‹ Histoire des missions de Chine [microform]Chapitre 55 sur 56 · MULLER · texte numérisé non relu

MULLER

Cette Relation fut revêtue de l'approbation de Faurie conçue en ces termes :

M. Muller ayant exécuté lui-même la translation qu'il raconte ci-dessua, il me suffit de déclarer et je déclare que M. Muller est d'une loyauté et véracité à l'abri de tout soupçon, et qu'on doit ajouter pleine foi à sa Relation.

En foi de quoi j'ai signé. A Kouy-yang-fou le l""" août 1862.

[Sceau du Vicaire apostolique du Kouy-tcheou.]^

f Louis S. Faurie, Evèque d'Apollonie^Vicaire apostolique du Kouy-tcheou.

Quelques-uns des ossements apportés à Lou-tsong-koan par Muller furent envoyés au Séminaire des Missions-Etrangères par

• Lorsque les voyageurs entrèrent à Tchen-lin, les soldats de garde leur demandèrent ce qu'ils portaient, ils répondirent : « Cela appartient au Père spirituel Mong (nom chinois de M. Muller). Les soldats ordonnèrent au missionnaire et à ceux qui l'accompagnaient d'aller loger dans une auberge, et non dans une maison particulière. Ils se rendirent chez un nommé Yé, qui tenait une hôtellerie, près de la porte septentrionale, et dont le fils devait, plus tard, embrasser le christianisme.

Muller garda les ossements avec lui ; mais, pour plus de sûreté sans doute, la boîte qui contenait les têtes fut portée chez une' chrétienne, Monique Siu Si-che, dont la maison était à l'endroit où est aujourd'hui l'église. « Gardez-la bien, lui dit Joseph Tchang, en la lui confiant ; mais ne dites pas aux autres chrétiens ce qu'elle renferme, parce qu'ils pourraient être indiscrets et nous causer de graves ennuis. » Le lendemain matin, Joseph Tchang revint chercher la boîte et les voyageurs continuèrent leur route. (A. M.-E., vol. 549'", p. 1692.)

* M. Faurie pensait que M. Perny avait fait un procès-verbal sur l'enlèvement et la translation des corps des martyrs, avec le nom des témoins, et que cette pièce devait être aux archives. Nous ne l'avons pas trouvée.

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LES MARTYRS

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Perny en 1860 : trois os de Jérôme Lou ; deux os et des cheveux de Laurent Ouang ; trois dents, trois os et des cheveux d'Agathe Lin. Au sujet de cet envoi, Perny écrivit aux directeurs du Séminaire dès le 16 juillet 1860 i :

Nos courriers précédents n'ont pu emporter les reliques de nos trois martyrs que je vous annonçais dans une précédente lettre. Cette fois, nous serons plus heureux. Ceux qui partiront le mois prochain pour Canton seront chargés de ce précieux dépôt destiné à notre salle des martyrs. Je vous prie d'avoir la bonté de nous en accuser réception ... Voici le procès-verbal qui constate l'authenticité de ces reliques...

P. S. Les trois martyrs dont j'envoie les reliques sont ceux dont une lettre publiée dans les Annales - de janvier 18o9 raconte le martyre. »

Nous aurions achevé de raconter tout ce qui concerne cet événement, si nous ne devions ajouter le fait suivant qui en fut une des conséquences directes : Les deux fils de Jérôme Lou, Lao-kao et A-mien, qui s'étaient toujours montrés assez mauvais chrétiens, rérésolurent de venger la mort de leur père.

En 1863, ils tramèrent un complot contre les païens de Mao-keou ; ils furent découverts. A-mien réussit à s^enfuir, Lao-kao fut massacré et la maison de famille incendiée ^

Telle est, dans son ensemble et dans ses détails, la persécution de Mao-keou, avec tous les faits qui s'y rattachent; elle est un épisode important de l'histoire delà mission du Kouy-tcheou ; plusieurs la considéreront même, et non sans motifs, comme une de ses pages les plus édifiantes*.

» A. M.-E. Salle des Martyrs, vol. 1, p. 157. Voir à V Appendice XXYIU le texte de l'authentique dont parle Perny, et qui est signé de lui et de Muller, et revêtu du cachet du Vicariat à la date du 19 mars 1860. Outre ces reliques, la Salle des martyrs du Séminaire des Missions-Etrangères possède : 1° le chapelet d'Agathe Lin, les bandelettes servant à envelopper ses pieds et un morceau de vêtement (Voiries attestations et les descriptions à l'Appendice XXIX).

D'autres reliques furent envoyées au Conseil central de la Propagation de la Foi à Lyon. (Voir à V Appendice XXX, le texte de l'authentique signé de Perny et de Muller).

Le 4 juin 1868, M^"" Faurie fît ouvrir le tombeau des martyrs afin de visiter les corps ; il fit transférer les cercueils dans le séminaire même de Lou-tsong-koan. Après avoir nettoyé les ossements, il en fit l'examen et en dressa officiellement la liste, le 10 mars 1869 (Voir le texte du procès-verbal à l'Appendice XXXI).

Le 27 février 1890, Mgr Guichard fit la visite des tombeaux à Mao-keou. (Voir le texte du procès-verbal de cette visite à l'Appendice XXXII).

Le 26 janvier 1893, la visite canonique des tombeaux des martyrs fut faite par Mgr Guichard. (Voirie texte du procès-verbal à l'Appendice XXXIII).

2 Les Annales de la Propagation de la Foi.

3 L'année suivante, Lions acheta pour 12 taëls l'emplacement de la maison de Jérôme Lou, [Journal de Lions, p. 230.)

* En 1864, Mgr Faurie et M. Vielmon firent nommer Ouang délégué pour les af-

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DE MAO-KEOU

Pendant quelque temps les missionnaires craignirent d'autres persécutions, d'autant plus que certains mandarins confondaient les chrétiens avec les sectateurs de la Lampe, qui en ce moment faisaient beaucoup parler d'eux. 11 paraît qu'à Kouy-yang, dans le conseil des autorités supérieures, on s'occupa de la question.

« Par un trait insigne de la protection divine, dit Perny', il s'est trouvé là un ou deux mandarins qui sont ouvertement nos amis et qui ont pris énergiquement notre défense. Si leurs plaidoyers n'ont pas converti nos adversaires ils ont eu l'heureux résultat de nous faire envisager comme des gens pacifiques et tout à fait en dehors de la révolte. La conclusion fut qu'on ne s'occuperait pas de nous, A cette nouvelle, mes chers collègues se sont éclipsés davantage. Pour ne donner aucune prise à la malveillance, on fit cesser la prédication en divers endroits, et l'on put de la sorte traverser tous ces temps de troubles sans avoir à souffrir plus que de coutume. »

faires de Mao-keou ; ils voulaient qu'une chapelle expiatoire fut construite à Maokeou et une église à Lang-tai aux frais du gouvernement chinois, ils ne réussirent pas. {A. M.-E., vol. 549'' p. 677. Lettre de Mgr Faurie 2 déc. 1864.)

' A. M.-E., vol. 544, p. 899. Lettre aux direct, du Sém. des M.-E., tO février 1860.

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