‹ Histoire des œuvres de H. de BalzacChapitre 199 sur 217 · MONTOLIVET · texte numérisé non relu

MONTOLIVET

CXXXII. Théorie de la démarche. — Cet opuscule a reparu aussi dans le Pays des 26, 27, 28 septembre, 1 et 2 octobre 1851. Nous avons trouvé la preuve que presque toutes les monographies de Balzac publiées comme celle-ci au début de sa carrière, devaient être un jour retondues et réunies en un seul ouvrage, formant ainsi cette Patholor/ie de la vie sociale dont il parle à la lin de la préface de la Comédie humaine; nous en trouvons déjà l'annonce suivante, imprimée, en 1839, dans le catalogue placé à la fin du tome II d^un Grand Homme de fi^ovince à Paris :

Pathologie de la Vie sociale, ou Méditations chimiques, physiques, mathématiques et transcendantes sur les manifestations de la pensée, prise dans lotîtes les formes que lui a données l'état social, soit par le vivre et le couvert, soit par la démarche et la parole, etc. etc. ; 2 beaux volumes in-S".

CCXXIII. Mémoire sur le procès de Peytel, notaire à Belley. — Voici deux pièces intéressantes relatives à ce mémoire, pièces retrouvées depuis peu ; nous les reproduisons avec les commentaires de leur première publication :

M. Casimir Broussais, beau-frère de madame Peytel, nous prie de reproduire la lettre suivante, adressée au Siècle, en réponse au mémoire que M. de Balzac vient de publier pour prouver l'innocence de Peytel :

A monsieur le rédacteur en chef du Siècle.

Paris, 29 septembre 1839.

Monsieur,

Je n'ai point reçu de la justice la mission de la venger des outrages que M. de Balzac n'a pas craint de lui adresser dans sa lettre.

Je ne m'imposerai pas davantage la tâche pénible de relever toutes les erreurs involontaires ou calculées dont fourmille son roman.

11 en est une pourtant sur laquelle il importe de fixer l'attention publique, parce qu'elle est de nature à faire apprécier les autres.

M. de Balzac suppose qu'aucune investigation n'a été faite sur le lieu du crime; que rien n'a été examiné, vérifié, ni la situation du terrain, ni les empreintes qu'il devait avoir reçues, ni l'état des cadavres, ni la position dans laquelle ils ont été trouvés.

Vous pouvez lire dans votre journal môme lo compte rendu des débats à ce sujet, et en particulier la déposition si précise de M. le lieutenant de gendarmerie "Wolf. (Le Siècle, samedi 31 août.)

Puisse cette déposition, relue avec soin, méditée avec attonlion, engager M. de Balzac à se défier désormais de son imagination de romancier, et à ne

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parler à ravcnii- que des choses sur lesquelles on nu pas intérôl à le tromper lui-même.

Quant à la famille Alcazar, elle croit devoir conserver jusqu'à la fin la stricte nculralité qu'elle s'est irapost-e jusqu'à ce jour. Elle a toujours eu foi dans la justice du pays. La vengeance n'est pas dans son cœur. Son devoir est de se taire, malgré ses convictions.

Cependant que M. de Balzac sache qu'elle no lui reconnaît pas le droit de déverser l'outrage, comme il le fait, sur une femme, sur une malheureuse mère, dont les chagrins auraient dû, sinon obtenir ses respects, du moins imposer ' plus de retenue à sa plume.

Je plains surtout le romancier d'avoir consenti à placer sous l'égide de son talent un syst^mc inventé par la plus lâche hypocrisie, dont tous les matc^riaux avaient «''lé prépares à l'avance, mais auquel on ne s'est pas arrêté un seul instant, tant est devenue forte, iirésistiblc, la conviction qu'il était impossible de le faire accueillir.

Encore, si M. de Balzac présentait ce système avec le courage d'un homme auquel le doute n'est pas permis ! mais recourir à des insinuatioi's perfides, lancer en termes ambigus des soupçons que l'on a lair de ne vouloir pas approfondir par générosité, dresser une espèce d'acte d'accusation, non pas contre un prévenu qui, s'il est dans les fers, peut au moins réixmdre, mais contre une jiersonne étendue dans la tombe et qu(î glace le froid de la mort!

Ali 1 monsieur de Babiac, je ne veux pas vous juger... je préfère laisser ce soin à votre conscience.

Quand vous l'interrogerez, elle vous répondra, j'en suis >\iv, (pi une réputation vaut mieux (ju'im livre ; ({u'il eût été jjréfcrable mille fois de ne pas faire un article de journal, nn'-me eu faveur diin aiu'ien journaliste, que de déverser U' venin de la calomnie sur la niallienrtMise victime d'une atroce machination.

Nauriez-vous d'autre but, monsieur de Balzac, que d'obtenir un échange entre réchafaud elles galères, alors menu? ce serait acheter cette étrange faveur un pencher; car, dans ce cas, de votre aveu, il n'y aurait pas complète innocence.

M. de Balzac ci-oil |)eut-èlre avoir donné à cette affaire une physionomie nouvelle. Il y a pourtant aussi du talent en province, et, s'il avait entendu le plaidoyer de l'avocat choisi par l'accusé, il n'hésiterait pas à penser que le nien, (|nel (jn'en soit h» nn'rite, n'est ((u'nne pâle et incomplète copie de celui qui, pendant |)rè.s de sept heures, a captivé l'allention d'un nombreux audiloir»*.

Que deviennent les insinuations perlides de M. de Balzac, relativement aux prétendues liaisons de madame IVytel avec le domestique Hcy chez son beaufrère, en i)ré;.cnce de ce fait parfaitement constaté que Louis Ilri/ rsl cniir c/ii'Z M. tir Miiiifric/ifinl Ir jitur nii Frlirir Aicazar en est partie jumr revenir a l'tiri.s!

11 en est de mén»e de Imilivs les antres sup|)osition.^ de M. «le Balzac ; mais il ne con\i('il pas (|iie j'établisse ici par incidence une discussion.

J'en ai dit assez, et je n'élèverai plus désormais la voix sur celte épouvantable affaire, à moins que je n'aie à répondre à la justice, quoi que ce soit qu'ajoute M. de Balzac : que s'il lui arrivait d'outrager directement la mémoire de Félicie Alcazar, c'est à la justice que s'adresserait la famille de la victime pour obtenir une éclatante réparation.

J'espère, monsieur, que vous ne refuserez pas d'insérer immédiatement cette courte réponse à une si longue attaque, et vous prie d'agréer l'assurance de ma parfaite considération.

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