‹ Histoire des oraclesChapitre 69 sur 112 · Van Dale · texte numérisé non relu

Van Dale

3. « C'est par l'ouvrage même Mr. qui répond parfaitement bien à

Encore l'Oracle de Delphes n'estoit-il pas si fort décheu du temps de Plutarque ; car luy-même dans un autre Traité ' nous dit que le Temple de Delphes estoit plus magnifique qu'on ne l'avoit jamais veu ^, qu'on en avoit 5 relevé d'anciens Bastimens que le temps commençoit à ruiner, et qu'on y en avoit ajouté d'autres tout modernes, que mesme on voyoitune petite Ville qui s'estant formée peu à peu auprès de Delphes, en tiroit sa nourriture comme un petit Arbre qui pousse au pied d'un grand, 10 et que cette petite Ville estoit parvenue à estre plus considérable qu'elle n'avoit esté depuis mille ans '. Mais

son titre, que tous ceux qui ont un peu de lecture et de bon sens, ont esté entièrement confirmez dans le sentiment général de tous les Chrétiens, que les Oracles ont cessé après la Naissance de JESUS-Christ. Et peut-on avoir une preuve plus convaincante de ce que les Pères de l'Eglise nous apprennent sur ce sujet, que l'ouvrage de ce Philosophe ? Les autres payens n'ont parlé qu'en passant et en assez peu de mots de cet événement qui les surprcnoit tous ; mais celuy-cy en fait exprés un Traité dans toutes les formes. Il recherche avec application les causes de ce silence, et on voit combien il est embarrassé d'en trouver qui ayent quelque vraisemblance et qui le satisfassent. N'est-ce pas une chose admirable, que cent ans environ après la mort de jESUS-Christ, de toute cette multitude d'Oracles qui estoient dans le monde, la pluspart, de l'aveu même de ce Philosophe qui en estoit admirateur passionné, n'ayent déjà plus rendu de réponses, quoyque les temples où elles se rendoient, subsistassent encore dans tout leur éclat ? Peut-on ne pas reconnoitre en cela, le pouvoir de celuy qui estoit venu sur la terre pour renverser l'empire du démon et ruiner toutes ses oeuvres? Voila ce que l'on trouve dans le Traité de Plutarque, et les sçavans ont raison d'y renvoyer les incrédules, pour les convaincre par le témoignage de ce payen, de ce qu'ils ne veulent point croire sur l'autorité des Pères de l'Eglise. Quoyque vous puissiez dire au contraire, tandis que ce livre subsistera, il sera un monument et une preuve éclatante du silence des Oracles après la Naissance de jESus-Christ. » Baltus, Réponse, 326-327. On est tenté d'ajouter « tout aussi exactement que cette page sera un monument et une preuve éclatante de la solidité des raisonnements du P. Baltus ».

1. « Cur Pythia nuncnonredJat oracula carminé. » {Bibl. Script. Grâce. Plut. Mornlia, I, 498).

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