Van Dale
que l'Erreur est en possession des esprits, c'est une mer^'eille si elle ne s'y maintient toujours K
I. On trouvera cette idée dans l'Origine des fables. Fontanelle y était fort attaché. — « On ne peut attribuer ce que l'on a vu d'extraordinaire et de mers-eilleux dans les Oracles du paganisme, qu'à la puissance de Dieu ;ou à quelque cause naturelle, telle que pourroit estre une bile échauffée, ou la vertu de quelque exhalaison ; ou enfin à la malice et aux impostures des démons. On ne peut pas l'attribuer à Dieu ; puisque tous ces Oracles estoient remplis d'impiété, de cruauté, de mensonge, d'idolâtrie, et de toute sorte d'abominations et d'infamies. On ne peut pas l'attribuer à quelque cause naturelle, puisqu'il y avoit bien des choses qui surpassoient les forces de toutes ces causes, comme la prédiction de plusieurs évenemens, la guérison de plusieurs maladies. On ne peut pas non plus l'attribuer aux fourberies des Prêtres des idoles, comme je l'ay fait voir. Il faut donc l'attribuer nécessairement à la malice et à l'imposture des démons, comme tous les anciens Chrétiens l'ont crû, et comme la plus-part le croyent encore à présent ». C'est la conclusion de Baltus (Réponse, 246) sur toute cette première dissertation de Fontenelle.
Que les Oracles n'ont point cessé au temps de la Vernie de lesus-Christ.
La plus grande difficulté qui regarde les Oracles est 5 surmontée, depuis que nous avons reconnu que les Démons n'ont point dû y avoir de part. Les Oracles estant ainsi devenus indifferens à la Religion Chrestienne, on ne s'intéressera plus à les faire finir précisément à la Venue de Jesus-Christ.