‹ Histoire des oraclesChapitre 11 sur 112 · PREFACE VII · texte numérisé non relu

PREFACE VII

dnus ce que nous entendons ordinairement par ce mot, non pas niesuw, scion Je sens des anciens Payens, qui d'un costé regardoicnt tes Oracles avec respect comme une partie de leur Religion, et de l'autre avaient la Magie en horreur aussi-bien 5 que nous. Aller consulter un Necromantien, ou quelqu'une de ces Sorcières de Thessalie, pareille à l'Ericto de Lucain, cela ne s'appelloit pas aller à l'Oracle; et s'il faut marquer encore cette distinction même selon l'opinion commune, on prétend que les Oracles ont cessé à la venue de lesus-Christ, 10 et cependant on ne peut pas prétendre que la Magie au cessé. Ainsi l'objection de M.Moebius ne fait rien contre moy, s'il laisse le mot d'Oracle dans sa signification ordinaire et naturelle, tant ancienne que moderne '.

rence que du nom seul. Or les Pythons qui rendoient des Réponses par le moyen de ceux qui en estoient possédez, estoient des démons, comme l'Ecriture le fait entendre fort clairement : Les Pères de l'Eglise avaient donc grande raison de croire, que les Prêtres et les Prêtresses des idoles, qui rendoient les Oracles des Payens, estoient pareillement possédez par des démons. L'Ecriture ne leur permettoit pas d'en juger autrement. Et certainement tous ceux qui reconnoissent sincèrement son autorité, ne peuvent pas estre avec quelque apparence de raison, dans une autre pensée ». D'ailleurs Van Dale luimême l'a reconnu : son système conduit infailliblement à mépriser Pères et Ecriture, ou du moins les Commentaires des Pères sur l'Ecriture; et <! un autre protestant, beaucoup plus habile et de meilleure foy que luy » Q. Vossius), a toujours remarqué « que tous ces gens qui croyent que tout ce que l'on rapporte des Pythonisses et de leurs semblables n'a jamais esté que de l'imposture et de la fourberie toute pure, ont peu de connoissance de l'Ecriture sainte, ou quoyqu'ils dissimulent, qu'ils l'estiment fort peu en effet, et ne se mettent gueres en peine de son autorité i>. Ce n'est pas au moins Fontenelle contre qui l'on puisse élever de pareils soupçons. « Pour vous Mr. je suis persuadé que vous estes très-éloigné de tomber dans un pareil égarement, et que comme vous reconnoissez sincèrement l'autorité toute divine de l'Ecriture Sainte, vous avoiierez avec tous les Pères de l'Eglise, comme à la réserve de quelques incrédules, séduits peutestre par votre livre, on le croit encore aujourd'huy, que les Oracles des Gentils estoient rendus en effet par les démons, ainsi que la même Ecriture sainte nous l'apprend assez clairement pour en estre convaincus. » Réponse, 97. — Il semble difficile de pousser la naïveté plus loin.

I. « Les Oracles estoient toujours accompagnez de magie n, déclare le P. Baltus, après avoir rapporté le sentiment d'Eusèbe, d'Origène, de

La seconde chose que j'ay à dire, c'est que Von m'a averty que le R. Père Thomassin, Prestrede l'Oratoire, fameux par tant de beaux Livres, où il a accordé une pieté solide avec une profonde érudition, avoit enlevé à ce Livre-cy l'honneur de la 5 nouveauté du Paradoxe, en traitant les Oracles de pures fourberies dans sa Méthode d'étudier et d'enseigner chrestiennenient les Poètes '. f avoue que j'en ay esté un peu fâché; cependant je me su is consolé parla lecture du Chap . XXI. du Liv. IL de cette Méthode, où je n'ay trouvé que dans l'Article XIX.

lo en asseï peu de paroles, ce qui me pouvoit estre commun avec liiy. Voicy comme il parle. La véritable raison du silence imposé aux Oracles, estoit que par l'invocation du Verbe Divin la Vérité éclairoit le monde, et y répandoit une abondance de lumières tout autres qu'auparavant.

15 Ainsi on se détrompoit des illusions des Augures, des Astrologues, des obser\-ations des entrailles des Bestes, et de la pluspart des Oracles, qui n'estoienî effectivement

12 l'Incarnation 1687.

Porph5're, de Jamblique et d'Eunapius. « Puis donc que vous avouez que les démons sont les auteurs delà magie, vous devez par conséquent avouer aussi, qu'ils estoient les véritables auteurs des Oracles. » En effet, « qu"estoit-ce autre chose par exemple, que l'Oracle de Delphes, qu'une fille ou une femme appellée Pythie, que l'on alloit consulter de toute part, pour apprendre d'elle l'avenir, et que l'on croyoit possédée et inspirée par Apollon, lors qu'elle estoit assise sur le Trépié ? Elle l'estoit en effet, mais cet Apollon n'estoit qu'un démon qui avoit emprunté le nom de ce faux Dieu, ainsi que les Pères de l'Eglise l'ont toujours crû ». Le même raisonnement vaudra pour les Oracles de Dodone, de Claros, etc. Réponse, 92-95.

I. » La Méthode d'étudier et d'enseigner cbrétiennetneui et solidement les Lettres humaines par rapport aux Lettres divines et aux Ecritures. Divisée en six Parties. Dont les trois premières regardent Fétude des poètes : et les trois suivantes celle des Historiens, des philosophes et des grammairiens. Parle P. L. Thomassin, Prestre de l'Oratoire. — A Paris, chez François Muguet, Imprimeur du Rov et de Monseig. l'Archevesque, rue de la Harpe, aux trois Roys. MDCLXXXI. Avec approbation et Privilège. *

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