‹ Histoire des œuvres de H. de BalzacChapitre 201 sur 217 · PROLOGUE DE LA QUATRIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

PROLOGUE DE LA QUATRIÈME PARTIE

Hélas! où m'entraîne la folle de la maison? Dis -moi, brillante âéïté chantée par Delille,dans quel labyrinthe m'as-tu fourvoyé? Suis-je Dédale pour en sortir? Ai- je les ailes du ^Ome, ?

0 burlesque imag-inalion ! au lieu de t'enchaîner à d'utiles et de nobles travaux, je t'ai laissée courir et tracer des arabesques, de même qu'un jeune peintre qui barbouille les murs de son atelier de grotesques figures, au lieu do faire le tableau de réception qui doit le rendre digne de ses maîtres.

Dis-moi, tu avais l)ieu besoin de me faire parler de ces Camaldules,que je ne connais ni d'Eve ni d'Adam? Ne sais-tu pas que c'est un moyen usé, de donner pour cadre à de pareils tableaux les manuscrits des prêtres ? Tu m'exposes à la critique amère des ignorants comme des sages.

1. Aussi dans \eJour?ial du docteur Menière, deux volumes in-8'. librairie Calmann-Lévy, 1882.

Mais mon plus grand reproche, le voici : Pourquoi m'avoir présenté tant de douceur d'amour ? Veur-tu me faire mourir de chagrin, en offrant îi mon désespoir tout ce que je désire et tout ce qui me fuit.

Tu me rendras semblable au soldat français qui, surcombanl à la fatijfue. ù la soif, apercevait, au milieu des sables brûlants de l'Egypte, des ruisseaux limpides et des ombrages frais produits parle mirage.

Si je ressemble en tout aux vieux soldats, ils m'ont di^ciuà la fin on troiivait une eau saumâlre qu'ils absorl)aient avec aideur.

Que veux-tu que je fasse de ce juif et de cette princesse?... Je suis malheureux !... ils le seront. Je ne peux peindre que ce que je ressens.

L'ouvrago était termiaé primitivement par celte longue et curieuse note :

Je dois donner des renseignements exacts sur les héros et les faits historiques qui forment la base de cet ouvrage; <ar bien des personnes pourraient croire qu'ils sont imaginaires ou crayonnés à dessein pour représenter des personnages du temps présent.

Le roi Jean H est effectivement le dernier des rois de Chypre et de Jérusalem, Vaiigusluh des empires créés par les croisades. Voici l'époque de la fondation du royaume de Chypre.

Lorsque la grande croisade suscitée par Richard Ccnir-de-l^ion et Philippe- Auguste eut lieu, le tr(^ne de Jérusalem, fondé par (îodefroid de Bouillon était vacant. Deux compétiteurs se présentaient. L'un, (luy de Lusignan, comte d'.\scalon et de Joppé, se prétendait roi par Sybille de Montferrat. sœur de Haudouin IV. L'autre était Henri, comte de Champagne, qui avait épousé Isabelle, deuxième fille d'.\maury l*"", un des premiers rois de la terre sainte.

Ce dernier l'emporta. Mais Richard Cœur-de-Lion, qui soutenait Guy de Lusignan, le couronna roi de Chypre, après avoir tué Isaac Comuène, dernier roi latin de celte île. Quelques auteurs prétiMidenl que Richard Ca>ur-de-Lii)n vendit cette couronne. Je laisse à deviiu'r <|uelle est la véritable version.

.\insi, Guy de Lusignan fut, en 1192, le premier roi de Chypre. Voici la liste de tous les rois qui réunirent souvent le trùne de la Judée à celui de la Chvpre"

Arnaury, 1194.

liugiu's, 120').

Henri 1", 1219.

ilugiu's II, 12rj:{.

Hugues le Grand. 12(17.

Jean I«^ 1284.

Henri 11. 1285.

Hugues IV, \:m.

Pétrin. l'M).

Jacques, 1382.

launs l:i98.

Auquel notre roi Jean II succéda en 1432,

Ce fut en 1439 que les Vénitiens firent la. conquête de Chypre, sous le doge Foscari. On ne sait où se réfugia le roi Jean H, qui, alors, n'avait plus pour héritier qu'une fille.

En 1458, Charlotte et Louis de Savoie furent reconnus, en Europe seulement, rois de Chypre ; car, en 1459, le Soudan d'Egypte s'en empara.

Mais, en 1464, Jacques II fut rétabli. Ce Jacques II était la postérité de la fille de Jean II.

En 1473, Jacques III lui succéda, et, en 1489, les Vénitiens rentrèrent dans la possession de l'île de Chypre, qui ne tarda pas à leur être enlevée par les Turcs.

Tel est le sommaire de l'histoire cypriote, à laquelle il ne manque qu'un habile historien pour la rendre intéressante. On y trouverait, comme dans toutes les histoires du monde, le jeu des passions humaines, des traits de courage, des actions- infâmes, et toutes les richesses de la politique, déployées pour la possession de l'île de Chypre, comme pour celle de la France.

Le caractère du roi Jean II n'est point une fantaisie : d'après le? recherches que j'ai faites dans les historiens qui parlent de lui, il était à peu près'ce que je l'ai peint.

Le connétable Kéfalein n'est pas nommé dans les historiens ; mais il paraît que ce fut par l'impéritie d'un général que Chypre fut conquise. — Du reste, si quelque critique prétendait que les caractères de Monestan, de l'érêque et de Kéfalain sont, forcés, je consigne ici l'aveu que notre siècle en offre les originaux.

Celui de Michel l'Ange est le portrait exact d'un ministre des sourdes vengeances d'un prince qui s'est rendu célèbre dans nos annales, Charles le Mauvais.

Voici, enfin, d'autres notes supprimées dans le cours de l'ouvrage. Note supprimée au chapitre xii :

Ces lacunes sont quelquefois dans le manuscrit, endommagé par le temps ; mais, ici, j'avoue que j'ai passé des choses de peu d'intérêt.

{Note de l'éditeur.) Note supprimée au chapitre xxii :

Les Camaldules ayant rapporté la ballade telle qu'elle était, c'c8t-?i-(lire en langue romance, je me suis vu forcé de la traduire, attendu qu'elle aurait été comprise par un trop petit nombre de lecteurs. Néanmoins, les savants trouvel'ont la ballade en langue romance à la fin du deuxième volume, lors de la dixième édition.

{Note de l'Éditeur.)

Fin supprimée de la note conservée de la Conclusion :

Enfin, que les lecteurs fassent aller cet ouvrage à une quatrième édition, et

ie leur promets des détails à la cinquième.

*■ ^ (lYo/e de l'Editeur.)

CCLXIII. Le Centenaire, ou les Deux Béringheld (le Sorcier). — Voici d'abord l'avertissement de l'ouvrage, supprimé dans toutes ses réimpressions :

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