C.OUV D ÛKIL
De la première de ces stations, Mistress Clarke écrivait le 8 juillet 1889': u Nous avons 11 femmes baptisées ici et 3 postulantes. J'aime le travail de Técole et les petites filles. Le maître d'école est le premier chinois qui ait nourri mon âme par ses discours. U éprouve une grande opposition dans sa famille qui, sans doute, compte sur lui pour briller. Priez pour notre Kouy-yang, »
« Le 22 août suivant, parlant d'une excursion à Tin-fan et Tongtcheou, Windsor disait' :
« Le Frère Adam et moi avons quitté la capitale ensemble le 29 juillet et nous avons voyagé jusqu'à Tin-fan oii je me suis arrêté deux ou trois jours, ayant eu des encouragements dans la cité et dans deux marchés. Le peuple de la cité m^a écouté attentivement et a acheté des livres avec empressement.
« J'ai employé trois bons jours à Tong-t'cheou etj'ai été excessivement satisfait et encouragé de cette visite. A ma grande joie et surprise, j^ai trouvé vivant ici un vrai disciple du Christ extérieurement. C'est un parent de l'évangéliste de Gan-chouen, il se nomme Mao. M. Andrew a logé dans sa maison à sa dernière visite et, il y a deux ans, il vint à la capitale pour entendre et apprendre davantage au sujet de la doctrine. Après son retour, il enlève de sa maison tout signe d'idolâtrie ; mais, quelques mois après, nous apprîmes qu'il avait rétabli toutes ses idoles en place, parce qu'un de ses parents Lavait battu pour les avoir enlevées. 11 paraît cependant que ces rumeurs étaient sans fondement et auraient été mises en circulation à l'époque oii notre maître d'école désirait le baptême, dans l'intention d'effrayer ce maître d'école et de l'empêcher de se joindre à nous. »
En 1890, trois Chinois furent baptisés à Gan-chouen ; ils se nommaient Tsu ou Tchou, fermier, âgé de 41 ans ; Ngad, tisserand ; une femme Hia, âgée de 60 ans; en 1891, la station de Hin-y fou fut commencée.
En 1892, il y eut 2 convertis à Gan-pin et 4 à Gan-tcheou.
En réalité, les protestants faisaient très peu d'adeptes, mais Lamy constata que depuis leur arrivée à Gan-chouen il n'y eut plus ou presque plus dans cette ville de conversions au catholicisme. Fautil conclure que ce fait était, en totalité ou en partie, dû à la propagande protestante, à l'habitude que trop généralement ont lés ministres de calomnier le catholicisme plutôt que de recruter des g,dhérents à leur religion? Nous l'ignorons, mais il paraît bien évident que le missionnaire le pensait ^ Guichard était d\\ même avis, puisqu'il écrivait :
*A. M.-E., vol. 549f, p. 332.
» A. M.-E., vol. 549»», p. 760. Rapport de 1894.
SUR LA MISSION
« Depuis dix ans et plus que sept à huit ministres et membres pont établis au Kouy-tcheou, ils n'ont pu faire que 40 à 50 adeptes, mais ils font beaucoup de mal par leurs diatribes contre la sainte Vierge et le célibat ecclésiastique. »
En 189o, on comptait à Kouy-yang 66 baptisés, à Gan-chouen 21 , à Hin-y fou 4 ; à Tou-chan, où il y avait deux missionnaires depuis 1893, personne. Quant à la valeur des protestants Chinois, une lettre de Thomas Windsor nous permettra d'en juger' :
« Nous avons été fort troublés et pendant un long temps au sujet de l'inconstance de quelques-uns de nos chrétiens et de leur refus d'écouter nos exhortations pour réformer leurs péchés. Après des essais répétés, mais en vain, de les ramener dans la bonne voie, nous avons été obligés d'en venir aux mesures de discipline. Ceux-là seulement qui ont le pénible devoir de rayer des noms du catalogue de l'Eglise, connaissent pleinement quelle tristesse, une pareille nécessité imprime dans l'àme. Cette tristesse a été la nôtre à plusieurs reprises cette année.
« Après avoir fait tout notre possible pour sauver deux hommes et une femme du filet de la fumigation de l'opium, dans lequel ils étaient tombés, nous avons été obligés de les renvoyer de l'Eglise parce qu'ils refusaient de quitter cette mauvaise habitude. Cette mesure n'eut pas sur la congrégation le salutaire effet que nous en attendions, et en dépit de beaucoup de prières et d'exhortations, deux hommes de plus furent renvoyés pour la même raison. Un d'entre eux avait été « guéri » déjà trois fois, et je suis encore en train maintenant de le « guérir » pour la quatrième fois. Le 20 septembre, il fallut aussi renvoyer une femme qui vivait avec un autre homme pendant l'absence de son mari et refusait de s'en séparer. Ce cas nous a causé beaucoup de peine, d'autant qu'on en a parlé beaucoup dans notre voisinage. De plus, le 2 octobre, une autre femme fut accusée de fautes d'une très sérieuse nature, et comme résultat de l'investigation que nous fimes, nous ne pûmes la regarder plus longtemps comme un membre de notre congrégation. Ce cas aussi cause beaucoup de scandale et oppresse nos cœurs de tristesse pendant un long temps.
« En juin, cinq personnes de la petite église de huit membres à Tong-tcheou furent suspendues pour fumigation d'opium. Une d'elles s'est corrigée depuis ; deux autres, croyons-nous, doivent revenir bientôt dans le même but ; mais il est à craindre que les deux autres doivent être retranchées de TEglise, pour cette raison et pour d'autres.
« Le dimanche est aussi devenu depuis longtemps presque un jour inconnu.
» Cbîna's millions, février 1896. {A. M. E., roi. 549", p. 1397).
COUP D œil
a En septembre, deux femmes chrétiennes essayèrent de se suicider, une en s'empoisonnant avec de l'opium, l'autre en se jetant dans un puits. Mistress Windsor réussit à sauver la première, et des voisins empêchèrent la seconde, juste à temps, d'accomplir son projet. Ces malheureux faits, outre qu'ils nous ont causé beaucoup de peine, sont devenus la fable de tout le voisinage et ont jeté une mauvaise réputation sur notre chrétienté d'ici.
« Une des choses qui nous ont touché le plus vivement et le plus profondément au cœur, c'est le manque d'exactitude de nos chrétiens à assister aux réunions à l'Eglise. En deux ou trois occasions, bien que j'eusse dûment annoncé l'heure du service, j'ai eu le triste- désappointement en entrant dans la chapelle de n'y trouver absolument que le personnel de la mission. xMème dernièrement quand nous eûmes la célébration de trois baptêmes, à peine quelqu'un vivant en dehors de notre maison assista-t-il au service. Cette complète indifférence en matière religieuse a été pour moi, je l'avoue, une rude épreuve, et cependant rien en cela n'est bien surprenant quand on considère combien certains se sont égarés loin du Sauveur. »
Quelques mois plus tard^ Samuel Glarke écrivait* :
« Il y a cinq ou six Tchong-kia- baptisés dans la province du Kouy-tcheou, amenés principalement par les chrétiens chinois. Les dernières nouvelles disent que deux de ceux qui vivent près de Tong-tcheou devront bientôt être retranchés de l'Eglise, probablement parce qu'ils fument l'opium ; cependant, jusqu'à présent, l'opium n'est pas très répandu parmi les Tchong-kia. Trois des quatre qui vivent près de Gan-pin ont été baptisés. L'un d'entre eux, dont la femme appartient à la tribu des Long-kia, fait avec elle ses 30 li pour assister au service du dimanche. »
Ces lignes et les précédentes prouvent surabondamment que le nombre des Chinois convertis au protestantisme est fort petit et leur valeur plutôt médiocre.
' Chinas millions, avril 1896. (A. M.-E., vol. 549'', p. 1400.)
* En 1896, deux ministres, MM. Hewitt et Jeflery lurent envoyés à Gan-chouen; ils étaient destinés à prêcher l'Evangile aux indigènes.
SUK LA MISSION
Morts de missionnaires.
Du 24 avril 1893, date du décès de Lions, à 1896, date de la fin de notre travail, le Vicariat du Kouy-tcheou eut à regretter la mort d'un prêtre indigène et celle de quatre missionnaires.
Le 14 août 1894, le prêtre Tcheou, bon, pieux, encore jeune, mourut à Hin-y fou.
En 1895, Largeteau atteint de la fièvre à Tou-chan alla à Tévèché pour prendre quelque repos. Bientôt il se sentit mourir et s'en montra heureux. « Ah ! disait-il, je compte retrouver M§' Faurie, notre vénérable M. Néel et tous les vieux du Kouv-tcheou. » A sa dernière heure, il demanda et reçut la bénédiction de l'évèque et de tous les missionnaires présents, puis il fit venir son domestique. « C'est alors, raconte Lucas, qu'eut lieu une scène bien touchante ; nous vîmes M. Largeteau à moitié soulevé sur sa chaise, le regard fixé en haut, les mains levées, le visage illuminé d'un radieux sourire, et nous l'entendîmes prononcer ces paroles d'une voix à peine perceptible mais émue et joyeuse : « Ah ! enfin ! le ciel ! voici le ciel ! oh ! beau ciel !... » Ce sont là les derniers mots articulés qui soient tombés de ses lèvres mourantes. Il s'éteignait doucement quelques heures après, pendant qu'à genoux autour de lui, nous récitions en pleurant les prières de l'agonie. » C'était le 31 juillet.
Le second, Niaux, chargé en 1872 de Ou-tchoan, en 1875 de Tientcheou, en 1891 de Long-li, fut frappé d'apoplexie*; ilmourutàKouyyang le 15 novembre 18tÎ5.
Nous enregistrons également deux morts en 1896: le 21 avril, à Tchen-lin, celle de Chauvel qui n'avait pas encore trois ans de mission ^ ; le 6 mai, à Tsin-tchen, celle de Bouchard, le doyen des missionnaires du Kouy-tcheou. « A d'autres, les anciens districts, avait-il coutume de dire, moi je suis fait pour défricher les terrains neufs*. » II avait ouvert à l'Evangile des centaines de stations dont beaucoup persévérèrent. Son nom évoque un passé déjà lointain. Admis au Kouy-tcheou en 1856 et arrivé en 1859, il était le dernier des prêtres qui avaient vécu sous l'administration Perny, et par ce dernier il touchait à Albrand le fondateur de la mission ; à dix ans près, il
^ Compte-rendu, 1895, p. 410.
COUP d'oeil sur la mission Dit kOUY-TCHEÔU
résumait en sa carrière l'histoire du Vicariat et il la résumait bien.
Cette physionomie apostolique où dominent l'énergie, la bonté, la franchise, une sorte de laisser-aller joyeux, un zèle incessant, représente assez exactement le caractère de la mission du Kouy-tcheou ; il ne fut qu'un soldat sans doute, mais un soldat que l'on peut placer près d'Albrand, de Faurie, de Lions, de Vielmon, de Muller, de tout ce sympathique bataillon, dont il reste encore quelques rares vieillards, qui laisseront aux jeunes leurs belles traditions avec leur expérience parfois chèrement payée.
C'est d'eux et de lui que l'on reproduira les traits, fondus dans une ligure unique, quand on voudra synthétiser, en le symbolisant, le Vicariat apostolique du Kouy-tcheou au XIX' siècle ; et, sur le socle, on pourra écrire ces lignes caractéristiques, signées de Lions* : « Nous vivons au jour le jour, entre la crainte et Tespérance, entre l'amertune et la joie, plus souvent joyeux que tristes. Enfants gâtés de la Providence, nous nous laissons, comme si nous étions bercés dans ses bras tout puissants, mouvoir au gré de toutes les agitations, jusqu'à ce qu'elle daigne nous déposer au port désiré de la Patrie. »
Nous avons eu un instant l'intention de terminer ÏHistoire de là mission du Kouy-tcheou par un chapitre sur l'état actuel et sur les questions générales de ce Vicariat, 3omme nous l'avons fait dans Y Histoire des missions de Vlnde^ dans \ Histoire de la mission du Thibet et dans Y Histoire de la mission duKouang-si.
Après réilexion, nous avons jugé préférable de remettre ce travail à plus tard, quand nous aurons achevé, s'il plait à Dieu, THistoire des missions de Chine qui nous reste encore à écrire : Su-tchuen, Kouang-tong, Yiin-nan, Mandchourie ^it\\Q ({VLQii.ow's, nous en sommes tracé le plan. Nous ferons alors une étude d'ensemble sur la situation de tous ces Vicariats, en précisant les différences et les similitudes, relevant les difficultés des unes et des autres, constatant là diversité des résultats et essayant d'en déterminer les causes. Cette étude plus complète offrira des renseignements plus sûrs et, nous le voudrions espérer, une utilité plus grande.
* A. M.-Ë., vol. 546, p. 2389. Lettre à M. F. Albrand, 25 novembre 1865.
liiPiliiMi
IMi
^^PipHPiP
%^-?^S"^^sp|;?^.- ^;<V;--'-jrr?*v^y'^^;;^^::.v-^
APPENDICE
Nomination de provicaire au Kouy-tcheou de J.-B. Maigrot par de Martillat*.
fTom. I, p. 14.)
Joàchimus Enjobert de Martiliat, miseratione divinâ et Sanctae Sedis Âpostolicae gratiâ Episcopus Ecrinensis, Vicariiis Aposlolicus provinciae Yun-nam et Âdministrator provinciarium Hou-qiiang, Ss-tchuen et Queitcheou, Reverendo Dno Joanni-Baptistœ Maigrot sacerdoti [et missionario apostulico salutem in Dno.
Cum in Europam remeare cogamur sive ob infîrmitatem in quam Deo pèrmittenfe incidimus, sive ob qusedam nostra privata negotia ; ratio nostrl ofMcii postulat ut portioni gregis Dominici nobis commissa% quantum in nobis est provideamus, talern neinpe viruni ipsi proficiendo qui nostras vices supplere possit, ita ut nullum ex absentiâ nostrâ detrimentum patiatur. Hinc est quod nos perspectam habentes fldem, prudentiam, doc- Itinam, zelum, cseterasque egregias quibus a Deo ornatus es virtutes, pletiatnque in Domino de his fidueiam habentes, te ad modum Révérende Joannes-Baptista Maigrot, per bas praesentes litteras, Vicarinm nostrum generalem in spiritualibus constituimus pro nostro Vicariatu provinciae Vun-nam ac provinciis Quei tcheou et Ss-tchuen, cujus quidem provincite Ss-tchuen administratio nobis per epistolam Sacrœ Congregationis de Propagandâ Fide datum 9 martii 1746, authorilate et jussu sanctissimi D. N. Benedicti Pâpœ XIV commissa fuit : tibique facultates omnes nobis a santse memoriœ Papa Clémente XII pro Vicariatu Âpostolico provinciae Yun-nam eoncessas, nobisque a SS. D. N. Benedicto Papa XIV, ut prèefertur, ad ptovinciam Ss-tchuen bénigne prorogata concedimus et communicamus ; rrtandantes propterea omnibus ad quos spectat et pro tempore spectabit ut te in nostrum Vicarium generalem in spiritualibus provintîiarum Yun-nam^ Ss-tchuen et Quei-tcheou agnoscant et tibi in omnibus quae ad offîciutti
* Dans cet Appendice, nous avons soigneusement conservé l'orthographe des Documents que nous citons.
'A. M.-E., vol. 444, p. 117.
■<Si*'î -^s 'fï;
APPENDICE
hujusmodi pertinent, debitam obedientiam praestent. In quorum omnium fidem praesentes nostris signo et sigillo nec non sécretarii nostri chirographo munitas expediri fecimus.
Datum Macai die 1^ decembris anni 1747.
f JoACfliMUS, Fpiscopus Ecrinensis, Vie. apost. Yun-nam et adminisirator Quei-tcheou, Ss-tchuen et HoU'kouang .
De raandato Illmi ac Rm Dni mei Episcopi Ecrinensis.
Le Chartier, p. m. a. secrelarius.
Demande de pouvoirs sur le Kouy-tcheou pour Pottier .
(Tom. I, p. 22).
Emineîstissimi et reverendissimi Patres.
Nuperrime Seminarii Missionum ad Exteros Parisiis erecti Moderatores, binas a Heverendissimo Domino Francisco Potlier, provinciœ Seutchuenensis provicario, litteras feceperunt, in quibus non pauca de statu christianse religionis in provinciâ imperii sinici Koueytcheou nuncupata commémorât, quse oculis Eminentiarum Yestrarum hic compendiose subjicere operse pretium esse judico.
Itaque :
Reverendissimus Dominus Pottier significat : 1° se anno 1759 e provinciâ Seutchuenensi profectum fuisse in provinciam Koueytcheou, et post emen- .sum octo dierum iter ad quemdam tandem ejusdem provincise angulum pervenisse, ubi christianos aliquot sciebat degere, qui sacerdotem neminem unquam conspexerant ; cliristianos illos tam veteres quam novos, tam" viros et mulieres quam infantes et parvulos non amplius esse homines, e quorum numéro decem duodecimve sacris baptismatis undis expiavit ; regionis illius incolas simplices esse ac dociles ; atque adeo multo majorem affulgere spem Evangelii lumen in eam provinciam Yun-nan, cujus Vicarius apostolicus pridem erat Episcopus Ecrinensis, Romae anno 1755 mortuus, quamque terram vocat maledictam ac reprobam, cujus habitatores perversi adeo sunt ac nequam, ut bestiœ potius et pecora quam homines dicend, sunt, prsefatos demum christianos sibi discedenti supplices fuisse ne se omnino desereret; quocirca se demeare ad illos, tum ut imbecillem adhuc eorum fldem nutriat ac corroboret, tum ut alios ex ethnicis Christo discipulos lucrifaciat, parare.
Significat : 2° duos e domesticis suis quos in memoratam provinciam Koueytcheou haud ita dudum miserat de re quâpiam inquisituros, cum inter revertendum forte transivissent per quoddam territorium civile ejusdem provinciœ parvam ibi christianitatem, 50 aut 60 pro minus neophytis» seu (ut verius dicam) christianœ religionis candidatis constantem, nactos esse, quae a sene quodam christiano, olim in provinciâ Seutchuen baptizato, excitata excussaque fuerat ; porro neophytos hosce, nundum licet
» A. M.-E., Vol. 44G, p. 555.
ippiiiilpiliinipip
A^PPENDICE
sacro baptismi fonte régénérâtes, quippe qui nec sacerdotem, nec catechistam ullum unquam viderin-t, tantum tamen fîdeiprse se ferre, quantum vix in aliorum locorum fidelibus, qui ad sacramenta quotannis accedunt, reperias ; atque, ut id confirmet Reverendissimus Dominus Pottiér articulatim ea omnia recenset, quœ sibi sui domestici retulerunt, quaeque, sin minus fabulam redolent, certe parum credibilia videbuntur. Sic ergo cœptam narrationem prosequitur : « Proselyti illi quoties ad urbes, ad em- « poria seu mundinas eunt, toties rosarium coronamve precatoriam colio « appensam deferunt, tum ut pro christianis, ut ipsi aiunt, a gentilibus « cogniti, ad faciendas res superstitiosas ab eis non adigantur, tum ut, si u forsan in via ciiristianos aliorum provinciarum ofTenderint, hac veluti « tessera pro fratribus in Christo. » Protinus habeantur, nonnuUos christianse religionis libros et tractatus habent; foris ad januas domorum suarum crucis insigne, intus vero in domibus, sacram aliquam appendere imaginem solemne habent; ubi primum ingressi ad eos sumus, inquiunt duo mei familiares, viri ac mulieres post consuetas salutationes, cseteraque civilitatis officia, rogaverunt nos ut ad eos sermonem haberemus. Senior autem christianus, qui primus plebem illam mysteriis sacrée christianae religionis imbuit, atque ad hanc usque diem gubernavit, kalendarium dierum dominicarum, festorum et jejuniorum totius anni novit conficere, eaque ratione omnia ecclesiœ statuta fîdeliter et adamussim ab illis observantur ; in summà, nullà plane alià re indigent nisi baptismate, nam preces doctrina'-que christianae rudimenta ferme omnes dedicere, anno proximo obviam mihi venire cogitant, minimum distant illi a nobis dierum decem itineris intervallo, asperrima practica montium juga hinc illuc tendenlibus superanda ; at si mihi Deus vitam viresque servaverit, faturum spero, ut neque itineris longitudo, neque diffîcultas me ab eis invisendis absterreant ; unum insuper iidem émis sarii mihi retulère, quod nonnullà dignum attentione videatur : provincia Koueytcheou (si modo verbis eorum fides) pertinebat olim ad gentem non solum génère a Sinnensibus, a quibus postmodum subjugata est, discrepantem ; sed institutis etiam ac moribus toto cœlo diversam ut ad Christi fîdem amplectendam universis multo Sinensibus comparatior videatur ; ante et rétro suis soient vestibus formam aptare crucis, quia ejusmodi signo armatis nihil a diabolo periculi esse confirmant ; quod si Deus quosque me in pace deduxerit, rei veritatem per me ipse diligenter investigabo.
Signifîcat : 3° se initio quidem triplici de causa minime dubitasse, quin ad illam provinciam suam posset jurisdictionem extendere: 1° quia haud aliter eam considerabat atque solum derelictum quod primo cuique cedat occupant! ; 2° quia inforlunati duplicis illius Ecclesiœ christiani (ii saltem qui necdum baptismalibus nudis uncti erant) in extremà necessitate seu proximo œternse salulis periculo versari, sibi viderentur, missionarium enim alium esse neminem qui curam illorum gereret ; proinde nisi opem illis ferret, omni humano prorsus auxilio fore destituendos : 3° quia in brevi Reverendissimi Domini Joannis-Baptistae Maigrot in Episcopum Assurita (nifallor) et Vicarium apostolicum missionis Seutchuenensis anno 1.753 electi, de provincia Koueytcheou expressa mentio fiebat; ast cum postmodum Reverendissimus Dominus Pottier animadvertisset in buUis seu brevibus Reverendissimorum Dominorum Pétri Stephani La Cerre et Glaudii Francisci Reymond, qui ambo Reverendissimo Domino Maigrot in praefato Vicariatu deinceps successerunt, nomen provinciee Koueytcheou a Sancla
KOUY-TGHEOU
ws^fsr
. ^ U.. J liiLli|J|i|||pp|ippi|pii^
APPENDICE
Sede suppressum fuisse, b. m. Episcopum Noelensem, Vicarium apostolicumCocincinœperlilteras consuluiL quid ia eorenim statu facto opiis esset, etanjurepossetinillamprovinciam pedem immittere ; cui lllustrissimus Dominus Episcopus Noelensis respondit : « iNon posse,standumque unice esse duobusbrevibusRe\'ierendissimorum DoiiiinoruinPetri-StephaniLaCerre et Claudii Francisci Reymoud, in quibus de ejusmodi provincià silet ur, quseque posteriora st u recentiora sunt brevi Reverendissimi Domini Joannis-Baptistœ Maigrol.
Quamobrem Reverendissimus Dominus Pottier vehementissime tactus infortunio misellœ iliius plobis, ab omnibus missionariis aliorum institutorum derelicta^, seu pdtius ignorata\ iiurnillime simui et enixissime a Sacra Congregatione petit, nt bénigne dignetur declarare : 1° [\n vi brevisbonœ memoriœ Domini Maigrot, provincià Kouey-tctieou^ etiam nunc subjaceat jurisdictioni Vicarii apostolici provinciae Seutcliuenensis, licet de eâ nulla mentio fiât in brevibus Reverendissimorum Dominorum La Cerre et Reymond, Domini Maigrot successorum; et si Sacrte Congregationi visa fuerit non amplius ejus au( loritati siibosst;, sallem dignetur declarare : 2° ulrum Reverendissimus Dominus Pottier, vel saeerdotes ab eo missi, christianorum illorum curam intérim gerere queant, quoad Sacra Congregatio aliter eorum saluti prospexerit.
Decretum Sacrae Gongregationis generalis de Propaganda fide habitae
die 15 novembris 1762'.
Pouvoirs de Pottier sur le Kouy-tcheou.
(Tom. 1, p. 22.)
Référante R. P. D. Maria Marefusco, Secretario, D. Franciscum Pottier sacerdotem gallum, et provinciœ Su-tchuensis in Sinarum Imperio Provicarium apostolicum, nonnulias familias in conterminâ provincià Queicheou reperisse a veteri quodam christiano in Fidei dogmatibus probe institutas, sed majori ex parte nondum Baptismo regeneratas, atque omni ope spirituali destitutas. ac insuper animadvertisse cœteros iliius provinciae incolas adeo simplici, ac d.ocili ingenio esse pra?ditos, ut ex predicatione Evangelii magnus inde fructus possitexpectari, dummodo sibi liceat auctoritate légitima eam vineam excolere et sacros operarios mittere, qui populo erudiendo sedulo incumbant ; Eminentissimi Patres, maturo inter se consilio habito, necessarias facultates pro dicta provincià Quei-cheou spiritualiter gubernanda, donec aliter a Sacra Congregatione statuatur prsefafo D. Francisco Pottier esse communicandas ac pro his supplicandum Sanctissimo decreverunt.
Quam Sacrœ Gongregationis sententiam per eumdem R. P. D. Secretarium Sanctissimo Domino nostro démenti P. P. XIII relatam in audientiâ habita die 21 mensis priedicti Sanctitas bua bénigne approbavit, atque omnes et singulas facultates ad hoc necessarias induisit, defectus insuper sanando, si qui unquarn in hujusmodi facultatum exercitio non légitime
Ai'PENbidfc:
administrato pro intérim irrepserint. Datum Romse ex aedibus dictse Sacrœ Congregationis, die et anno quibus supra.
J. Gard- Spinellus praefectus.
M. Marefusco secret.
Lettre de Mk' de Gouvea recommandant trois nouveaux chrétiens
du Kouy-tcheou.
(Tom. I, p. 61.)
Reverendtssime Pater.
In hâc Pekinensi Ecclesiâ cathedrali fuerunt baptisati Ouang-tching cui fuit impositum sanctum nomen Francisci-Xaverii, et Yuen Bartholomœus, ac Lo Thomas, quorum primi duo sunt licentiali, etc. El très neophyti signa clara praebentes sincerœ ad Deum 0. M. conversionis, fuerunt ad S. Ecclesia3 gremium admissi, hoc currente anno. Quiahi originarii ac habitatoreg sunt provincise Kuey-tcheou, et ad eam revertuntur, has litteras D» V* scribo ut novellas has filias ac oves annuntiem, D^^. que V* commendem ; magnum enim zelum et pietatem manifestant^ prœcipue Ouang Franciscus, adcujus rogationem has litteras scribo-
Deus servet incolumem D. Y-^"', cujus sum servus in J. Christo.
Alex. Episc. Pékin.
Pékin ^ 6 Junii 1~96.