‹ Histoire des oraclesChapitre 4 sur 112 · Suite de la Réponse, pp. 389 et · texte numérisé non relu

Suite de la Réponse, pp. 389 et

3. II n'est que juste d'ajouter, à la décharge de Baltus, que tout le monde alors, ou à peu près, pensait sur ces matières et raisonnait comme lui. (Cf. Lanson, Voltaire (Les Grands Écrivains Français), p. 163-176). L'originalité de Fontenelle n'en est que plus évidente, et ici encore il est bien le plus authentique précurseur de Voltaire.

4. Il n'y a pas plus d'animosité dans la Suite de la Réponse, quoique Leclerc, contre qui elle est particulièrement dirigée, se fût laissé aller à « des invectives contre les Saints Pères ». Tout au plus y pourrait-on signaler quelques vivacités, dont Baltus s'est d'ailleurs excusé dans sa conclusion, p. 456. Cependant, car il faut tout dire, il y a des allusions, qui ne sont peut-être pas complètement inoffensives, à ces « impies, qui se moquent en secret des dogmes les plus essentiels de la Religion Chrétienne, parce qu'ils n'osent le faire en public avec toute la liberté qu'ils voudroient bien, par la crainte qu'ils ont des puissances légitimes, qui ne souffrent point impunément de pareilles impietez », p. 519 ; et les dernières lignes de la Suite ont bien l'air d'une menace directe. Cf. encore, ibid., p. 543. — Il faut remarquer aussi que Van Dale n'est guère ménagé par Baltus, et que Tournemine

INTRODUCTION

« admiration » pour celui que « le zèle de la vérité » le force à combattre. Fontenelle est « un homme d'autant d'esprit que de mérite » ; et qui donc oserait contester sa « probité » et sa « droiture » ? Dans l'espèce, il n'est tout au plus « coupable que de s'estre laissé trop facilement éblouir par la vaine érudition de Mr. Van Dale ». Aussi ne le réfutera-t-on qu'avec tous les ménagements possibles, en lui demandant presque pardon d'être obligé de ruiner son « système » ; on se résoudra même à faire perdre à la Réponse « quelque chose de la force et de l'agrément qu'on pouvoit luy donner », plutôt que de « s'exposer à luy déplaire en la rendant et plus vive et plus forte » ; on veillera surtout — sans y réussir toujours — à ne point dénaturer sa pensée et à ne point lui prêter des sentiments qui certainement ne furent jamais les siens ; car enfin n'est-il pas « un homme d'honneur et d'une foy très pure et très saine » ? Il pourra d'ailleurs répondre : « on est prêt à souffrir » sa riposte « avec la même tranquillité ' ». L'invitation était directe ; Fontenelle ne répondit pas.

A s'en rapporter aux correspondants du duc de Noailles, ce n'est pas l'envie qui lui en aurait manqué . Il aurait même commencé une réplique qu'on aurait eu « toute la peine du monde à l'empescher de continuer », et qu'il n'aurait abandonnée que devant la menace formelle de se voir refuser « permission et privilège » *. A quoi on peut opposer le témoignage de l'abbé Trublet, dans le Mercure de septembre 1758. « Mr. de Fontenelle m'a conté que, lisant la Réponse du P. Baltus, trouvant à chaque page qu'une réplique seroit très aisée, et l'envie de la faire devenant de moment en moment plus forte, il avoit fermé le livre de peur de succomber à la tentation, et pris la résolution de n'en pas achever la lecture. Il m'a assuré qu'il l'avoit tenue et qu'il n' avoit jamais lu l'ouvrage en entier. » Et Fontenelle lui-même écrivait àLeclerc, le 3 août 1707 : « Je n'ai point du tout l'humeur po/m/f^we (c'est l'auteur qui souligne) et toutes les querelles

imite Balius sur ce point. Cf. Journal de Trévoux, août 1707, p. 1380- 1382. Mais ni l'un ni l'autre ne sont des P. Garasse.

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