PROJET DE DIVISION DU VICARIAT — SYNODE L'OPIUM — COADJUTEUR
Projet de divisioa du Kouy-tcheou en plusieurs Vicariats. — Objections du Séminaire Jes Missions-Etrangères. — Abandon du projet.
Telles étaient les difficultés que les missionnaires rencontraient dans l'exercice ordinaire de leur ministère. Nous avons vu, par le récit de leurs travaux et par l'exposé de leurs œuvres de charité et d'éducation, que ces difficultés, si elles entravaient la marche de l'apostolat, ne l'arrêtaient pas complètement, et que, si le règne du vrai Dieu avançait lentement dans les âmes, cependant il progressait.
Désireux de succès plus rapides dans son Vicariat tout entier. Lions avait repris un des projets conçus par Faurie, mais en le modifiant. Au mois de septembre 1874, il adressa à la Propagande par l'intermédiaire de Rousseille, procureur général de la société des Missions- Etrangères à Rome, le plan d'une division en trois Vicariats : le premier ayant l'ouest avec Kouy-yang pour résidence de l'évoque, le second le sud avec Hin-y fou pour centre et le troisième formé du nord et de l'est avec Tsen-y pour résidence principale. C'était une partie de l'ancienne division désirée et demandée par Faurie, qui avait conçu le plan de quatre Vicariats. « Cette disposition grave et importante pour la mission, écrivait l'évèque^n'a pas été prise légèrement et de mon propre mouvement ; à peu près tous les confrères l'approuvent, et personne n'en conteste Futilité pour obte-
* A. M.-E., vol. 547, p. 163. Mer Lions aux directeurs du Séminaire des Missions-Etrangères, Kouy-yang, 23 octobre 1874.
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PROJET DE DIVISION DU VICARIAT
nir plus facilement rexlcnsioii de la foi dans toute la province, dont les trois quarts au moins ne connaissent pas ou ont à peine entendu
le nom souvent défiguré.
Prévenu de cette démarche, le Séminaire des Missions-Etrangères ne partagea pas Tavis de Lions et de ses missionnaires, et^ le 8 février 187^, ix ocrivit au Vicaire apostolique du Kouy-tcheou les raisons de sa manière de voir' :
M. Rousseille nous a fait connaître de Rome la demande adressée par Votre Grandeur à la Sacrée-Congrégation, dans le but d'obtenir la division du Kouy-tcheou en trois Vicariats. Nous avons regretté. Monseigneur, que cette dennande ne nous fût pas directement communiquée avant d'être adressée à Rome.
L'article 21 de notre Règlement exige qu'avant de procéder à l'exécution d'une semblable mesure, il y ait entente préalable entre le Supérieur de la mission intéressée et le Séminaire de Paris, et la prudence ne permet pas de négliger une semblable précaution. Il ne suffit pas, en effet, de créer en titre de nouveaux Vicariats, il faut savoir en outre et surtout si nous pou-, vons les pourvoir de toutes les ressources nécessaires pour vivre et se développer, et c'est là une question extrêmement grave et délicate.
Il ne faut pas se dissimuler, en effet, que le même territoire divisé en plusieurs missions distinctes exige un plus grand nombre de missionnaires et des ressources plus abondantes, pour être convenablement administré. Pour chacun des nouveaux Vicariats, il faut trouver un Supérieur, un Provicaire, un Conseil, ouvrir un séminaire, etc. Or, malgré l'augmentation vraiment inespérée de notre personnel, vous voyez. Monseigneur, que nous ne pouvons pas suffire à pourvoir passablement nos missions actuellement existantes. C'est un fait que malheureusement nous avons à constater chaque année. Est-il donc opportun de multiplier présentement, surtout dans la proportion que propose Votre Grandeur, le nombre de nos missions? Il y a des divisions, comme par exemple celle du Kouang-si, qui s'imposent d'elles-mêmes et devant lesquelles on ne peut reculer, mais une exception nécessaire ne doit pas nuire à la règle, d'ailleurs très sage en elle-même qui nous commande une grande réserve.
A notre avis, pour procéder avec prudence en cette matière, la division de fait devrait toujours précéder la division de droit. La partie d'une mission destinée à former une mission nouvelle devrait déjà avoir son Supérieur, son personnel, son séminaire et une administration presque entièrement distincte.
Si pendant quelques années d'épreuve, cette mission marchait bien et donnait de bons résultats, personne ne pourrait trouver mauvais qu'on Térigeât officiellement en Vicariat distinct. Mais on peut se tromper souvent quand on ne fonde l'opportunité d'une division que sur les espérances de l'avenir*.
1 A. M.-E., vol. 68, p. 143.
* Le Séminaire écrivit de nouveau, dans le même sens, le 6 septembre 1875. (A, M.-E., vol. 68, p. 240).
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PROJET DE DIVISION DU VICARIAT
Lions se rendit aux raisons exprimées dans cette lettre et, le 27 mai suivant, il répondit' :
Je viens de lire votre sage réponse à mon projet de division de la mission du Kouy-tcheou. Puisque vous êtes si carrément opposés à toute division de nouveaux Vicariats, la chose tombera à Teau si vous voulez. En vous la proposant, j'ai cru accomplir un devoir de conscience pour la dilatation de la propagation de la foi et pour opérer le salut d'un plus grand nombre d'âmes, tout en me déchargeant d'une partie du fardeau ; car je sens de plus en plus ma faiblesse physique et mon incapacité pour faire marcher, comme je voudrais et comme je devrais, une aussi vaste mission. Ce sont ces considérations qui m'ont porté à vous faire cette proposition. Je présumais bien que ma demande ne serait pas acceptée (malgré un certain désir qu'elle le fût) ; aussi, comme vous avez pu le voir, j'intitulais mon écrit : projet. Or, connaissant vos principes touchant la formation de nouveaux Vicariats, j'ai cru bon de vous proposer un peu plus tôt cette division qui certainement aura lieu, mais plus tard, quand le bon Dieu le jugera à propos.
Plusieurs missionnaires ne se résignèrent pas aussi facilement que leur évêque à l'abandon du projet de division ; ceux du nord et des environs firent même une longue lettre pour exposer les motifs de former avec la partie septentrionale de la province un Vicariat particulier, ayant Tsen-y pour résidence du Vicaire apostolique.
La lettre fut rédigée par Bodinier et adressée à Lions le 15 octobre 1876; les signataires appuyaient leur demande sur la nécessité de rendre plus faciles et plus fréquente;? les relations du Vicaire apostolique et des missionnaires, plus régulièresles visites épiscopales dans les stations chrétiennes, de prendre pour Tévangélisation des mesures plus appropriées aux pays qui seront mieux connus par une administration plus proche, sur les changements survenus depuis que Faurie avait exprimé le désir de cette division, sur la possession de ressources matérielles à peu près suffisantes. Cependant, les missionnaires, voulant sans doute présenter un projet d'une acceptation plus aisée, s'éloignaient en deux points des exposés faits par Faurie et par Lions : premièrement, ils ne préconisaient la création que de deux Vicariats ayant pour résidence épiscopale Kouy-yang' et Tsen-y ; secondement, au lieu de vouloir que cette création fut faite immédiatement, ils souhaitaient seulement la nomination d'un pro--' vicaire, ayant l'administration de la partie septentrionale avec la disposition d'une partie des allocations accordées par la Propagation de la Foi et par la Sainte-Enfance.
Voici d^ailleurs le texte de leur lettre, sauf les premières lignes
♦ A. M,-E,, vol. 548, p. 67.
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PROJET DE DIVISION DU VICARIAT
qui rappellent les demandes faites sur le môme sujet par Faurie et par Lions ^ :
Il est certainement inutile de faire ressortir auprès de vous, Monseigneur, cette raison générale et commune à tous les pays de mission, qui veutque les circonscriptions ou Vicariats apostoliques soient assez multipliés pour faciliter les rapports entre l'évèque, d'une part, ses missionnaires et les fidèles, de l'autre. C'est l'esprit même de l'Eglise : le Saint-Siège na pas épargné les déclarations à ce sujet. L'expérience a aussi démontré et démontre encore chaque année, dans nos missions de la Chine, l'inconvénient des circonscriptions trop vastes, et l'immense impulsion que reçoit aussitôt l'œuvre apostolique partout oii la multiplication des Vicariats devient possible.
Pour ne citer que des exemples voisins de nous et celui même de notre mission, il suffit de se reporter à moins de trente années en arrière. A cette époque la mission du Su-tchuen comprenait les trois missions actuelles et le Kouy-tcheou. Les séparations s'opèrent successivement, et en peu d'années, au Su-tchuen; chaque mission nouvelle voit s'augmenter le nombre de ses chrétiens en même temps que celui de ses prêtres, de manière à égaler, quelques-unes même à surpasser le total de l'ancienne mission tout entière ;au Kouy-tcheou, à partir de la séparation, l'œuvre apostolique commencée avec si peu de prêtres et si peu de ressources matérielles, s'est développée, agrandi, a fleuri, malgré dix années de rébellion, d'épreuves et de fléaux de tous genres dont vous avez été le témoin. 11 est clair et bien connu de nous tous, que ces résultats sont dûs à la multiplication des Vicariats apostoliques.
Vous nous avez signalé souvent vous-même, Monseigneur, l'inconvénient qu'il y avait pour nos chrétiens et pour nous, au point de vue du bien spirituel des âmes, à nous trouver séparés de vous par de si longues distances, distances doublées par la difficulté des routes en nos pays de montagnes.
La ville de Tsen-y, qui serait le centre du nouveau Vicariat, est à cinq grandes journées de la métropole Kouy-yang, où réside Votre Grandeur. Et cependant, de toute cette partie septentrionale, c'est la station la moins éloignée de la résidence épiscopale. Les missionnaires de Tong-tse et de Su-yang, ont sept jours de marche pour aller voir leur évèque, celui de Jen-hoai bien en a dix ; celui de Ou tchoan, quatorze; d'autres stations, comme Che-tsien, Jen-hoai tin, déjà fondées- mais encore privées de pasteur, sont à des distances pareilles ou même plus considérables. Aussi jamais un missionnaire de nos parages n'a le bonheur, ni la ressource spirituelle d'aller visiter son évêque dans le courant de l'année II ne peut le faire qu'une fois, à la retraite annuelle ; encore pour cela doit-il entreprendre un voyage long, dispendieux, dangereux souvent pour la santé, laissant ses chrétiens sans pasteur pendant plusieurs semaines : triple raison de ministère, de santé et d'économie dont nous avons plus d'une fois senti la valeur à nos dépens.
Autre inconvénient corrélatif à ce dernier : ces grandes distances empêcheront toujours le Vicaire apostolique résidante Kouy-yang de visiter nos chrétientés autant qu'il le voudrait et que l'exigerait le bien des fidèles. Vous le savez. Monseigneur, et vous en gémissiez vous-même lors de notre
i A. M..E., vol. 548, p. 421.
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dernière entrevue. Nos districts n'ont pas eu encore une seule fois la joie de votre présence depuis votre retour du Su-tchuen après votre sacre. iNos chrétiens, déjà trop déshérités des secours spirituels, sont ainsi malheureusement privés du bienfait de la présence de leur évèque, bienfait si nécessaire, si fécond en bénédictions, et que l'Eglise tient tant à procurer à ses enfants.
L'érection d'un nouveau centre de mission au Kouy-tcheou septentrional, dans la ville de Tsen-y, abrégerait ces distances de moitié, et faciliterait ainsi de moitié l'administration, tout en diminuant d'autant les causes de dépenses, de fatigues et de maladie.
La longueur des distances qui nous séparent du Vicaire apostolique a encore un grave inconvénient : notre administration souffre et souffrira tant que nous n'aurons pas un Supérieur particulier résidant parmi nous. La difficulté des rapports fera que nous ne pourrons traiter les affaires avec l'autorité que par correspondance, moyen très lent et très incommode. Pour bien traiter les afïaires et les juger sainement, n'est-il pas bien souvent nécessaire d'informer et de juger sur place? Qu'il nous soit permis. Monseigneur, d'insister sur cette plus grande facilité d'administration ; sur ce coup d'oeil plus sûr et plus prompt, qui pourra être donné par un Supérieur plus rapproché; sur cette plus grande maturité qui sera apportée dans les décisions par un Supérieur voyant de ses yeux, et prononçant en connaissance de cause avec autorité I
Grâce à Dieu, les missionnaires du Kouy-tcheou ont toujours été unis par un singulier esprit de charité fraternelle. Mais qu'il se produise parmi nous des divergences d'opinion sur des questions importantes, (le cas n'est pas chimérique même parmi les personnes les mieux unies par la charité) qui nous jugera en vrai connaissance de cause, et sur quelles données informera-t-on pour trancher les questions de loin? Le Conseil qui jugera et décidera de loin sera exposé à faire fausse route ; cela s'est vu, au moins ailleurs, et n'est pas plus impossible ici qu'ailleurs. Nous serons toujours exposés à n'avoir dans le Conseil épiscopal personne qui nous connaisse bien, qui ait vu de près nos chrétientés, personne qui plaide notre cause et les intérêts de nos districts. Nos œuvres étant les moins connues, n'y a-t-il pas à craindre qu'elles soient les moins appréciées, qu'on ne nous croie pas quand nous réclamons et quand nous disons que de nouveaux besoins ont surgi autour de nous.
Depuis quelques années cette partie de la mission a bien changé de face, à tous les points de vue. Au temps où M"'' Faurie voulait faire du Kouytcheou septentrional une mission distincte, il y avait, tout au plus, dans ces régions un millier de chrétiens et deux pauvres résidences. Aujourd'hui la bénédiction de Dieu a multiplié nos établissements et quadruplé notre troupeau. Nous avons dans nos districts réunis quatre mille chrétiens et presque autant de catéchumènes.
Depuis quelques années, l'émigration du Su-tchuen et du Yun-nan a versé dans nos campagnes un grand nombre de familles chrétiennes. Autour de Tsen-y fou il est des stations de campagne qui n'avaient, il y a quelques années, aucun chrétien, et en comptent maintenant plus de cent. Dans une des stations rurales de Su-yang, l'émigration du Su-tchuen a fait monter le nombre des chrétiens à près de 400 ; même remarque dans les campagnes deTong-tse et de Mei-tan. Si le mouvement continue dans ces proportions, comme il est certain, nous pouvons prévoir le temps oii il ne
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nous sera plus possible de faire la visite de toutes nos stations en une seule année. Il nous faudra de nouveaux aides et quand même la séparation projetée ne serait pas accomplie nous en aurons besoin ; noiis en avons besoin, nous les demandons depuis longtemps à Votre Grandeur qui a dû déjà les demander à Paris.
L'un de nous^ travaille dans lé nord-est, entre Mei-tan, Che-tsien et Selan; depuis quatre ans qu'il cvangélise ce pays, le nombre de ses chrétiens est monté de 80 à 700, avec un nombre considérable de catéchumènes qui se préparent au baptême. Le nombre croissant de ces stations, et l'immensité de ce pays où elles sont répandues, le met déjà dans l'impossibilité physique de 4es visiter toutes en un an. Son immense et superbe district aurait besoin d'être divisé sans retard en trois parties avec trois missionnaires dont l'un serait à xMei-tan, l'autre à Che-tsien et le troisième de Selan porterait plus loin ses travaux vers les limites du Hou-lan et du Sutchuen ; car nous avons par là d'immenses espaces à peine explorés, auxquels il ne manque que le germe de la parole évangélique pour porter de nombreux et beaux fruits de salut.
Quelle impulsion donneraient de suite à la propagation delà foi, dans ces parages, l'érection d'un nouveau centre de mission et la présence d'un évèque apportant, avec les bénédictions spéciales de Dieu, cette direction ferme et éclairée qui fait prospérer les œuvres, et ces ressources matérielles qui l'accompagnent toujours.
Nous le savons, et vous nous l'avez dit, Monseigneur, dans une affaire du genre de la séparation dont il s'agit, la question matérielle et financière, la question des ressources sur lesquelles devra vivre la nouvelle mission, bien qu'elle soit secondaire au point de vue vrai, au point de vue de la foi, a cependant une grande importance ; et la Sacrée-Congrégation n'est disposée à autoriser de semblables entreprises, que là où elle verra des ressources assurées et suffisantes pour mettre la nouvelle mission en mesure de vivre par elle-même, sans tenter Dieu et sans se lancer dans un avenir incertain. C'est la raison principale mise en avant par le Conseil du Séminaire de Paris dans sa réponse à Votre ^jrandeur.
Or, Monseigneur, à ce point de vue aussi, vous le savez, la question paraît mûre, et le Kouy-tcheou septentrional est comme un fruit arrivé à son point et prêt à se détacher du rameau qui l'a nourri et porté.
Assurément, nous sommes pauvres, et sous ce rapport la jeune mission ressemblera bien à sa mère ; ce sera sans doute aussi pour elle le germe et le garant de la bénédiction de Dieu sur son avenir, La pauvreté matérielle' a toujours porté bonheur aux œuvres apostoliques, et aux missions en particulier.
Mais, si Dieu ne nous a pas donné la richesse, il nous a donné le nécessaire : notrecirconscription, organisée en Vicariat apostolique, pourra vivre et se suffire. Depuis le commencement de votre épiscopat, Monseigneur, nos établissements se sont créés ou perfectionnés ; nous nous croyons en mesure de commencer.
A Tsen-y nous avons une grande résidence, récemment construite avec l'indemnité payée par le gouvernement chinois en réparation des torts que nous avait faits la persécution de 1869. Cette maison est vaste, solidement bâtie, bien conditionnée pour servir de centre à une mission et de
' M, Bouchard.
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PROJET DE DIVISION DU VICARIAT
lieu de réunion pour les missionnaires. En attendant qu'une église plus grande et plus monumentale y soit construite, il y a dans la maison une très grande chapelle qui peut suffire longtemps au nombre des chrétiens. Cette maison est entourée de vastes dépendances qui permettront d'y réunir les œuvres que réclame un centre de mission. Déjà ces œuvres existent en germe ou à l'état complet : la pharmacie et les écoles sont établies ; nous y avons un commencement d'orphelinat qu'il serait facile d'agrandir. Voici donc déjà la résidence du Vicaire apostolique toute prête à le recevoir, quand il plaira à Dieu de l'envoyer.
Outre cet établissement central de Tsen-y, nous avons encore les deux résidences de Tong tse et Su-yang, qui ont chacune leur pharmacie, leur école et une habitation pour le rtiissionnaire avec une chapelle pour les chrétiens. Les villes de Che-tsien et Mei-tan possèdent aussi une maison avec pharmacie ; dans les campagnes, la mission a également quelques chapelles et pharmacies. A Tong-tse se trouve un établissement de la Sainte-Enfance tenu sur un bon pied.
L'indemnité chinoise de 1869 a permis à Votre Grandeur, en prévision sans doute d'une prochaine séparation du Vicariat, d'accepter la cession par M^' de Sinite de ses territoires à Tsen-y, Tong-tse et Su-yang. Ce serait la dot de la nouvelle mission qui pourra ainsi, dès le commencement, avec les allocations de la Propagation de la Foi et de la Sainte-Enfance vivre et développer ses œuvres. Déjà, depuis plusieurs années, toutes les allocations qui nous sont faites, à l'exception de celle de la Sainte-Enfance, sont prises sur les revenus de ces terrains, et les missionnaires du Kouy-tcheou septentrional n'ont pas vécu d'autre chose, eux et leurs œuvres.
Nous avons déjà fait remarquer plus haut comment l'érection de notre circonscription en mission distincte, mettrait fin à plusieurs dépenses considérables que nous faisons chaque année pour les voyages, la correspondance et les envois d'objets.
11 ne semblerait manquer actuellement à la partie septentrionale du Kouy-tcheou que l'érection des séminaires. Votre Grandeur n'a qu'à le vouloir et cette érection sera faite. Déjà, à Tsen-y, nous avons une maison qui peut faire un petit séminaire en attendant mieux ; Votre Grandeur et son Conseil ne refuseraient point sans doute à la jeune mission qui se sépare la subvention nécessaire pour organiser le séminaire sur un pied convenable. Plusieurs élèves des grands et petits séminaires de la métropole appartiennent à nos districts et ont été envoyés par nous. Nous rappellerons bien respectueusement à Votre Grandeur la promesse qu'elle nous a faite de nous rendre ces enfants,le cas d'une séparation échéant. Nous sommes assurés déjà qu'un bon nombre d'enfants de vieux chrétiens nous seraient confiés par leurs parents, pour se préparer à l'état ecclésiastique.
Certes, si l'on compare notre situation avec celle de quelques autres missions de la Chine récemment détachées d'un tronc principal, on la trouvera, non pas brillante, mais bien plus sérieuse, bien mieux assurée du côté des conditions matérielles et des œuvres fondées, prête enfin à commencer dans l'humilité comme il convient aux œuvres apostoliques. Il est bien vrai qu'une grande et belle mission avec un centre plein de vie vaut mieux que de pauvres petites missions qui végètent ; mais notre Kouy-tcheou septentrional sera encore une mission très grande et pleine de vie ; elle a déjà son centre tout établi, et nous croyons avoir montré qu'elle ne végétera pas.
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PROJET DE DIVISION DU VICARIAT
Quand M^"" Albrand, premier Vicaire apostolique du Kouy-tcheou, y commença l'œuvre de Dieu, ses ressources matérielles étaient bien petites, et pourtant Dieu a béni et fait prospérer son œuvre, comme il bénit la ruche d"abeilles qui essaime sans s'appauvrir.
Les raisons que nous venons d'exposer nous paraissent si sérieuses ; nous voyons si clairement, en ces dernières années, le doigt de Dieu nous amenant au point où nous en sommes, et préparant à la longue un établissement plus solide et plus définitif du christianisme en cette partie de ja mission, enfin les conditions matérielles nous semblent ménagées par la Providence d'une manière si satisfaisante que nous venons aujourd'hui prier Votre Grandeur d'opérer, dès maintenant, cette séparation de fait, en attendant qu'elle soit prononcée de droit par la Sacrée-Congrégation de la Propagande.
C'est du reste la marche à suivre indiquée par le Conseil du Séminaire de Paris, dans sa réponse à Votre Grandeur, en date du 8 février 1875 :
« A notre avis, pour procéder avec prudence en cette matière, la division de fait devrait toujours précéder la division de droit. La partie d'une mission destinée à former une mission nouvelle devrait déjà avoir son Supérieur, son personnel, son séminaire, et une administration presque entièrement distincte. Si. pendant quelques années d'épreuve, cette mission marchait bien et donnait de bons résultats, personne ne pourrait trouver mauvais ou imprudent qu'on l'érigeât officiellement en Vicariat distinct. »
Voici précisément, Monseigneur, ce que nous venons demander aujourd'hui, nous prions donc Votre Grandeur de désigner un Provicaire, qui soitchargé de l'administration spirituelle et temporelle de cette partie de la province, etla gouverne en attendant son érection définitive en mission spéciale. Nous demandons à Votre Grandeur : qu'elle veuille bien fixer les limites de la nouvelle mission, et lui concède la propriété des territoires et établissements compris dans les limites susdites ;
Que désormais les allocations faites à la mission du Kouy-tcheou par les œuvres de la Propagation de la Foi et de la Sainte-Enfance soient divisées entre les deux missions au prorata des missionnaires et des œuvres, en sorte que la partie septentrionale du Kouy-tcheou vive de sa vie propre ; Que Votre Grandeur nous autorise à commencer l'œuvre des séminaires grands et petits, et nous alloue pour cela le secours qui sera jugé nécessaire.
Si l'expérience de quelques années vient réaliser et confirmer nos espérances, qui sont aussi les vôtres, Monseigneur, nous prierons alors Votre Grandeur de vouloir bien informer de ces faits la Sacrée-Congrégation de la Propagande, et obtenir les bulles nécessaires pour l'érection jdu Kouytcheou septentrionnal en Vicariat distinct, et la nomination du premier Vicaire apostolique.
Nous tenons beaucoup. Monseigneur, à ce que vous attachiez votre nom à celte œuvre importante. Déjà nous l'avons remarqué, votre épiscopat a réalisé plusieurs des grandes idées conçues par M»'' Faurie et laissées inachevées par sa mort prématurée : établissement du grand séminaire, construction de la cathédrale de Kouy-yang; construction de nombreuses églises dans la province, particulièrement à Gan-chouen et à Tsen-y ; élévation d'une chapelle au pèlerinage de Notre-Dame de Liesse ; ouverture de nombreux districts, etc. Celle-ci ne sera point la moindre de vos œuvres,
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ni la meins utile au point de vue de révangélisalion de ces peuples que Dieu a confiés à votre sollicitude pastorale.
Daigne INotre-Seigneur exaucer nos vœux, que nous savons être aussi ceux de Votre Grandeur ! Daigne la très sainte Vierge Marie, patronne de l'église de Tsen-y bénir ce projet qui tend à la gloire de son Fils 1 Daigne saint Joseph, patron spécial du Kouy-tcheou, prendre cet essai sous sa protection et le défendre contre les attaques de Tennomi de tout bien.
Cette longue lettre fut signée pai' Bodinier, missionnaire à ïsen-y, 13ouchard, missionnaire à Mei-tan et à (^he-tsien, V^iret, missionnaire à Tsong-lse, et Ronat, missionnaire à Su-yang.
Lions la transmit au Séminaire des Missions-Etrangères en y joignant cette note ' :
Vous jugerez vous-mêmes des raisons qui militent pour cette division, qui certainement fera avancer la gloire de Dieu et progresser la propagation de la foi, surtout dans les parages du nouveau Vicariat projeté.
Selon les conseils contenus dans votre leltre de l'année dernière louchant ce projet, on va procéder à la séparation de fait, en attendant que la séparation ou division officielle et de droit soit prononcée à Rorhe. Nous comptons sur voire' concours pour nous obtenir à Rome celte division de droit, sans laquelle la division de fait ne saurait obtenir les bons résultats attendus, lorsque la mission sera divisée définilivement et que chaque Vicariat aura son Vicaire apostolique.
Cette interprétation de la pensée du Séminaire ne parut pas exacte, et, le 18 mars 1877, la rectification suivante fut faite- :
Nous n"avons pas prétendu que la division de droit devrait suivre immédiatement et nécessairement la division défait. Dans noire pensée, nous avons voulu dire simplement qu'une division de fait devrait toujours précéder une division de droit, laquelle ne devrait s'effectuer que dans le cas seulement où l'expérience de plusieurs années et des résultats importants v.g. de nombreuses conversions, un grand développement des œuvres, etc., prouveraient clairement qiie cette division s'impose d'elle-même ; de plus à notre avis, cette division de fait ne devrait se faire quaux seuls frais et dépens de la mission intéressée et conséquemment ne pourrait créer pour la Société et pour le Séminaire une charge nouvelle. Car, autrement, il suffirait que dans une mission on procédai immédiatement à une division de fait pour nous obliger, avant que le temps en eut démontré l'utilité, à augmenter notablement le personnel de cette mission, à grossir ses allocations dans la même proportion, et qui plus est à poursuivre à Rome la consécration définitive d'un ffiit aussi facilement accompli. Or, pour faire au Kouytcheou l'application de ces principes, d'après la lettre de Votre Grandeur, cette division même de fait n'existe qu à l'état de projet, et sa réalisation devrait nécessairement entraîner des charges auxquelles nous ne pourrions
1 A. M.-E., vol. 548, p. 447. Lettre du 30 oct. 1876. - A. M.-E., vol. G9, p. 27. r.ollre à Mgr Lions, 18 mars 1877. KOi.Y-T(:m';oL'
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PROJET DE DIVISION DT VICARIAT
faire face el qu'il nous est dès lors impossible d'accepter. Nous ne croyons donc pas que le moment soit venu de rendre définitive une division qui n'existe pas encore, et dont l'expérience n'a pas encore démontré la nécessité. Voilà, Monseigneur, toute notre pensée sur cette importante affaire.
A cette explication, le Vicaire apostolique du Kouy-tcheou répondit par ces lignes qui fermaient, momentanément du moins, l'échange des observations sur la question ' :
La division de la mission peut être difïérée, puisque pour le moment vous n'en voulez absolument pas, malgré la grande utilité qui en résulterait inévitablement pour la diffusion de lEvangile. Je crois avoir agi en conscience en la proposant, et je crois qu'il en a été de même de votre côté. Quant à la division de fait, avant celle de droit, surtout quand celle-ci nous apparaît dans un loint^iin indéfini, je n'en suis pas du tout d'avis, et les confrères non plus, car ce serait mettre la division de fait entre les missionnaires, qui, pour le moment, par la grâce de Dieu, sont assez bien unis entre eux et avec leur indigne Vicaire apostolique ; donc n'en parlons plus.
Aujourd'hui, en 1908, quarante-deux ans après Texposé du projet de division fait par Faurie, trente-quatre ans après celui de Lions, la province du Kouy-tcheou ne constitue encore qu'un seul Vicariat apostolique. Nous croyons que les missionnaires, surtout ceux de Tsen-y et de la région septentrionale, songent de temps à autre à réaliser les désirs de leurs devanciers. Peut-être ceux de Hin-y fou en font-ils autant. Cependant ni dans la partie septentrionale ni dans la partie méridionale, la division n'a été préparée à la manière dont l'entendaient les signataires de la lettre du 15 octobre 187o ; il n'y a de séminaire qu'à Lou-tsong-koan et de provicaire qu'à Kouy-yang. Il faut ajouter que, depuis cette époque, les circonstances n'ont pas été favorables à la réalisation du projet : les désastres de Tsen-y et des nombreuses stations du nord, d'abord en 1884, puis en 188G, le long procès qui en fut la suite, l'exil des missionnaires de Tsen-y, la guerre des Boxeurs, dont le retentissement fut grand dans toute la Chine, ont été autant d'obstacles à une organisation qui peut parfois et en théorie sembler facile, mais qui pratiquement offre des difficultés nombreuses. Les difficultés ne sont cependant pas toujours un motif d'ajourner indéfiniment des mesures utiles, autrement il faudrait renoncer à toute initiative et à tout progrès.
^ A. M.-E., vol. 548, p. 871. Lettre du 18 septembre 18>
SYNODE DE SL-TCllEOU
Synode deSu-tcheou. — Tenue des sessions et des congrégations. — Décisions.
Dans leurs réunions à Rome, lors du concile du Vatican, ejt dont nous avons cité le texte, les Vicaires apostoliques de Chine exprimèrent le vœu que des assemblées régionales et régulières fussent instituées,' dans lesquelles seraient étudiées les questions les plus importantes d'administration et d'évangélisation.
Ce vœu fut exaucé en 1879. A cette époque, le 27 avril, le Pape approuva une résolution de la Propagande, partagearJl en cinq groupes toutes les missions de Chine, et, le 23 juillet suivant, fut rendu un décret ordonnant aux Vicaires apostoliques de chaque groupe de se réunir pour tenir un synode.
Le Kouy-tcheou était adjoint au quatrième groupe qui comprenait les missions du Su-tchuen, du Yun-nan et du Thibet. Le Vicaire apostolique du Su-tchuen occidental, Pinchon, qui, en qualité de doyen, devait présider le synode, adressa à ses collègues du groupe une lettre dans laquelle il parlait en ces termes des sujets dont il serait utile de s'occuper « : Quant aux questions à traiter, je n'ai point reçu déprogramme de la Sacrée Congrégation ; que chacun des Vicaires apostoliques prépare donc les sujets qu'il croira bon de discuter au synode ; néanmoins, il me semble qu'avant tout, nous devons traiter à fond la question de l'opium, c^est-à-dire sa plantation, son comnierce et sa fumigation , si on peut le recevoir comme monnaie dans les marchés oij les chrétiens ne peuvent vendre leurs marchandises s'ils ne reçoivent l'opium en payement, etc. »
Le synode fut d'abord fixé au 1" mai 1880, il devait se tenir à Cha-pin-pa, au grand séminaire du Su-tchuen oriental ; mais, par suite de l'absence du Vicaire apostolique. Desflèches, il fut remis au li décembre suivant et Su-tcheou-fou*, dans le Su-tchuen méridional, fut le lieu définitivement choisi.
A cette réunion se trouvèrent présents, avec le Vicaire apostolique du Kouy-tcheou, Pinchon-, évoque de Polemonium, Vicaire apostolique du Su-tchuen occidental ; Lepley, évoque de Cabale, Vicaire apostolique du Su-tchuen méridional ; Biet, évèque de Diana, Vicaire apostolique du Thibet ; Blettery, provicaire de Desflôches, l'évêqu(y de Sinite et Vicaire apostolique du Su-tchuen oriental ; Bour-
* Très souvent appelée Soui-fou.
3 Pour détails biographiques sur Pinchon et ceux dont les noms suivent, voir Histoire de la mission du Thibet, vol. 2, p. 191.
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geois, provicaire et délégué de Poiisot, évéque de Philomélie et vicaire apostolique du Yun-nan retenu chez lui par son âge avancé et par ses infirmités ; Bodinier, missionnaire du Kouy-tcheou, théologien de Lions ; Clerc, missionnaire du Su-tchuen méridional, théologien de Bourgeois ; Dupuis, missionnaire du Su-tchuen occidental, théologien de Pinchon ; Dangy, missionnaire du Su-tchuen oriental, théologien de Bletlery.
Pinchon, qui était le doyen des évoques présents, fut élu président du synode; Blettery fut nommé premier secrétaire, Dangy second secrétaire, Bourgeois notaire et Bodinier maître dos cérémonies. 11 y eut trois sessions, le 20, le 29 septembre et le 3 octobre 1880'.
Avant de rapporter les décisions prises, nous allons citer les notes de Bodinier qui esquisseront la physionomie de l'assemblée :
« Notre nombreuse réunion est toute paisible et toute pacifique, on dirait presque un temps de retraite. Mais les conversations ne sont pas interdites, et on en use largement.
(( Il serait difficile de prédire ce qui sortira de ce synode : Borne n'a envoyé aucune question, et je ne vois pas qu'aucun de nous en ait préparé beaucoup.
« La première session s'est tenue solennellement lundi dernier 20 septembre, et depuis les congrégations synodales ont lieu régulièrement chaque jour.
« Mê"" Biet, cependant, n'est pas encore arrivé à cause de l'éboulement d'une montagne sur la route de Ta-tsien lou.
(( Tout se passe aussi exactement que possible selon les prescriptions du Pontifical et du Cérémonial des évèques. Monseigneur Pinchon, président du synode, a célébré avec diacre et sous-diacre; Ms"" Lepley et Ms"" Lions assistaient en chape et en mitre, et les deux délégués des missions en chape. On a publié le décret de Inchoando Concilio, on a fait l'instance contre les absents, etc. ; puis les membres du synode ont prêté solennellement le serment de Fitle.
« Le lendemain mardi, les congrégations synodales ont commencé : elles durent deux heures chaque matin, de 9 heures à 11 h. Les évêques sont en rochet et mosette ; les délégués des missions en surplis. Les théologiens assistent, mais n'ont pas la parole, à moins d'être interrogés. La séance commence par la récitation de la prière Adsumus selon le Pontifical. Je vous assure que tout est plein de calme, de gravité, de sagesse, de respect pour la présence de l'Esprit- Saint. Je remercie tous les jours le bon Dieu de m'avoir fait Iq, grâce de voir cela.
^ A. M.-E., vol. 548, p.
tembre, 6 octobre 1880.
p. 2243, M. Bodiuier à M. Gréa 18, 24 et 30 sep-
DF, «L-TCllEOr
« M^' Biet est arrivé le 28 septembre ; il a pu passer, aon sans danger, par la nouvelle route frayée au-dessus d'un précipice.
« Le mercredi, 20 septembre, tète de saint Michel archange, a eu lieu la seconde session solennelle du synode. M^'' Lions a chanté la messe pontificale ; après la messe, publication des premiers chapitres des décrets.
« Cette semaine, les congrégations synodales se sont tenues chaque jour pendant deux heures, quelquefois deux par jour. Je vous .assure que les employés du synode, secrétaires, scribes, maître de cérémonies, etc., n'ont pas manqué de besogne.
« Hier, vendredi, service solennel pour les Vicaires apostoliques défunls des missions du groupe, avec cinq absoutes. M^*" Biet a chanté la messe pontificalement.
« La troisième session du synode a eu lieu dimanche dernier 5 octobre. Ms"^ Lepley a pontifié en grande solennité ; les chrétiens de Soui-fou étaient accourus en foule. Après la messe solennelle, ont commencé les cérémonies spéciales de la troisième session. Le P. Bourgeois est monté à l'ambon et a lu de sa belle voix les décrets du synode. Puis a eu lieu la cérémonie de la signature des décrets par les Pères du synode sur Tautel, au coin de l'Evangile.
« Ensuite, instance pour l'indiction du prochain synode qui a été fixé à Tannée 1885, à Tchen-tou, sous la présidence de Ms*" de Sinite, ce qui était une manière d'exprimer le désir et l'espoir de le revoir en Chine, avec pouvoir de déterminer plus tard le mois et le jour. Puis instance pro fine Co?icilii, Te Deiim, osciilum pacis desévèques, publication de l'indulgence, bénédiction solennelle, enfin retour en procession au chant du Magnificat.
« Ainsi s'est termin,é le synode de Soui-fou, en trois sessions publiques et 12 congrégations synodales de^2 heures chacune. J'ai pris une belle copie pour le Kouy-tcheou des actes du synode, tels qu'on vient de les envoyer à Bome.
Vous pensez bien que le synode, en si peu de temps, n'a pas touché à toutes les questions comme il serait désirable. On ne fait pas ce qu'on veut, surtout avec un Président qui pousse à clôturer le plus vite possible. »
Les actes du synode, envoyés à Bome, étaient accompagnés d'une adresse au Pape, exprimant l'attachement des Vicaires apostoliques à la chaire de saint Pierre et au Pontife qui l'occupait.
Léon XIII répondit le 31 janvier 1881 par un bref de remerciements, d'éloges et d'encouragements'.
' La traduction de ce bref a clé publiée dans VRisloire de la mission du Thihet, vol. 2. p. 193.
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