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SOEURS DE L’ENFANCE DE JÉSUS ET DE MARIE, OU DE SAINTE -CHRÉTIENNE

Cette congrégation, qui rend les plus utiles services au diocèse de Metz et aux diocèses où elle a des établissements, est duc à la pieuse sollicitude de Mgr. JaufTret, qui a occupé le siège de Metz pendant seize ans.

Il l’a formée peu après son arrivée en celte ville.

Madame veuve Méjanès , née Tailleur, en a été et elle en est encore la première supérieure ; elle peut en être regardée comme la fondatrice. Cette dame respectable s’était vouée , à la mort de son mari , ancien officier, à la pratique d’œuvres de charité analogucsà la vocation qu'elle a depuis embrassée. Elle habitait Àrgancy , commune du département, où s’étaient réunies quelques personnes pieuses qui partageaient ses goûts et qui étaient dirigées dans le meme esprit.

1 Avant 1820, les Sœurs avaient quelques établissements dans le département des Forêts, redevenu, depuis 1814, le grand-duché de Luxembourg; le roi des Pays-Bas ayant exigé que ces Sœurs se séparassent de la maison

Cette réunion fut comme le berceau de la congrégation qui s'établit à Metz, le 20 avril 1807. Les Sœurs reçurent, ce jour- là, en l’ancienne salle capitulaire des dames de l’abbaye de Sainte-Glossinde, leurs premiers statuts de leur évéque , entre les mains duquel elles firent leur première promesse.

La congrégation prit aussitôt de l’accroissement. Elle compte aujourd’hui près de cent quatre-vingts membres, répartis entre vingt-cinq établissements. Il y en a treize dans le diocèse de Metz , dix dans celui de Reims, et deux dans celui de Châlons '.

Le chef-lieu est établi à .Metz, dans la maison connue anciennement sous le nom d 'École de la Doctrine chrétienne, fondée en 1712, par Pierre Goize, chanoine de la cathédrale, pour y élever les iilles pauvres, et

mère , et formassent une congrégation indépendante, elles ne purent souscrire à cette proposition, et furent obligées d'abandonner des maisons utiles aux pauvres et aux malades, et où elles n’ont pas été remplacées.

CONGRÉGATIONS RELIGIEUSES DE FEMMES , ETC

leur apprendre à lire, à écrire et tous les travaux de l'aiguille. Les Sœurs occupent en outre l’ancien couvent des Carmélites où sont plusieurs écoles avec un pensionnat , et deux autres maisons de la ville où elles réunissent un grand nombre d’élèves. Leurs autres établissements sont, 1° dans la Moselle : à Gorze, à Longwy , à Sierck, à Bitche, à Sarreguemines , à Saralbe, à Puttelange, petites villes du département; 2° dans les Ardennes : dans les villes de Mézières, Sedan, Rethel, Rocroy, Carignan, et dans les communes de Beaumont, Donchery, Fumay, Renwiz et Tugny ; 3°dans la Marne :

à Épernay et à Damery. Elles y ont des écoles gratuites, des pensionnats, et dirigent un hôpital. Les pensionnats qu'elles ont ouverts sont spécialement à l’avantage des ramilles qui ne jouissent que d'une fortune médiocre, mais qui sont en état pourtant de donner de l’édHcation à leurs enfants. Les jeunes personnes qui y sont élevées y reçoivent une instruction convenable et y sont formées avec soin à toutes les vertus et aux devoirs imposés à leur sexe. Le nombre des jeunes filles à l’éducation desquelles les Sœurs donnent des soins , s’élève à plus de quatre mille. C’est là l’objet principal de leur vocation: elles seconsacrcnt néanmoins encore au soulagement des malades. Elles remplissent l’une ou l’autre fin, ou toutes les deux ensemble , selon les besoins des lieux où se trouvent placés leurs établissements.

Comme la congrégation a été formée, dans le principe , pour un diocèse où les deux langues sont en usage , les Sœurs tiennent indifféremment les écoles dans l’un ou l’autre idiome. Elles servent toutefois beaucoup à répandre l’usage de la langue française

* Dans un chapitre général des Sccurs, d’après le vœu que toutes émirent, et du consentement de Mgr. l’évéque Besson, la supérieure

dans les communes où l’on parle peu cette langue.

La congrégation est gouvernée par une supérieure générale, élue tous les cinq ans * , qui réside à Metz, et par deux assistantes , dont l’une possède nécessairement les langues allemande et française. Les Sœurs de Sainte -Chrétienne, comme les Sœurs de toutes les congrégations formées depuis 1802, sont soumises à l’évêque diocésain pour tout ce qui concerne le spirituel , et à l’autorité administrative pour le temporel.

Leur vie est simple et frugale; elles ne sont soumises à aucune austérité qui sorte de la vie commune. Pendant longtemps , elles ne firent que des promesses annuelles : elles y ont joint, depuis quelques années, les vœux ordinaires d’obéissance, de pauvreté et de chasteté, qu’elles renouvellent tous les ans. Leur costume est conforme à celui de la plupart des religieuses. Elles portent un voile qui leur descend un peu au-dessous du visage et s'étend sur toute leur guimpe.

La pèlerine de leur vêtement est noire , de la même étoffe que la robe, qui est d'un drap ordinaire. Dans le principe et jusqu’en 1823, celle pèlerine était blanche pour les dimanches et les jours de fêtes. Leur croix est en argent ; la supérieure générale la porte en vermeil. Cette croix a pour inscription , d’un côté, ces paroles : Pauperes erangelizantur... Chantas Christi urget nos; de l’autre, Beati miséricordes... Vcnite , benedicti Patris mei , et , sur l'anneau qui soutient la croix , on lit ces paroles : Cor unum et anima una. Elles portent un anneau comme symbole de leur alliance avec la congrégation , et de la congrégation avec chacune d’elles.

actuelle, qui est considérée comme la fondatrice de l'institut , a été confirmée à rie dans la dignité dont elle a toujours étc revêtue.

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