CHAPITRE XXVI
l'RSULINES DE CIIAVAGXES.
Celle noble lerre de Vendée, terre de bénédiction autant que de courage, d’où les Filles de la Sagesse s’étaient déjà répandues dans les provinces de l’Ouest et du Midi , a donné naissance à une autre association qui fournit à l’enfance des maîtresses pures , et aux malades des gardiennes assidues. Son institution prouve avec quelle ardeur les âmes inspirées de Dieu se portent aux bonnes œuvres, et en font naître chaque jour de nouvelles qui le disputent aux anciennes en utilité. Le succès de cette association annonce, d'ailleurs, avec quelle facilité la charité trouve des instruments dans les campagnes , que n'a point gâtées le voisinage des grandes villes, au milieu d'une population où la religion a conservé son empire.
Les Sœurs connues sous la dénomination à' Ur salines de Jésus ou de Charognes, du nom du village où elles sont établies, au diocèse de Luçon , doivent leur formation au zèle du vertueux M. Beaudoin, vicaire
général et ancien supérieur du séminaire.
Cet homme de bien avait conçu l’idée de l’institution; mais, quand il s'agit de la réaliser, il fut puissamment secondé par une pieuse demoiselle, mademoiselle Bréchard , d’une famille connue au barreau.
Cette fondatrice fut aussi la première supérieure générale des Ursulines de Cbavagnes, qui commencèrent, en 180 », par trois personnes, et qui en comptent aujourd'hui trois cents, réparties en vingt-six établissements, dans la Vendée , dans le Poitou, dans la Sainlonge et les pays adjacents. La maison principale, où est le noviciat et où réside la supérieure générale, est à Chavagnes, canton de Saint Fulgent. Ces Sœurs contribuent singulièrement à la bonne éducation de la jeunesse , dans les villes et les campagnes ; elles tiennent des pensionnats , et font les écoles gratuites. Souvent il y a dans les établissements une Sœur qui s’occupe de pharmacie, pour visiter et soigner gratuitement, à domicile, les malades pauvres.