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PREMIERS TRAVAUX D*ALBRAND
Rentré à Kouy-yang, Albrand blâma sévèrement les catéchistes. c( Cependant, pensait-il, cet homme avait vraiment la foi. Il reviendra. » Tchang revint en effet. Malgré les murmures le missionnaire le reçut dans l'assemblée des chrétiens, et le baptisa sous le nom de Mathieu. Le Grand Brigand devint baptiseur ambulant, l'un des meilleurs auxiliaires de la Sainte Enfance, et sa foi ne se démentit jamais.
En 18i8, Albrand envoya un de ses baptiseurs ' vers les frontières du ^un-naUj, où on lui avait dit que résidaient, cachés dans les montagnes, des chrétiens fugitifs lors des persécutions de 1814 et de 1839.
Celui-ci en trouva plusieurs dans la petite station de Fa-tche-o, mais ils étaient moins isolés qu'on ne le pensait , puisque les missionnaires du Yun-nan en avaient pris soin et qu'un missionnaire du même Vicariat, Dumont '\ se trouvait alors parmi eux. « Telle qu'elle est aujourd'hui, é:«-ivait Chauveau^^ cette chrétienté a eu, l'année dernière, 33 confessions, 13 communions (petit nombre, parce que l'ignorance est extrême), 2i enfants d^inhdèles baptisés dont 17 sont morts, 5 ou 6 nouveaux catéchumènes. Mais il y a lieu d'espérer que le nombre augmentera sensiblement, si la petite école établie l'année dernière pouvait prospérer. Les chrétiens de Fa-tche-o ont de la docilité, au moins apparente, tous sont venus se confesser. Cette station n^est pas très éloignée d'une autre plus nombreuse située dans le Yun-nan. On se rend facilement de l'une à Fautre dans une petite journée de marche. Je passerai les fêtes de Noël dans ces parages. Les nouveaux convertis y sont nombreux à ce qu'on dit. J'avais ouï dire, Fanné dernière, dans un voyage que je fis à Oui-lin qu'il y avait trois ou quatre familles chrétiennes, dans un endroit nommé Choui-tchen. J'ai envoyé à la recherche ; mais on n^a pas pu rencontrer ces chrétiens, dispersés sous Kia-kin, an XIX, et restés depuis ce jour sans prêtre et sans secours d'aucune espèce. Des païens ont assuré qu'ils prient encore. »
Outre les consolations que lui donnèrent les fidèles ordinaires, Albrand eut la joie de rencontrer parmi les jeunes filles de race païenne, et catholiques d'hier, des âmes qui avaient Finstinct de la virginité et désiraient se consacrer entièrement à Dieu.
(( A mon retour des stations du nord, raconte-t-il*, j'ai vu une jeune fille qui s'est sauvée de chez elle pour n'être pas livrée à un
1 A. M.-E., vol. 546, p. 80. M. Albrand à M.Libois. Kouy-yang, 31 janvier 1848.
2 Mémorial de la Soc. des M.-E., pp. 48, 204, 298.
3 Lettre du 2 septembre 1847.
* Vie de Mgr Albrand, p. 277.
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