‹ Histoire des missions de Chine [microform]Chapitre 4 sur 56 · PAYS — CLIMAT — PRODUCTIONS — VOIES DE COMMUNICATION · texte numérisé non relu

PAYS — CLIMAT — PRODUCTIONS — VOIES DE COMMUNICATION

La province étant un vaste plateau assez élevé, entouré et parsemé de montagnes, joiiit généralement d'un climat tempéré et sain, excepté le long des fleuves et dans les régions basses qui sont beaucoup plus chaudes. ; '

Ordinairement la chaleur, en été, dépasse rarement 30 degrés centigrades, le terme moyen est de 25 degrés. En hiver, le terme moyen du froid est de zéro à 8 et à 10 degrés ; mais le soleil paraissant, le thermomètre monte vite jusqu'à 20. Les changements de température sont brusques, et les brouillards piquants d'octobre à avril. „ .-■'■ ■ 'r'- -:::,-'/- r^r '■:■.-,; ■:r-\

Les plus fréquentes maladies sont les fièvres ordinaires, généralement peu dangereuses dans les endroits tempérés ; le han-ki (fièvre typhoïde) emporte un certain nombre d'habitants ; de temps en temps la peste sévit ; l'asthme et la tuberculose ne sont pas rares ; la lèpre existe surtout dans les régions chaudes.

Les productions * principales sont: le maïs, le riz, le blé, le sorgho, le colza, l'orge, le sarrasin, le millet, les raves ; à l'ouest le thé, et un peu partout, mais plus spécialement à l'ouest et au sud-ouest, le pavot pour la fabrication de l'opium. En divers endroits on s'adonne à la culture des plantes médicinales^ à celle du coton et d'une espèce de lin, nommé ko, dont on fait des toiles. Le coton, la canne à sucre, l'indigo, le mûrier à papier et une sorte de camphre [pinpien) viennent dans le sud-ouest. On trouve des orangers sur les rives encaissées des rivières, sur la grande route de Yun-nan à Kouy-yang. Au sud-est, le district de Li-po fournit en petite quantité du tabac de bonne qualité. Le houblon* est un peu cultivé. Les racines d'une plante qui croît spontanément dans les haies et les lieux incultes, quand elles ont été séchées au soleil, peuvent être réduites en poudre et constituent un excellent savon.

Il y a des légumes en abondance : les choux verts et pommés, la patate, la pomme de terre, les haricots, l'igname, les lentilles, les

* M. Bodinier, missionnaire de 1866 à 1901, avait commencé un travail sérieux sur la flore du Kouy-tcheou, il possédait à Kouy-yang un herbier assez riche, et plusieurs fois il fît des envois à des savants français et au Muséum.

2 Le houblon a été importé par M. Aloys Schotter, actuellement missionnaire au Kouy-tcheou.

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pois de diverses espèces, les courges, les melons, les aubergines, la betterave' et encore le sénevé, la ciboule, la camomille, la chicorée amère, le pourpier, le gingembre, la noix muscade, l'oignon, l'ail, etc. etc. ^ /

Le Kouy-tcheou offre la plupart des fruits d'Europe : la pêche, l'abricot, la prune, la cerise, l'orange, la grenade, la pomme, lé raisin en petite quantité^ mais ils ne sont pas comparables aux nôtres pour la saveur; la fraise croît en abondance dans certaines parties de la province, elle est blanche et son goût est moins prononcé que celui des fraises de nos bois. Il y a encore une espèce d'arbousier, appelé en chinois yang-mei, dont les fruits mûrissent aux mois de juin et de juillet.

Le citronnier, fou-cheou-kan^ produit un fruit assez curieux, qui a la forme d'une main dont les doigts seraient réunis et un peu repliés ; on appelle parfois ce fruit : main de Bouddha. Le che-tse, sorte de pomme d'api, est très doux.

Les Chinois ne cultivent généralement pas les fleurs comme nous le faisons en Europe, par goût et par plaisir. Au Kouy-tcheou ils ont cependant la reine-marguerite, le lis, la rose, le camélia, l'hyacinthe sauvage. L'hortensia produit une belle fleur double ; chaque fleur change de couleur trois fois par jour sur l'arbre ; comme cette métamorphose ne s'opère pas instantanément, il en résulte qu'à chaque moment l'arbre offre des fleurs de trois couleurs sur la même tige. Les commelinées voisinent avec les graminées, et sur la colline de Notre-Dame de Liesse les éphémères croissent en abondance.

Parmi les arbres, il convient de signaler les essences suivantes : l'arbre à laque, dont les fruits forment des grappes curieuses aux extrémités des branches % et que l'on rencontre sur les montagnes les plus élevées; le sapin, le pin, le cyprès, le thuya, l'anacardier, dont les graines fournissent le suif végétal vert, ce qu'ignorent encore plu-

* La betterave a été importée par le même P. Aloys Schotter, mais il paraît qu'elle n'est pas fort goûtée par les indigènes. •

2 Un missionnaire, M. Mihières, y a importé le chasselas de Fontainebleau. Quelques missionnaires ont réussi à faire du vin en petite quantité, en particulier au séminaire de Lou-tsong-koan, près de Kouy-yang ; un séminariste Joseph Tchang y avait planté de la vigne, Mgr Faurie écrit à ce sujet :

« J'ai recueilli avec soin et séparément les raisins ^noirs) d'un pied de vigne planté par le martyr Joseph Tchang au pied du grand poirier qui est derrière le collège. »(^. M.-E.,\o\. 549 d., p. 438. LettreàM. Mihières, Kouy-yang, ISfévrier 1863). Une plantation plus importante eut lieu le 19 février 1867, et à la même date on planta quelques ceps sur la colline où s'élève la chapelle de Notre-Dame de Liesse.

' La laque du Kouy-tcheou est médiocre.

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