‹ Histoire des missions de Chine [microform]Chapitre 22 sur 56 · KOUT-TCHEOU · texte numérisé non relu

KOUT-TCHEOU

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l'ancien apostolat

avait récitée avec les autres chrétiens assemblés^dans le cours, dis-je, de la prédication, après avoir exposé et fait sentir Ténormité et le scasdale de son apostasie, il lui prescrivit aussitôt, sans avoir jugé à propos de le prévenir cy-devant, de crainte de l'aliéner, d^en faire une réparation ouverte en présence des dits chrétiens assemblés ; le licencié se soumit sans répliquer ; s'étant prosterné et leur adressant la parole, il confessa son crime, et leur dit de ne point imiter son exemple. Cette démarche de la part d'un homme de sa condition parut faire impression sur les chrétiens et les édifier, sans néanmoins le faire regarder encore comme un saint pénitent;, sachant qu'il restait encore embarrassé dans les superstitions et n'osait point se montrer publiquement comme chrétien ; mais enfin cet acte d'humilité leur faisait concevoir à son égard de bonnes espérances de conversion pour la suite. Un autre jour, il vint de lui-même de grand matin en la même assemblée, y récita avec les autres la prière du matin, assista à la prédication et à la messe et eut un nouvel entretien avec M. Mathias. Ce missionnaire ainsi que les chrétiens Texhortèrent à se confesser, mais ils ne purent venir à bout de le persuader ; il s'excusa sur ce qu'il était encore trop impliqué dans les superstitions et éprouvait trop d'obstacles à sa conversion de la part d^ monde. Son père, que l'éclat de la persécution contre son fils avait rendu ennemi de la religion, était mort en la première lune de cette année * ; il célébra ses obsèques selon tous les rites païens et retient encore érigée en sa maison la tablette de son âme. Ce père avant de mourir avertit sa femme de veiller soigneusement à ce que son fils ne se lît point de nouveau chrétien, et que, si elle découvrait qu'il en fît les exercices, il fallait en donner avis à son oncle qui l'instruirait et le corrigerait comme il faut. Ce fut cet oncle qui excita contre lui et les chrétiens la persécution qui le renversa. C'est un homme^ dit M. Matthias, intrigant et entreprenant ; revêtu d'un petit grade acheté autrefois à prix d'argent, et familier avec le prétoire, il se fait craindre non seulement de san neveu mais encore de tout autre qui a affaire avec lui. »

Outre sa timidité F.-X. Ouang avait le défaut de manquer d'esprit pratique. Il dirigeait mal son magasin de soieries, qui périclitait depuis qu^il en était seul chargé « étales chrétiens lui avaient conseillé, tant pour prévenir de plus grandes pertes que pour se mettre plus à l'abri des vexations de son oncle, de renoncera ce commerce et de se

^ Les chrétiens racontèrent qu'après sa mort, son visage et ses membres devinrent noirs et contrefaits, ce qu'ils attribuèrent à la vengeance divine. (A. M.-E.^ vol. 549", p. 148).

SA. M.-E.,vol. 1250, p. 823. M. Dufresse à M. Chaumont, 7 et H octobre 1799.

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DES ORIGINES Al 1847

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retirer avec sa famille dans un autre quartier de la ville en une des maisons qu'il possède ». Le malheureux ne suivit pas cet avis : il continua ses démarches pour obtenir un mandarinat qu'il n'eut jamais.

Sur son lit de mort, une de ses tantes ' l'exhortait au repentir : « Xavier, lui disait-elle, tu as montré le chemin du ciel à tant d'âmes, et toi, tu n'irais pas ? » Il donna quelques signes de repentir sur la sincérité duquel, hélas ! continue de planer un doute cruel •.

Singulière destinée, et qui s'est répétée ailleurs, que celle de cet homme, dont la Providence fit un instrument de prédication et de régénération pour plusieurs et qui lui-même demeura éloigné de la vérité qu'il avait enseignée ^

Pour préciser l'état du catholicisme au Kouy-tcheou, Dufresse ajoute à la longue Relation dont nous venons de citer une partie le . catalogue suivant « qui comprend, dit-il*, les noms des districts ou villes où se trouvent les chrétiens, et leur distance de la capitale, le nombre des chrétiens, soit adultes, soit enfants en chaque district, tant de ceux qui ont été administrés dans la visite de cette année, que des autres qui n'ont point encore vu le. prêtre :

1 Cécile Ouang Se-lao-tsou, appelée aussi Ouang Tchou-che ; elle a laissé parmi les chrétiens de Kouy-yang le souvenir d'une excellente chrétienne ; il lui arriva cependant, si l'on en croit quelques-uns, d'être trop large pour ses amies et d'oublier en leur faveur les règles de l'Eglise. C'est ainsi qu'Anna Tcheou Leao-che raconte que sur le conseil de Cécile elle épousa un païen, ce qui lui valut de la part du P. Matthieu Lieou d'être privée de la sainte communion pendant plusieurs années. Tcheou, le mari de cette femme, se fit d'ailleurs chrétien, fut baptisé sous le nom de Maurice, et devint même pendant l'épiscopat de Msr Albrand pharmacien à ïou-yun fou avec Jean Ouang Yao-kong. [A. M.-E., vol. 549, p. 275.) Noup parlerons de Cécile lors des persécutions de 1812-1814,

^ « Jamais, écrit M. A. Schotter, Ouang ne voulut se dessaisir de ses livres de religion, livres que ses descendants, quoique païens conservent encore aujourd'hui. Cette famille Ouang, quoique apostate, n'a jamais été hostile à l'Eglise; elle le montra lors de la persécution excitée par le général Tien,* en s'opposant à. ses projets de persécution. Xavier laissa trois fils; son tombeau est à Tchong-tchao-se. {Notes, Aloys Schotter, p. 501.)

3 A. M.-E,, vol. 1250, p. 824, Lettre à M. Chaumont, 7 et 11 octobre 1799.

* A, M.-E., vol. 1250, p. 825. Lettre à M. Chaumont, 11 octobre 1799.

L ANCIEN APOSTOLAT

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