‹ Histoire des œuvres de H. de BalzacChapitre 214 sur 217 · ARTICLES · texte numérisé non relu

ARTICLES

IVi. Le Dernier liv^^e de M. de Balzac {un Grand Homme de province à Paris), par Albéric Second. Figaro^ 28 juillet 1839.

Cet article curieux est une vive attaque contre les œuvres de M. de Balzac; et, peu de temps après sa publication, son auteur devint pour toujours l'un des admirateurs les plus enthousiastes du grand écrivain. ^cu^wtt

IV". H. de Balzac {avec po?'trait\ par §jp- Henry Berthoud. Le Mu-sée des familles, tome IX, page 31. (Numéro de septembre 1840.)

VI. Jules Janin a réimprimé cet article dans son volume in-i2, Variétés littéi^aires, publié par Hetzel, en 1859.

Vp. Intérieurs célèbres : La Maison de M, de BalzaCy par Pétrus Borel. L'Ane d'or, 1" livraison, 1845.

Cet article a été réimprimé en 1865 par Jules Glaretie dans son volume sur Pétrus Borely in- 18, chez Pincebourde.

VI". M. H. de Balzac, par Amédée Achard. L'Époque des 9 et 22 mai 1846. C'est dans ce dernier numéro que parut pour la première fois le tableau de la nouvelle édition de la Comédie humaine, reproduit page 217 de notre livre, et non dans l'Assemblée nationale du 25 août 1850, comme nous l'avons indiqué par erreur, page 216*

VP". Secrétaire de Henri IV et commode de Marie de Médicis, meubles florentins du xvi'= siècle, retrouvés par M. de Balzac, par Léon Gozlan. Le Musée des familles, tome XIII, page 321 (numéro d'août 1846). Avec de curieux dessins des meubles.

IX. Cet article d'Eugène Pelletan a été réimprimé par lui en 1850, dans son ouvrage : Heures de travail, 2 volumes in-8°.

X.K {La Mort et les Obsèques de M. de Balzac.) L'Événement, 19, 20 et 21 août 1850.

X". Courriers de Paris. Mortel Bunérailles de M. de Balzac, etc., par N. (Jules Lecomte). U Indépendance belge, 23, 25 août, 1, 8 et 16 septembre 1850.

X"'. Honoré de Balzac, par J.-G. (Cohen). La Semaine, 1" septembre 1850.

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\'v. Hojiorc de lialzar, par K. M. H^nuf rt Gazette musicale, l"" septembre 1850.

X^'. Thcàlres, par (lérurd de Nerval. La Presse, 7 octobre 1850.

Cet article contient une curi»!use analyse de la comédie inédite de Dalzdc : t' Ecole des Ménages. Un fragment de ce feuilleton a reparu la môme année, anonyme, dans le Messager des théâtres.

\^K Revue de Paris {une Anecdote inédite sur M. de Balzac), piir Joseph Fioupion. Le Pouvoir, 20(jctubre 1850. Réimprimé en partie dans le Foijer doniesl if/ ue du. 1" novembrel85u.

X^'". Eludes littéraires : la Comédie humaine, par Honoré d>' lialzac, par Gabriel Richard. Courrier de la dironde, 17 et 18 décembre 1850. Voici ces curieux articles :

Le deuil du génie est facile à porter. Balzac vit au milieu de nous par les (Piivrcs ({u'il nous lègue, il nous console de sa perle par le riche héritage qu'il laisse dans nos mains. Voilà trois mois à peine ({ue noire prose aflligée s'entourait do crêpes funèbres. Les regrets amers cèdeut la place aux souvenirs profonds et lidèles, et nous venons faire l'inventaire de nos biens.

Va\ dehors de l'admiration due à son talent, Balzac s'est placé sur une ligne supri'leure par la conscience de ses travaux et l'amour de sa tâche- Ses amis les plus intimes et ses ennemis les plus mortels n'ont point osé le classer parmi les faiseurs, celle plaie littéraire, il coimaissail trop bien le m«*tier pour lui livrei-sa plunio ; il l'a consacrée à l'arl, ut, tombée de sca mains, l'art reconnaissant l'a liée au-dessus de nous avec les chaînes d'acier de Cervantes.

(Vest lui ((U(; nous voudrions montrer du doigt aux jeunes esprits qui s'cmbarifuent impétuenseuïcnt sur la mer de la pensée. Un a beau nailre poète, lo ciel n'accorde pas aux meilleures intelligences les moyens de traduire leurs vives imaginations. ManoMivre accablé de fatigue, pâlissant sur la copie, contenant à toute heure dans un cerveau brûlant les bouillonnements des idées, Balzac a traversé le siècle comme un in>piré, comme un fanatique, coniinr> un martyr.

(Vest avec religion «jue nous commen(;ons ces études ruminées longtemps sur des pages aimées. Balzac nous a montré ce que nous avons pu apprendre, et bien avant sa mort, nous le saluions comme le plus illu^'tre nom du dixneuvième siècle. On attend son buste à Versailles; les révolutions no peuvent rien contre sa royauté. Tours, sa ville natale, a placé au-devant de la maison de son père une plaque de marbre noir. On y lit en lettres d'or:

Honoré de Balzac est né dans celle maison lo 20 mai 17U9.

C'e^l un fait :i'igulierh constater (pie la plii,)ait di" nos gramls honii'ies ip-

partienncnt aux rangs de la noblesse. Le vicomte Hugo, pair de France, coudoie dans l'almanach des blasons M. Alphonse de Lamartine; le marquis Dumas delà Pailleterie y va de concert avec l'élégant Charles de Bernard; faut-il citer, en outre, MM. de Bérangcr et de Lamennais, le vicomte de Chateaubriand, Alfred de Vigny et Alfred de Musset? La liste est loin d'être complète. Si nous ne craignions de dépopulariser Balzac, nous le ferions descendre des Balzac d'Entragues, ce qui serait hardi sous un régime républicain. C'est néanmoins une vérité, et Honoré, dont la mère était une d'Égreville, portait d'azur à trois sautoirs d'argent, au chef d'or, à trois sautoirs d'azur. Nous n'y tenons pas absolument, mais pourquoi ne pas rendre à César les armes de César?

11 nous a été donné de voir une seule fois l'illustre écrivain, qu'on appelait par excellence le père aux autres. La scène se passait en 1847, dans les bureaux de l'Époque. L'individu gros, court, petit et criard qu'on nous désigna fit choir nos illusions à plat ventre. Balzac ne se révélait que par le regard; sous ses paupières brillaient des flammes inextinguibles : c'était l'œil d'aigle que les vieux soldats de l'Empire accordent à Napoléon le Grand. Il répandait autour de lui sinon la terreur, du moins un froid de glace et une timidité invincible. Sa voix perçante et bourrue vous arrêtait l'admiration à la gorge. Il sortit en brandissant sa massue, cette même canne sculptée sur laquelle on a fait un volume. Il ne salua pas.

J'oubliai bien vite cette entrevue pour me refaire un Balzac à ma guise, qui eût un air plus digne à porter la couronne de lauriers. Aujourd'hui qu'il est mort, il est beau comme le génie.

C'est une erreur profonde de juger l'homme sur ses vingt premières années. Il s'élabore et se refond au double creuset de l'éducation et des circonstances. Cette idée mère a préoccupé Balzac, qui en était un vivant exemple. Par une suite de déductions logiques et de modifications raisonnées, il change absolument le type de ses héros quand il nous les présente aux époques tranchées de l'adolescence et de la maturité. Il en avait fait l'expérience. Élevé au collège de Vendôme, l'écolier désespéra ses professeurs par sa paresse, ses boutades et l'irrégularité de sa conduite. Son amitié avec Louis Lambert est le premier élément d'avenir qui pénètre dans sa vie. Des lectures sans choix, des conversations hardies et rêveuses, des assauts d'idées qui grisent l'intelligence, remplissent ce premier période. « Je serai célèbre ! s'écriait Lambert. — Et toi aussi, ajoutait-il; nous serons les alchimistes de la pensée ! » Mot profond et qui ne mentit pas. Il semble, en effet, pendant trente ans, voir l'écrivain s'égarer dans la voie et s'épuiser en efforts malheureux. Comme le souffleur obstiné à l'affût de l'œuvre philosopliale, il se courbe sur le fourneau où les idées sont en fusion. Avant de voir briller l'or dans la capsule, que d'erreurs douloureuses et de nuits sans sommeil ! Souvent, pris d'une indécision bizarre, il s'arrêtait court en se frappant le front pour en faire jaillir la Minerve. « Ne lisez pas ce que j'écris, disait-il à ses amis ; j'ai de beaux livres dans la tête, mais je ne puis les faire sortir. »

482 APPENDICE A L H1^^T<)IUI•:

En remuant la poussière des bibliothèques, on retrouve <;à et là ces romans qu'il a reniés depuis, et qu'il signait des pseudonymes de Saint-Aubin, lord R'hoone et Vicllerglë Ac Sainl-Alme '. Il fit successivement paraître les Deux Hector, le Centenaire, le Vicaire des Ardennes, Charles Pointel, l'Héritière de liij'affue, Clotilde de Lusignan, Jean Louis, le Tartare ou le lietour de l'ejilc, la Dernière Fée, l'Anonyme, Michel et Christine, Annette et le Criminel, W'ann Clore, le Corrupteur, etc., etc. J'en oublie sans doute. Plus tard, il déchira ses ébauches premières et leur ferma les portes de sa Comédie humaine. Quelques caractères, quelques situations perdues dans celte prose d'essai obtinrent leur grâce, et passèrent dans les études nouvelles. C'est à partir des Chouans qu'il sentit ses ailes assez fortes pour planer sur le monde ; il mit son nom sur ses écrits et commença son immense travail.

La Comédie humaine est l'œuvre de ses vingt dernières années. La conception audacieuse d'une étude générale sur la société, d'une encyclopédie de la pensée le poursuivait depuis longtemps. Dès son premier succès, il posa les jalons et marcha sans détourner la tète. Il se renferma dans cette solitude charmante de Saint-Cloud qu'on appelait les Jardies. Ne dirait-on pas le» Charmelles? On l'appela plus lard le pavillon Balzac.

Quelquefois voyageur, mais toujours assidu à lœuvre commencée, on ne savait guère où le prendre dans ce Paris qu'il remplissait de son nom. Vers l'époque de son mariage avec madame Évelinc de Ilanska, son ancienne amie, il se retira dans sa villa des Champs-Elysées.

La mort vint l'y surprendre.

Il prenait habituellement du café très fort, qui, excitant ses nerfs, lui permettait de veiller et d'écrire. L'abus de celte liqueur et des fatigues morales amenèrent une décomposition du sang, qu'il no fut pas possible darréler. Victime du travail, il mourut avec le regret de laisser sa tâche inachevée.

Il n'est pas de plume aujourd'hui capable de remplir la lacune. Ces admirables Éludes atiali/lif/urs dont il préparait la suite dans le silence resteront incomplètes. Il avait promis la Pathologie de la Vie sociale, YAnatomie des corps enseignants et la Monographie de la vertu. Qui no pâlit devant de pareils titres? Si ces livres no sont pas écrits, ils ne s'écriront jamais.

Présenté deux fois à l'Académie, l'Académie n'eut pas l'honneur de recevoir Balzac. Elle avait peiir sans doute des mots nouveaux dont il enrichissait la langue. Elle a dû depuis le regretter. Les procédés do stylo de l'écrivain étaient excessivement simples. Ce qui dominait en lui. c'était la justesse d'observation et le sens parfait de la couleur locale. Il est facile de se rendre compte par ses anciens ouvrages, qu'il écrivait très imparfaileuienl. Dans ses livres les plus châtiés, on rencontre à chaque page des néologismes, des tournures de phrase qui lui sont propres, triviales ou sublimes, mais éminemment nationales. Je ne sais (|uel directeur de journal se plaignait ;i lui d'un roman

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