‹ Histoire des ordres religieuxChapitre 103 sur 113 · SOEURS DE SAINT- JOSEPH DE LYON · texte numérisé non relu

SOEURS DE SAINT- JOSEPH DE LYON

La congrégation des Sœurs de Saint -Joseph de Lyon est aussi une de celles qui ne datent que d’une vingtaine d’années ; mais elle a eu un succès étonnant , jusque dans les diocèses de Savoie. Elle a été fondée et dirigée par un vénérable prêtre, l’abbé Cholleton , mort vicaire général de la métropole.

Pour ne parler que du bien que ces Sœurs font à Lyon , nous dirons que depuis longtemps elles s’y consacrent au soulagement des prisonniers; elles partagent leur captivité, afin de pourvoir de près à leurs besoins, et de leur donner de pieuses consolations. Ce sont elles qui préparentel portent aux détenus leur nourriture, et qui leur fournissent du dehors les choses dont ils ont besoin, de sorte que ces malheureux ne sont point victimes de l’avidité de geôliers intéressés. Les religieuses donnent surtout leurs soins aux femmes et aux filles détenues ; elles ne les perdent point de vue après l’expiration de leur peine.

Souvent elles avaient essayé de placer en service celles qui avaient donné des marques d’un véritable retour à des sentiments

meilleurs; mais une invincible défiance apportait toujours quelques obstacles à leurs vues charitables. Affligées de voir sans cesse revenir dans les prisons des femmes dont le repentir n’avait point trouvé d’encouragements , et que le désespoir avait précipitées dans les mêmes écarts , les Sœurs de Saint-Joseph ouvrirent, en 1821, une maison de refuge avec des ateliers de travail pour celles qui offrent des espérances d'amendement et qui courraient plus de danger dans le monde. Cet établissement porte le nom de Solitude de Sainte- Madelaine ; il est situé à Monlauban, au-dessus de Pierre- Sizc, au bord de la Saône, sur une hauteur d’où l’on a une vue magnifique. Là, cinquante femmes ou filles sont occupées à dévider de la soie, ce qu’elles font en chantant des cantiques. De pieuses inscriptions couvrent les murs. Les femmes sont libres de sortir quand bon leur semble; elles prennent cependant l’engagement verbal de rester deux ans pour indemniser la maison des frais d’apprentissage. Elles sont bien nourries, et le produit de leur travail satisfait à leurs besoins; on leur abandonne un

CONGRÉGATIONS RELIGIEUSES DE FEMMES, ETC

cinquième ou un quart de ce produit , en proportion de la soie qu’elles dévident. 11 règne parmi elles un bon esprit. Un vertueux laïque, N. de la Barolière, a beaucoup contribué, par ses soins et ses dons, à former cet établissement, où déjà plus de trois cents femmes ont trouvé, avec

une existence honnête, le moyen de se réconcilier avec leurs familles et avec la société.

L’idée dut venir de former un semblable asile pour les hommes , et de bons Frères , sous le nom de Petits-Frères-Marie, s’exercent aux soins que demande une telle œuvre.

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