Ces considérations ne sont pas dans Van Dale
2. Sur le mépris des Romains pour les oracles, cf. Baltus, Réponse (354-558). « Tous ces devins qui estoient parmy eux dans une si haute considération, montrent l'estime infinie qu'ils faisoient de la Divination, et la passion qu'ils avoient de connoitre l'avenir. Ils n'avoient donc garde de mépriser les Oracles, qui en promettoient une connoissance beaucoup plus claire et plus certaine, et qui par toutes les circonstances qui les accompagnoient, paroissoient avoir quelque chose de plus surprenant et de plus divin.
D'ailleurs ils ne pouvoient estre attachez à. leurs livres Sibyllins, qu'ils ne le fussent aussi aux Oracles, puisqu'ils reconnoissoient, comme vous le pouvez apprendre de Ciceron (De Divin. I), que les uns et les autres venoient de la même cause ; c'est à dire de l'enthousiasme et de la fureur divine. »
Enfin « n'estoit-ce pas la coutume ou la Politique des Romains, d'adopter toutes les divinitez, et toutes les superstitions des Grecs et des Egyptiens ? Isis, Anubis, Osiris, Serapis n'avoient-ils pas droit de bourgeoisie dans Rome? K''y avoient-ils pas des autels, des temples, et des Prêtres ? » Là-dessus viennent dix pages de citations (360-369), et Baltus conclut, et il a raison de conclure : « Il me semble que ce nombre que je pourrois encore augmenter suffit pour prouver que les Romains ont esté aussi entêtez des Oracles que les Grecs » ; ce qui ne l'empêche pas de dresser la liste des empereurs qui sont allés à l'oracle. Mais alors que devient la thèse que les oracles ont cessé avec le christianisme ?
3. Van Dale, 91, 454. — C'est une des idées auxquelles Van Dale
dire aux Aruspices, et aux Augures. Les maximes et les sentimens d'un Peuple qui domine, passent aisément dans les autres Peuples, et il n'est pas surprenant que les Oracles, estant une invention Grecque, ayent suivy la 5 destinée de la Grèce, qu'ils ayent esté florissants avec elle, et qu'ils ayent perdu avec elle leur premier éclat.
Il faut pourtant convenir qu'il y avoit des Oracles dans l'Italie '. Tibère, dit Suétone, alla à l'Oracle de Gerion auprésde Padoue ; là estoit une certaine Fontaine d'Apon,
10 qui si l'on en veut croire Claudien, rendoit la parole aux Muets, et guerissoit toutes sortes de maladies. Suétone dit encore que Tibère vouloit ruiner les Oracles qui esioient proches de Rome, mais qu'il en fut détourné par le miracle des Sorts de Preneste, qui ne se trouvèrent
1 5 point dans un Coffre bien fermé et bien scellé où il les avoit fait apporter de Preneste à Rome, et qui se retrouvèrent dans ce mesme Coffre dés qu'on les eut reportées à Preneste.
A ces Sorts de Preneste, et à celles d'Antium, il y faut
20 ajouter les Sorts du Temple * d'Hercule qui estoit à Tibur K
Pline le Jeune décrit ainsi l'Oracle de Clitomne né Dieu d'un fleuve d"Ombrie 5. Le Temple est ancien et fort respecté. Clitomne est là, habillé à la Romaine. Les
* Stace.
25 de Clitomne Dieu 1687.
était le plus attaché, et l'on sait qu'il a fait un reproche à Fontenelle de n'avoir pas assez parlé du rôle qu'ont joué les Livres Sibyllins dans la politique de Rome.