‹ Histoire des missions de Chine [microform]Chapitre 31 sur 56 · PREMIERS TRAVAUX D'ALBRAND. — PERSÉCUTIONS · texte numérisé non relu

PREMIERS TRAVAUX D'ALBRAND. — PERSÉCUTIONS

Albrand se rend au Kouy-tcheou. — Son séjour à Kouy-yang. — Etat de la mission. — Causes de son peu de progrès.

Pendant ce séjour, il fut de'cidé qu'Albrand, que Desflèches trouva « pose', grave, excellent confrère* », irait au Kouy-tcheou, et qu'il pourrait être assuré d'un capital de 300 taëls^ Sur la demande' de son coadjuteur, Pérocheau donna au nouveau missionnaire des pouvoirs plus amples qu'à un prêtre ordinaire, et dont il eut la faculté « de se servir par intérim jusqu'à l'arrivée du Vicaire apostolique^ ».

Desflèches lui promit d'aller bientôt le rejoindre, a Cependant, disait Albrand % je ne compte pas beaucoup sur sa promesse, surtout pour y résider : 1° parce qu'il est tout maladif, il fait vraiment compassion ; on lui donnerait facilement 60 ans, si la vivacité de sa verve ne le trahissait ; malgré ses infirmités, il est pourtant toujours aimable, vous feriez bien de le gronder de ne pas se ménager ; pour moi si je devenais son confesseur, je lui en ferais un devoir sévère ; 2« parce que, jusqu'à présent, il n'est décidé à accepter que dans le cas où Rome adjoindrait au Kouy-tcheou la partie sud-est du Su-

' A. M.-E., vol. 450, p. 1359. Mgr Desflèches à M. Libois. Tchong-kin 21 iseptembre 1847. & ? f

« A. M.-E., vol. 450, p. 1294. Mgr Desflèches à M. Libois. Tchong-kin, 8 juilletl847 » A. M.-Ë., vol. 544, p. 5. M. Albrand aux directeurs du Séminaire des M -E * Kouy-yang, 17 août 1847. *'

♦ A. M.-E., Tol. 546, p. 53. Lettre aux procureur*.

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PREMIERS TRAVAUX d'aLBRAND

tchuen, ce qui n'est rien moins que probable : les raisons qu'il donne pour que cette jonction ait lieu sont excellentes, car le Kouy-tcheou a été si négligé qu^on n'a dans tout le Vicariat, ni prêtre, ni élève, ni catéchiste, ni maitre d'école, ni religieuse de ce pays ; avec 1200 chrétiens mal instruits, quand aurons-nous tous les secours si nécessaires pour y faire quelque chose ? « C'est pourquoi, dit-il, si le pays de Tchong-kin n'est pas adjoint à cette mission, je resterai ici pour lui procurer tous les secours, et par là je lui serai plus utile que si j'acceptais, parce que je ne les recevrais jamais de M^"" de Maxula; 3° supposé que la Sacrée Congrégation accorde sa demande, alors encore il resterait à Tchong-kin, parce qu'il est convenable que le Vicaire apostolique réside là où il y a plus de chrétiens. )>

Les prévisions d'Albrand devaient se réaliser et Desflèches, fortement retranché derrière les motifs que nous venons de répéter, encore plus derrière ceux qu'il ne disait pas, n'alla jamais au Kouytcheou \

Le prêtre indigène, Thomas Lieou, qui avait déjà administré les chrétiens de Kouy-yang, devait accompagner le nouveau missionnaire, mais la maladie le retint - au Su-tchuen. Ce fut donc seul, qu'au commencement du mois de juin 1847, Albrand quitta Tchongkin, et après les quinze étapes régulières qui séparent cette ville de la capitale du Kouy-tcheou, il arriva à Kouy-yang.

Il logea d'abord près du Lan-men-ouai, dans la famille Sié ^ habitant l'ancienne demeure du mart}*r Joachim Ho Kai-tche, qui était devenue le lieu de réunion des chrétiens. Ce fut la première joie dont son cœur d'apôtre tressaillit ; il en voulut goûter d'autres aussi hautes et peut-être plus vives encore.

(( J'ai visité son tombeau (de Joachim Ho) et celai de deux autres martyrs mis à mort avant lui, écrivait-il à son frère le 24 août 1847*, le lieu de leur exécution, leurs prisons, les tribunaux où ils ont été condamnés. »

Il se hâta d'examiner en quel état se trouvait le christianisme au Kouy-tcheou.

' Dans une autre lettre adressée à M. F. Albrand et datée du 4 mai 1847, il répète exactement les mêmes motifs allégués par Mgr Desflèches. (yi.ifcT.-^. , vol. 544, p . 2. )

2 A. M.-E.,vol. 450, p. 1559. Mgr Desflèches à M. Libois.Tchong^-kin. 21 sept. 1847.

3 M. Bodinier fera en 1866 l'éloge de la chrétienne Sié : « C'est une femme de grande foi, et, si ses enfants veulent la croire, ils se feront tous prêtres ou vierges ; sa fille aînée est déjà au couvent du Lan-tang;ses deux garçons, dont le premier a huit ans et l'autre tête encore, iront probablement plus tard à Lou-tsong-kouan. Du reste ce serait difficile de trouver ici des enfants élevés plus chrétiennement j).

* Vie de Mè^ Albrand, p. 251.

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