‹ Histoire des missions de Chine [microform] (volume 2)Chapitre 14 sur 62 · APPLICATION · texte numérisé non relu

APPLICATION

Afin de compléter ces conseils, lo Vicaire apostolique adressa au5c missionnaires sur les allocations, les de'penses, les ventes, la visite des districts, la lettre suivante * :

Pour de bonnes raisons que vous comprenez tous, ce sera désormais l'évéque aidé de son Conseil qui fera les allocations, soit de la Sainte-Enfance, soit de la Propagation de la Foi et autres dépenses extraordinaires. Admettre tout le monde à la discussion du ])udget, c'est chose moralement et pratiquement impossible ; en admettre un certain nombre comme représentants des divers groupes, il sera assez difficile, vu la faiblesse humaine, d'éviter les jalousies et les défiances. Aussi, je ne crois pas que ce mode de répartition soit en usage dans aucune mission ; ce qui paraît beau et bon en théorie ne l'est pas toujours en pratique. Tout considéré, je crois que c'est le mode que nous venons d'adopter qui offre le moins d'inconvénients.

Un missionnaire peut connaître et doit mieux connaître son district que 1 evêque ou le Supérieur de la mission ; mais le Supérieur de la mission connaît et doit connaître mieux la mission qu'aucun des missionnaires. Il peut se rencontrer quelque exception, mais actuellement ce n'est pas le cas duKouy-tcheou, puisque le Supérieur a entièrement parcouru le pays, à part quelques recoins, soit comme missionnaire, soit surtout comme Supérieur. Donc, le Supérieur étant chargé de toute la mission, qui est proprement son district, a le devoir et, j'espère, la volonté de procurer le bien partout également, sans distinction de nord, de midi, d'est, d'ouest, que ce soit tel ou tel missionnaire. Mais, vous comprenez, on est naturellement et raisonnablement porté (c'est juste) à favoriser davantage les districts et les parages où le succès et l'espoir sont plus considérables, soit à cause du zèle du missionnaire, soit à cause des dispositions des habitants, de même qu'un missionnaire soigne plus spécialement la partie de son district qui lui donne le plus de résultats et d'espoir.

Pour les allocations, outre le viatique, on accorde un supplément proportionné autant que possible aux besoins de chaque district, mais malheureusement on nç peut accorder ac^ libitum de chaque confrère, mais bien d'après les revenus et allocations annuelles qui sont, vous le savez, à peu près les mêmes chaque année, surtout quant au supplément qu'on n'augmente pas avec le nombre des missionnaires. Or, si je ne me trompe, toute bonne administration doit viser à augmenter les revenus au lieu de les diminuer, surtout par les temps qui courent en Europe et en France particulièrement.

Je ne pense pas qu'aucun missionnaire du Kouy-tcheou s'occupe à mettre de l'argent de côté, ce n'est pas l'usage ici et Ton a raison, c'est conforme aux décrets ; mais ce qui est encore plus conforme aux décrets de la Propagande, c'est que le Supérieur de la mission tâche d'augmenter les revenus d'icelle, soit pour entretenir le clergé indigène, les catéchistes et les œuvres, soit pour éviter autant que possible de se trouver compromis en des circonstances imprévues.

Il faut donc tâcher. Messieurs, d'augmenter chaque année les modestes revenus de la mission, ne serait-ce que d'une centaine de taëls, car par la

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