‹ Histoire des missions de Chine [microform]Chapitre 29 sur 56 · GRÉGOIRE XVI PAPE · texte numérisé non relu

GRÉGOIRE XVI PAPE

Pour perpétuelle mémoire. En raison de la charge pastorale imposée à nos épaules par la céleste providence de Dieu, chargé d'un pesant fardeau, à cause du soin de tout le troupeau du Seigneur, nous jugeons à propos de pourvoir avec plus de soin aux besoins des brebis qui habitent dans des contrées si éloignées de ce Siège Apostolique, qui est le centre de l'unité catholique, afin que, à la venue du Pasteur éternel, trouvées dans le véritable bercail, elles puissent entrer heureusement dans les pâturages éternels." C'est pourquoi, ayant trouvé que rien ne contribuerait plus à promouvoir, et à affermir la religion catholique dans les pays de missions, que la division de leur vaste territoire et l'augmentation du nombre des Evêques, vu la nature, la qualité et les circonstances du Vicariat, véritablement trop étendu, du Su-tchuen, en Chine : nous avons décidé d'en détacher la province appelée Kouy-tcheou, de l'ériger en Vicariat apostolique distinct. Donc, après avoir pris l'avis de nos vénérables Frères les EE. et RR. Cardinaux delà Sainte Eglise Romaine, préposés à l'administration de la Propagande suivant notre intention, de notre propre mouvement, de science certaine, dans la plénitude du pouvoir apostolique, ep vertu des présentes Lettres, nous démembrons du Vicariat du Su-tchuen la dite province du Kouy-tcheou, nous l'érigeons et constituons en Vicariat apostolique distinct, et en même temps, nous décrétons que les présentes Lettres sont et serontfermes, valides et efficaces, et doivent sortir et obtenir leur effet complet et entier, pour seconder pleinement ceux à qui il appartient ou appartiendra, et être observées inviolablement par tous. En conséquence, tous les juges, soit ordinaires, soit délégués, même les Auditeurs du Palais apostolique et les Cardinaux, toute faculté ou pouvoir de juger et d'interpréter autrement leur étant enlevé à tous, et à chacun, devront juger et définir conformément à ces Lettres, — Et toute atteinte portée

^ A. M.-E., vol. 256, p. 439, voir le texte i l'Appendice. XII. » A. M.-E., voL 271, p. 371, vol. 549% p. 25. » A. M.-E., vol 271, p. 375, voii* le texte à l'Appendice XIV. * A. M.-E., vol. 271, p. 379, voir le texte à l'AppendiceXY. ^ Voir le texte à l'Appendice XIII.

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EN VICARIAT APOSTOLIQUE

contre, par quelque autorité que ce soit, ou sciemment ou par ignorance, devra être considérée comme nulle et vaine. Et ce, nonobstant notre règle et celle de la Chancellerie apostolique sur le maintien des droits acquis, et les Constitutions et dispositions apostoliques et autres, dignes d'une mention expresse, contraires aux présentes dispositions.

Donné à Rome, près de Saint-Pierre, sous l'anneau du Pêcheur, le 27 mars 1846, la seizième année de notre Pontificat.

Les choses semblaient devoir être ainsi réglées définitivement, lorsque la Propagande reçut une lettre de Luquet, évêque d'Hésébon% qui demandait de laisser Desflècbes au Su-tchuen et de donner à Pérocheau le droit de choisir un autre Vicaire apostolique du Kouy-tcheou. Voici le texte de cette lettre- :

Rome, 16 mai i 846,

Eminence,

J'ai reçu à diverses reprises, du directeur chargé à Paris de la procure de la Chine, des notes au sujet du Vicaire apostolique pour la nouvelle juridiction du Kouei-tcheou. Ces notes tendent toutes à prier la Sacrée Congrégation de conserver M^"" Desflèches comme coadjuteur du Su-tchuen et de donner à M^" de Maxula, au lieu de la faculté de se choisir un autre coadjuteur, celle de choisir le nouveau Vicaire apostolique du Kouei-tcheou.

Dans une lettre reçue tout récemment, ces observations se sont renouvelées de la manière la plus pressante et appuyées sur un motif que votre Eminence appréciera certainement. Il ne paraît pas que M^"" de Maxula puisse se choisir un autre coadjuteur capable, sous tous les rapports, de le seconder convenablement dans le Su-tchuen. Pour le Kouei-tcheou, au contraire, d'excellents missionnaires qui ont refusé positivement la coadjutorerie accepteraient et exerceraient dignement les fonctions de Vicaire apostolique. Je n'insiste pas sur ce point ; il suffit de l'indiquer à votre Excellence.

J'ai donc toute confiance que la Sacrée Congrégation daignera faire à la décision première une modification bien plus de forme que de fond. Et comme le retard pourrait occasionner de vrais embarras dans la mission, j'oserais prier votre Eminence de regarder cette affaire comme de véritable urgence.

Quelques jours plus tard, le Préfet de la Propagande, cardinal Fransoni, adressa au supérieur du Séminaire des Missions-Etrangères, Langlois, une lettre pour lui donner connaissance des propositions de Luquet et lui demander son avis et celui des directeurs :

Jean-Félix-Onésime Luquet, du diocèse de Langres, missionnaire à Pondichéry en 1842, évêque d'Hésébon en 1845, mort à Rome le 3 sept. 1858. 2 Arch, du Séminaire de Langres, vol. 66, p. 191.

ERECTION DU KOUY-TCHEOl'

Dont, lui disait-il', il sera tenu compte, lorsque, avec la grâce de Dieu, nous-durons la joie de voir, comme nous le souhaitons ardemment, un Pontife suprême donné comme chef et pasteur à l'Eglise du Christ, veuve aujourd'hui par la mort récente du Souverain Pontife.

Langlois répondit le 28 juin suivant^ :

Ce que demande l'évèque d'Hésébon sur l'opportunité de laisser Tévéque de Sinite dans la province du Su-tchuen, pour qu'il continue à rempli^ la charge de coadjuteur de Tévèque de Maxula, et du soin confié au mênr^e évêque de choisir parmi les ouvriers évangéliques celui qui serait constitué le chef du nouveau Vicariat apostolique du Kouei-tcheou, correspond à mon avis et à celui de mes confrères.

Cette disposition nous paraît réellement utile, parce que la dite province est presque entièrement couverte de montagnes escarpées, et c'est pourquoi elle a besoin d'ouvriers évangéliques qui soient robustes et capables de supporter la fatigue ; mais l'évèque de Sinite est débile et d'une constitution frêle et 'délicate, par conséquent il est incapable de remplir une telle charge.

Le 13 août 1846, moins d'un mois après son avènement au souverain Pontificat, Pie IX accorda à lévêque de Maxula la faculté de garder son coadjuteur et de choisir parmi ses missionnaires un Vicaire apostolique pour le Kouy-tcheou et de le sacrer évêque de Sura.

Voici la traduction de cette pièce' :

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