la science, l'infortune et le travail. Ces monastères , que depuis habitèrent trop souvent le luxe et la mollesse, donnaient alors des champs paisibles aux laboureurs, des retraites aux proscrits. C'étaient quelques ports tranquilles au milieu d'une mer battue par les orages.

Childebert laissait deux fils , Dagobert et Childéric ; Dagobert régna.

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