‹ Histoire des missions de Chine [microform] (volume 2)Chapitre 26 sur 62 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

SITUATION DIFFICILE. — CONSEILS DE LIONS. — MORT DE MISSIONNAIRES ET DU VICAIRE APOSTOLIQUE.

Influence de la persécution de Tsen-y. — Etat des districts.

La guerre du Tonkin et les de'sastres des stations du nord, particulièrement de Tsen-y, pèsent lourdement sur la mission du Kouytcheou, leur influence néfaste saecuse visiblement dans la diminution du nombre des baptêmes d'adultes. Au lieu d'en compter annuellement 700, 800, 900, on arrive péniblement aux chiff"res de 3S8 en 1887, de 289 en 1888 et à ceux de 281 en 1889, de 230 en 1890. Les païens sont plus hostiles, les néophytes plus hésitants ; le district de Tsen-y est naturellement le plus éprouvé. De 1884 à 1887, aucune station n'avait pu y être visitée, et cet abandon forcé des chrétiens se continua encore plusieurs années

II en fut à peu près de même pour Tong-tse. Dans le district de Su-yang^ dont trois ou quatre postes seulement furent administrés en 1886, et dont en 1887 le groupe de Kouan-houe-pa, seul, vit le prêtre. « De plus, écrivait Jouishomme à cette occasion % ces stations n'ont donné que des tristesses ; toutes les femmes très bien, mais pour les hommes, ce n'est pas la même chose, la moitié n'est pas venue remplir ses devoirs. »

Dans d'autres stations, à Pou-lao-tchang, par exemple, le séjour

* A. M.-E , vol. 5^9* p. 979. Lettre à Mg-" Lions 27 nov. 1887. En 1888, Jouishomme écrivait : « 11 n'y a pas d'apostats en règle, tout ce monde se dit chrétien, quelques familles ne pratiquent pas, et attendent les événement»; ils ont peur, ces pauvres chrétiens, et pour cause, ils veulent sauver et la chèvre et le chou. Le diable étant devenu plus vieux a trouvé ce moyen de s'attaquer à la corde sensible des Chinois, à leurs sapèques. » ÇA. M.-E., vol. 549'', p. 82).

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SITUATION DIFFICILE

fut interdit à quiconque refusa d^apostasier solennellement. Tchengan tcheoii, avait deux baptisés et une dizaine de familles d'adorateurs, on ne garda plus qu'une famille.

Les stations plus éloignées, Ou-tchoan, Mei-tan ne sont guère moins troublées.

Au mois de janvier 1887, Desvoivres et Aloïs Schotter se réunissent daus le village chrétien de Heou-chan, pour y faire les exercices de lavisite aijnuelle. Aussitôt, les villages. païens voisins, maires en tète, se soulèvent contre les deux missionnaires. On bat le tamtam, on sonne le tocsin, chacun court aux armes, toutes les gardes nationales sont sur pied, des cris de mort retentissent. Une résistance, d'ailleurs inutile, pouvait tout compromettre. Les deux missionnaires le comprirent et, cédant à contre-cœur devant cet orage inattendu, reprirent avec tristesse le chemin de leur résidence respective.

Le rapport de Desvoivres, en 1888, montre la situation plus sombre ' : « Dans les campagnes, notre position ne s'est point améliorée ; ce que nous avons perdu de pays^ de stations, n'a pu jusqu'ici être reconquis. Sur 4o stations environ qui composent mon district, j'ai pu en visiter 15 seulement dans le courant de l'année. Impossible d'aller plus loin sans m'exposer, moi et mes chrétiens, à une persécution. Aussi, je vous avoue que ma position est cruelle. Les mandarins ne se montrent pas hostiles, mais ils donnent carte blanche, ou à peu près, aux nombreux pillards, c'est ce qui rend ces derniers hardis, audacieux.

« Mon apparition à Long-kia-pa, par exemple, centre de plus de 20 stations, suffirait pour exciter les esprits et achever la ruine de ces chrétientés autrefois si florissantes. Voilà donc des chrétiens, nouvellement baptisés, privés des grâces des sacrements depuis bientôt 4 ans, et de plus, molestés de toutes façons, dans le sens de Tapostasie. Beaucoup, hélas ! n'ont pu résister à une telle épreuve, et bien qu'avec des chrétiens, ils se reconnaissent encore chrétiens, il n'en est pas moins vrai qu'extérieurement ils sont considérés comme apostats, et c'est la condition sme qua non de laquelle dépend leur tranquillité apparente; mais non réelle, car, une occasion étant donnée, les païens ne tiendraient guère compte d'une apostasie semblable : ils veulent du butin. »

Cependant comme la note qu'il donnait dans cette lettre lui semble avoir prêté à des conclusions exagérées, Desvoivres écrivit quelques mois plus tard * : u S'il y a des apostats dans le district,

^A. M.-E., vol. 549% p. 1086, 13 avril 1888.

= A, M.-E., vol. 549». p. 1138. Lettre à M. Chasseur, 2 sept. 1888.

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