SOEURS DE SAINT-ANDRÉ, OU DE LA CROIX
Le diocèse de Poitiers vil naître, en 1806, . une association de Filles uniquement occupées de l’instruction des enfants, dans les campagnes , et du soin des malades.
Mademoiselle Uéchier, d’une famille honorable, vivement touchée de l'abandon et de l’ignorance des enfants do la campagne et des inconvénients qui en résultaient pour les mœurs , mit toute sa sollicitude et sa fortune dans celte pieuse entreprise. La première maison fut fondée à Maislé , sous la direction de M. Fournet, ancien curé de la paroisse. Dès qu’il y eut assez de sujets formés, on les envoya deux à deux dans les différents villages, avec l’approbation des vicaires généraux de Poitiers , qui avaient reconnu leur utilité. D'un côté, leur frugalité les empêchant d’être à charge aux habitants, on les admettait avec plaisir; de l’autre, leur manière d'enseigner, simple et facile , leur douceur si propre à gagner le cœur de l’enfance , leur faisaient obtenir , dans les communes où elles venaient s’établir, de rapides succès, et les enfants con-
fiés à leurs soins apprenaient d’elles la religion , la lecture, l’écriture, le calcul et le travail. Enfin, ces bonnes Sœurs complétaient leur mission en visitant les malades , ce qui leur conciliait l’afTection générale. De pareils secours étaient trop nécessaires pour faire revivre la religion et les mœurs dans les campagnes , pour que l’autorité ecclésiastique des autres diocèses ne s'intéressât pasà propager une institution déjàéprouvce.
Sur l'invitation des vicaires généraux de Paris , la fondatrice et première supérieure fonda à Issy , près la capitale , une maison destinéo , comme celle de Maislé , à former des sujets et à les envoyer dans les villages. L'efTetde cet établissement fut aussi prompt 'que salutaire. Quelques jeunes personnes embrassèrent aussitôt l’institut des Sœurs de Saint - André , c’est le nom qu’on leur donna (à Poitiers, elles portaient celui de Sœurs de la Croix) \ Antony, Ivry, Mcudon, bruyères , etc., ne lardèrent pas à en posséder, grâce à la protection de pieuses princesses et de personnes d'un haut rang.