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Plutarque, xxv, vers la fin du chap

Enfin Plutarque se résout à nous apporter la véritable raison '. C'est qu'autrefois on ne venoit consulter Delphes que sur des choses de la dernière importance, sur des Guerres, sur des Fondations de Villes, sur les interests 5 des Roys et des Republiques. Présentement, dit-il, ce sont des Particuliers qui viennent demander à l'Oracle s'ils se marieront, s'ils achèteront un Esclave ; s'ils réussiront dans le trafic, et lors que des Villes y envoyent, c'est pour sçavoir si leurs Terres seront fertiles, ou si 10 leurs Troupeaux multiplieront. Ces demandes là ne valent pas la peine qu'on y réponde en Vers, et si le Dieu s'amusoit à en faire, il faudroit qu'il ressemblast à ces Sophistes qui font parade de leur sçavoir, lors qu'il n'en est nullement question.

1 5 Voilà efTectivement ce qui servit le plus à ruiner les Oracles. Les Romains devinrent maistres de toute la Grèce, et des Empires fondez par les successeurs d'Alexandre. Dés que les Grecs furent sous la domination des Romains, dont ils n'espererent pas de pouvoir sortir, la 20 Grèce cessa d'estre agitée par les divisions continuelles qui regnoient entre tous ces petits Etats dont les interests estoient si fort brouillez. Les Maistres communs calmèrent tout, et l'esclavage produisit la paix. Il me semble que les Grecs n'ont jamais esté si heureux qu'ils le 25 furent alors. Ils vivoient dans une profonde tranquillité, et dans une oysiveté entière, ils passoient les journées

22 si brouillés 1687.

I. Plutarque, xxvi et xxviii. — Balfus (Réponse, 351 sqq.) affirme que les questions adresséesaux oracles, avant et après J.-C, ont toujours été de la même nature ; et il en a pour garants Husébe, Suétone, Tacite, Spartien, Xiphilin 0 et les autres Historiens Romains ». C'est, et de beaucoup, l'endroit le moins mauvais de la Réponse.

dans leurs Parcs des exercices, à leurs Théâtres, dans leurs Ecoles de Philosophie. Ils avoient des Jeux, des Comédies, des Disputes et des Harangues, que leur faloit-il de plus selon leur génie ' ? mais tout cela four- 5 nissoit peu de matière aux Oracles, et l'on n'estoit pas obligé d'importuner souvent Delphes. Il estoit assez naturel que les Prestres ne se donnassent plus la peine de répondre en Vers, quand ils virent que leur Mestier n'estoit plus si bon qu'il l'avoit esté. lo Si les Romains nuisirent beaucoup aux Oracles par la paix qu'ils établirent dans la Grèce, ils leur nuisirent encore plus par le peu d'estime qu'ils en faisoient -. Ce n'estoit point là leur folie. Ils ne s'attachoient qu'à leurs Livres Sibillins ^, et à leur Divination Etrusque, c'est à

14 et à leurs Divinations Etrusques 1742.

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