‹ Histoire des mollusques dans l'antiquitéChapitre 7 sur 8 · T10 HISTOIRE DES MOLLUSQUES · texte numérisé non relu

T10 HISTOIRE DES MOLLUSQUES

Cet organe est situé au-dessus de la bouche ; le tube digestif lui est accolé, et l'intestin en remontant s'applique sur la face opposée. La poche à encre lui est accolée, comme l'intestin, et ces deux derniers, enveloppés dans une même membrane, s'ouvrent par un orifice commun.

« Les Céphalopodes, comme tousles animauxqui respirent dans l’eau, ont des branchies (1). Entre le pied et le corps est la tête, au milieu de laquelle se trouve un petit cerveau contenu dans une boîte cartilagineuse (2), sur les côtés de Îaquelle sont les deux yeux; chez les individus âgés, le cartilage devient très-dur. Ces animaux possèdent une charpente solide qui soutient leurs parties molles; chez la Sèche, l'os est large, d’une consistance friable; chez le Calmar, on l'appelle épée, à cause de sa forme bien différente et sa structure cartilagineuse. Le Poulpe est dépourvu de ces organes (3):

« La glande génitale, chez le Poulpe, est unique, irrégulière extérieurement, et contient une telle quantité d'œufs, qu'ils peuvent remplir un vase plus grand que le corps de l'animal ; chez la Sèche, il y a deux glandes séparées, qui ont la forme de deux sacs remplis d'œufs blanchâtres ressemblant à des grêlons. »

Dans d’autres chapitres, le savant philosophe décrit avec soin l’accouplement des Céphalopodes, la ponte et tout ces qui a rapport à l’embryogénie. De même, aussi, il nous initie aux mœurs, aux habitudes, au modus vivendi de chaque

(1) Aristote, Aist. des anim., liv. VIII, chap. n1, par. 4.

(2) Aristote, Loc. cit., liv. II, chap. vu, par. 9; liv. IV, chap. 1, par. 0.

(3) « Bien qu'il désigne ces parties comme entrant dans la composition du squelette comme le cartilage crânien, il paraît avoir nettement saisi la différence profonde qui sépare ces organes, car, pour les premiers, il dit qu’ils sont de nature pileuse (rptxuôn). De nos jours on reproduit la même pensée en disant que ces organes sont de nature épidermique. »

espèce en particulier. Il leur accorde des vertus physiologiques bien définies, il reconnaît que les (Céphalopodes ont des sens. « Ils ont des yeux placés très-haut sur la tête, afin de voir de tous côtés et derrière eux lorsqu'ils nagent à reculon. C’est la même disposition que celle qui permet aux quadrupèdes dediriger de tous côtés leurs cornets auditifs pour recueillir les sons dans toutes les directions. Ils ont l’odorat car les Sèches, Poulpes et Calmars sont attirés par les odeurs de certains aliments que les pêcheurs emploient pour les attraper. Les Poulpes, lorsqu'on veut les arracher de leurs trous, résistent avec force en s’attachant aux rochers par leurs ventouses; mais si on leur présente la Conyse (Kévu£a), dès qu’ils sentent cette odeur, ils se détachent. Ils ont aussi le goût, car ils recherchent certains aliments et paraissent plus friands de certains que d’autres. Ils ont, en effet, une langue qui leur sert à goûter. Ils entendent, car, au plus petit bruit, ilsse cachentet s’enfuient. Enfin j'ai longuement insisté sur la manière dont ils touchent avec leurs bras. »

Avant Aristote, les mœurs des Céphalopodes étaient peu connues. Athénée, dans les nombreux emprunts qu'ilfait à tous les auteurs, semble rapporter à Aristote la connaissance de la poche d’encre de la Sèche. Il nous apprend également que le Poulpe, comme le Calmar, lorsqu'il est effrayé, lance son encre, de même que certains animaux, lorsqu'ils ont peur, lancent leur urine (1). La Sèche plus rusée, produit autour d’elle un véritable nuage, au sein duquel elle se cache aux yeux de ses ennemis. Le Poulpe change de couleur pour se mettre en harmonie avec le milieu qui l’environne, afin de se mieux dissimuler, soit pour se cacher, soit pour pêcher à son aise les animaux dont il fait sa proie. Contrairement aux croyances populaires, le Poulpe, même affamé, ne mange

(1) Aristote, Des part. anim., liv. IV, cap. v.

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