‹ Histoire des Merovingiens, comprenant les règnes de Clovis ler, Clovis II, Dagobert et autres rois de FranceChapitre 47 sur 50 · CHAPITRE XXXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXII

CARLOMA.N, DDC d'aI'STR\S1E ; PEPIN, DUC DE KELSTRIE ET DE BOURGOGNE.

Révolte d'un fils de Charles. — Insurroctinn au dehors. — Nais sancc de Charlemagne. — Childcric III e.*t roi.

Rrvniie LiEs dcux fils dc Cliarles-Martcl héritèrent d'un Charles, nom , d'une puissance et d'une gloire diflicilcs à soutenir. Le clergé voulait rentrer dans ses biens confisqués , les leudes fiers et turbulens dans leur indépendance. Griffon, dernier fils de Charles , était jaloux de ses frères ; mécontent de son apanage, il excitait à la révolte les grands trop heureux de trouver dans son nom un prétexte et un appui pour commencer la r^uerre civile.

Carloman et Pépin, informés des intrigues de leur frère, le prévinrent, l'attaquèrent, le poursuivirent et prirent d'assaut la ville de Laon où il s'était réfugié; sa mère fut exilée

INTERRÈGNE. SyS

à l'abbaye de Chelles, et lui-même retenu étroitement dans une prison.

Les princes redoutaient encore l'ambition de l'un de leurs parens nommé Théodoald, fils de l'ancien maire Grimoald; ils le firent périr. Ainsi la coutume , puisée dans la nature , mais contraire à la saine politique, de partager le pouvoir suprême entre les enfans de celui qui l'exerce, oblige toujours l'ambition à sacrifier toutes les vertus naturelles ; et chez les Francs , où ce partage avait lieu comme chez les musulmans, plus on était par la naissance près du trône, plus on se trouvait aussi près de l'échafaud.

Pépin et Carloman , après avoir ainsi rétabli , insurroc-

lion au Hc-

par des mesures cruelles , un ordre passager ii"'dans l'intérieur de la France, se virent bientôt contraints de porter leurs armes au dehors pour abattre l'insurrection des étrangers tributaires. Godefroi , duc des Allemands , et Hunnon , duc d'Aquitaine , résignés à obéir au sceptre d'un roi, ne pouvaient supporter l'autorité des ducs d'Austrasie et de Neustrie qu'ils regardaient comme leurs égaux et non comme leurs souverains; mais les fils de Charles- ^lartel prouvèrent qu'ils avaient hérité de la vaillance et de la célérité de Charles comme de sa fortune. Us entrèrent en Aquitaine, s'emparèrent

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de Poitiers, du château de Loches, et contraijjiiircnt le duc Ilunnou à se soumettre. Carloman franchit ensuite le Rliin j il comhattit et vainquit les Allemands et les ohli^jea de lui donner des otages.

Naissance Cc fut au hruit dc ces batailles et de ces maguc. Victoires que naquit, dans le palais d ingelhcim sur le luiin, le fameux Cliarlemagnc '*", lils de Pépin, destiné par le ciel à immortaliser son nom , sa race , son épée , son siècle et la France. Depuis long-temps la famille de Pépin aspirait au trône; déjà Grimoald avait osé vainement y faire paraître son fils. Charles -Martel crut accoutumer les Français à laisser ce trône vide; mais il fallait quelques triomphes encore pour habituer les peuples à la chute de la dynastie; la révolution s'avançait rapidement, mais l'heure de la proclamer n'était pas sonnée. chii- Pépin , aussi sage qu'audacieux , le sentit ; et, pour calmer la fermentation des esprits, il donna la couronne à un prince mérovingien que les uns disent fils de Thierry de Chelles, et les autres de Clotaire III; il prit le nom de Childéric. Bientôt le sceptre de Clovis se brisa dans les mains de ce prince inhabile ; son caractère ou son malheur lui fit donner le nom d'insensé.

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CHILDÉRIC III. SyS

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