‹ Histoire des missions de Chine [microform] (volume 2)Chapitre 17 sur 62 · I. Tisane des quatre choses · texte numérisé non relu

I. Tisane des quatre choses

Cassonade noire 1 livre (16 onces)

Réglisse 1 livre

Pey-mou du Su-tchuen. 8 tsien

Culot d'opium 3 ou 4 tsien

Eau propre 10 grandes écuelles

Faites bouillir quatre ou six heures dans une marmite en cuivre jusqu'à ce qu il ne reste que trois ou quatre écuelles. Filtrez et gardez cette potion dans un vase en porcelaine. Le matin en vous levant, le soir en vous couchant, prenez-en une tasse que vous mélangerez à un peu d'eau bouillante et buvez chaud. Votre habi-

10 fen =- 1 tsien ; 10 H := 1 fen ; 10 hao =: 1 li.

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COADJtTEL'K

Nous ne savons si les remèdes que préconise le préfet Tciieou possèdent toute la vertu qu'il leur prête, mais il paraît que ces remèdes ou d'autres ne manquent pas deflicacilé. On parle en particulier de certains remèdes qui feraient prendre l'opium en dégoût; mais il faut que la volonté garde sa fermeté pour repousser ce narcotique. On cite des fumeurs d'opium, chrétiens ou païens, restés un an, deux ans, trois ans et môme plus sans reprendre leur pipe d'opium, et qui un jour, à la suite d'un voyage, d'une maladie, etc., ont fumé une fois, et dès lors n'ont plus cessé. En réalité, rares sont ceux qui abandonnent, sans la reprendre jamais, leur pipe d'opium.

Choix et nomination d'un coadjuteur, — Consécration vpiscopale do Guichard,

Trois ans seulement après sa consécration, en 187o, Lions ayant senti sa vue s'atï'aiblir notablement et craignant une cécité complète qui créerait à son ministère des difficultés nombreuses, songea à se choisir un coadjuteur. 11 en parla une première fois au Séminaire des Missions-Etrangères dans une lettre du 21 aoi1t 1875' :

Ma vue baisse sensiblement tous les jours, j'ai déjà bien de la peine à réciter mon bréviaire ; si cela continue dans la même proportion que cette année, dans un an, je ne pourrai plus le dire. Comment faire alors les cérémonies épiscopales, Saintes-Huiles, Ordinations, etc. ? Le sujet proposé de l'avis de tout le monde est choisi. C'est M. Guichard.

tude sera certainement corrigée. Que si votre habitude d opium est excessivement forte, alors faites encore diminuer lextrait de façon que des dix coupes il n'en reste qu'une ; prenez comme ci-dessus et vous réussirez.

II. Tisane de courge. Quand la courge dite lan-koua (cucurbita ordinaire) est en fleur, on prend la plante tout entière, on lave et on pile au mortier. On extrait le suc et 1 on en prend sans cesse. La plus vieille habitude sera déracinée. Quand la plante commence à produire son fruit, on peut piler aussi les petites courgettes. L'Herbier dit : e La courge lan-koua, douce de goût, tiède d'effet, sans venin, fortifie le milieu, augmente les esprits vitaux. Coupez sa liane, le jus qui en sort est très pur, donnez-en à celui qui aura avale par erreur de l'opium et il ne mourra pas. )) C'est donc un merveilleux anti-poison, aussi est-il très efficace pour corriger les fumeurs et certes il n'y a pas de contrée si sauvage où cette plante ne pousse. Ce n'est qu'en hiver, où feuilles et tiges étant desséchées, qu'on ne pourrait en tirer du f,uc ; mais aussi, en été et en automne, on peut en tirer tant qu'on veut et sans dépenser de sapèques. [A. M.-E.^ vol. 549», p. ,505. Traduction de M. Bonnet, ancien provicaire apostolique du Su-tchuen oriental )

' A. M.-E., vol. 548, p. 152.

COADJLTEUR

Le Séminaire répondit en exprimant l'espoir que la santé du prélat s'améliorerait. L'année suivante, cet espoir ne s'étant pas réalisé, Tévéque réitéra sa demande et pria le Séminaire de la présenter à Rome ; le Conseil épiscopal alors composé du provicaire Guichard^ des missionnaires Lsslinger et Ghemier et du procureur Gréa l'appuya par une lettré oflicielle au Séminaii'e, dont voici le texte ^ :

25 juillet J876.

Messieurs les Directeurs,

Depuis la mort de notre regretté Vicaire apostolique, M«'' Faurie, la vue de M*^"" Lions a baissé chaque année d'une manière très sensible.

Actuellement Sa Grandeur ne peut plus lire, même avec Taide des plus fortes lunettes qu'on puisse trouver dans le pays. Comme cette ophthalmie n'est point accidentelle, mais le résultat d'une vieillesse prématurée, elle ne laisse, nous osons le dire, aucun espoir de guérison.

A raison de cette maladie, qui résiste à tous nos soins les plus dévoués, Sa Grandeur, vous le comprenez. Messieurs, ne pourra plus désormais exercer les fonctions épiscopales incommunicables. Pour obvier à un inconvénient si préjudiciable à la mission, il est de notre devoir de venir conformément aux vœux de Sa Grandeur vous prier et vous presser de vouloir bien faire des démarches pour obtenir de Rome la nomination d'un coadjuteur qui, en secondant Monseigneur dans sa vieillesse, puisse exercer les fonctions épiscopales et administrer la mission.

Daignez agréer les sentiments de profond respect et de vénération avec lesquels nous avons Thonneur d'être.

Messieurs les Directeurs, Vos très humbles et tout dévoués confrères.

F. M. GUICHA^RD,

mis. ap. prov.

EsSLiiNGER, mis. ap. Ciiemier, rais. ap.

Gréa, mis. ap. proc. sécr.

Le 30 octobre, le Séminaire répondit en alléguant les mêmes motifs que précédemment, et après avoir conseillé à Lions un voyage à Hong-kong pour fortifier sa santé, il ajouta une raison de droit qui ne lui permettait pas de faire la démarche souhaitée - :

Relativement aux instances que fait Votre Grandeur pour obtenir de Rome la nomination d'un "coadjuteur, instances appuyées d'ailleurs par la lettre que nous recevons du Conseil épiscopal du Kouy-tcheou, permetteznous. Monseigneur, en vue de l'espoir sérieux que nous donne le parti que nous avons pris la liberté de vous suggérer, de penser encore que la nomination d'un coadjuteur n'est peut-être pas indispensable. Du reste, lors même qu'après expérience faite, la nécessité en apparaîtrait évidente, il serait toujours de rigueur que Votre Grandeur en fît la demande directe

' A. M.-E., vol. 548, p. 353.

■2 A. M.-i:,, vol. r,8, p. ill.

COAnilTErR

à Rome. Dans aucun cas le Saint-Siège ne consentirait à nommer un coadjuteur à un évêque sur la simple demande d'un tiers.

Pour cette dernière raison seule, indépendamment d^^i poids de la première, il nous a été de toute impossibilité de faire à Rome la démarche que nous demandait Votre Grandeur. En dehors des circonstances qui nous commandent absolument celte ligne de conduite, nous nous serions fait assurément un devoir comme un bonheur, Monseigneur, de nous conformer davantage à vos désirs et à ceux de votre Conseil.

Pendant l'échange de ces lettres, la santé du Vicaire apostolique s'améliora ; sa quasi-cécité, qui provenait principalement d'une faiblesse générale, dispaAit presque entièrement et avec elle la nécessité d'un coadjuteur. "

Les choses restèrent en cet état jusqu'en 1883. A cette époque, la santé de Lions étant devenue irrémédiablement mauvaise, la nomination d'un coadjuteur parut simposer.

En 1875, le choix de l'évèque s'était porté sur son provicaire Guichard ; huit années d'attente ne le changèrent pas. C'est d'un seul mot faire l'éloge de l'évèque qui ne s'était pas trompé et du provicaire qui demeura digne du choix fait précédemment. Désigné au Souverain Pontife par son Vicaire apostolique, par les missionnaires, et par le Séminaire des Missions-Etrangères, Guichard fut nommé évéque de Toron et coadjuteur de Lions le iï septembre 1884 et préconisé dans le consistoire du 13 novembre suivant.

La consécration eut lieu en 1885, dans l'église Saint-Joseph, à Kouy-yang, le 26 avril, dimanche du patronage de saint Joseph.

A rencontre de certains évèques qui semblent retrouver un regain de vie et d'activité quand ils ont un coadjuteur, dont ils se servent fort peu. Lions partagea largement avec Guichard, en attendant qu'il la lui remît entièrement, l'administration de toute la mission qui traversait alors l'une des phases les plus difliciles de son existence.

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