‹ Histoire des missions de Chine [microform]Chapitre 13 sur 56 · ORGANISATION — ADMINISTRATION — ARMEE · texte numérisé non relu

ORGANISATION — ADMINISTRATION — ARMEE

absolu et responsable des délits qui se commettent dans sa maison et même sur ses terres. Ainsi, lorsqu^un crime a lieu et que les assassins ont pu s'échapper, le meurtre est imputé au propriétaire du sol sur lequel est restée la victime.

A côté de ces mandarins il y en a une foule d'autres, dont le nombre et les fonctions varient suivant l'importance et les nécessités spéciales de chaque endroit. Citons : Le? assistants du préfet appelés Eul-fou ou San-fou ; l'assistant du sous-préfet, connu sous le nom de Pou-tin ou de Se-ya; les secrétaires du sous-préfet dits Se-ye ou Che-ye ; les juges suppléants Pang-pan.

Ajoutons les Tchai-jen^ ou satellites, nom qui se rencontre si souvent dans les lettres des missionnaires ; ils sont divisés en quatre sections, avec des fonctions distinctes dont, le plus ordinairement, ils ne gardent pour eux-mêmes que le titre. Pratiquement, ils s'occupent plutôt des mandats d'arrêt, service lucratif pour lequel ils ont, en sous-ordre, une troupe d'agents subalternes non reconnus officiellement. Ceux-ci,, comme du reste le titulaire de l'emploi, non seulement ne reçoivent aucune solde, mais encore sont contraints de verser une gratification pour chaque mission qui leur est confiée. Ils se dédommagent aux dépens des prévenus.

Il serait encore bon de signaler les mandarins chargés des Li-kiriy douanes intérieures destinées à percevoir des droits sur les marchandises. Non seulement les Li-kin sont établies sur les frontières de chaque province ; il en est d'autres qui à l'intérieur de la province prélèvent des droits spéciaux sur les routes fréquentées. Les produits des Li-kin sont destinés à augmenter les recettes de la province, mais outre qu'ils arrivent souvent tronqués par ceux-là mêmes qui en ont la charge, ils ont le fâcheux inconvénient d'être une sérieuse entrave au commerce.

Les droits à percevoir sont fixés par le gouverneur de la province, en pratique ils dépendent beaucoup du plus ou moins d'avidité du mandarin percepteur. '

Souvent l'autorité de Pékin intervient pour fixer une limite à ces désordres, mais la tentation est trop forte, et tant qu'un nouveau système d'impôt ne viendra pas corriger ou supprimer purement et simplement les Li-kin, les commerçants auront grandement à souffrir.

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Quant à l'organisation administrative chez les Miao-tse, il nous paraît bon de l'étudier un peu en détail.

Au début du XVIII*' siècle, les Miao-tse vivaient dans une certaine indépendance. Leur soumission à la Chine, bien que celle-ci les

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INTRODUCTION

eût enserrés dans un réseau de places fortifiées, était, en réalité, illusoire. Ils formaient une masse assez redoutable pour que l'empereur comptât avec eux. Leurs grands chefs menaient le même train que les hauts dignitaires chinois, et ils exerçaient une suzeraineté sur divers petits seigneurs. Telle était leur puissance, que l'un d'entre eux, ayant refusé de se rendre à l'appel de trois vice-rois et de deux grands mandarins de Pékin, pour se justifier d'accusations portées contre ses actes par un gouverneur; on crut devoir négocier avec lui.

Ces grands chefs, appelés Tou-se, possédaient le sol et transféraient le droit de cultiver les terres, sans toutefois pouvoir en céder la propriété. On leur devait des corvées et des redevances annuelles en argent, animaux, produits alimentaires, objets de nécessité*. Enfin ils avaient droit de justice, et ceux de leurs vassaux qui désiraient s'adresser au mandarin devaient recourir à leur intermédiaire. Les gouverneurs, préfets et autres dignitaires, n'avaient sur le Tou-se qu'un contrôle nominal ; leur autorité, supérieure à la sienne, en était nettement distincte. Et, tandis que les mandarins pouvaient être changés ou cassés, les Tou-se bénéficiaient d'une charge héréditaire. Aussi leurs justiciables les désignaient-ils sous le nom significatif autant que pittoresque de Tie-chamao, « bonnet dte tulle de fer ».

L'origine des Tou-se remonte à l'invasion des Tchong-kia. Lorsque ceux-ci s'installèrent en maîtres dans le Kouy-tcheou, ils continuèrent d'obéir à leurs chefs, et l'autorité de ces derniers sur les populations conquises devint très vite considérable. En se perpétuant jusqu'à nos jours, la dignité de Tou-se a subi des modifications profondes. Elle reste héréditaire et se transmet au plus proche parent du décédé qui n'a pas d'héritier mâle ; mais, presque partout, elle n'est plus qu'une magistrature analogue à celle qu'exercent nos juges de paix ; et les seuls revenus de ces magistrats indigènes sont maintenant les amendes qu'ils infligent aux délinquants, et l'argent provenant du tarif des procès (15 fr. par procès en moyenne dans le Gan-chouen fou), car le gouvernement ne leur donne pas d'appointements*. Les profits laissent donc à désirer; aussi n'envie-t-on guère

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' Ces redevances se payaient à certaines époques déterminées et à diverses occasions : naissance des enfants, mariage des fils ou des filles du seigneur, îunérailles du maître ou d'un membre de sa famille, tout était prétexte à oblations de coton, d'indigo, de riz, de millet, de graines, de bois, de pièces de toile, etc.

^ Certains Tou-se sont seulement propriétaires des terres que les villageois cultivent comme fermiers.

Voici une note de Mgr Faurie sur les Tchong-kia-tse et les Tou-se ; elle rendra moins incomplet ce que nous en disons ;

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