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SOEURS DE LA PROVIDENCE, DANS LE MAINE

Le diocèse du Mans vil s’élever , par les soins de M. Dujarrié, curé de Rueillé-sur- Loir, près la Charlre , un institut nouveau, dont les campagnes surtout retirent un grand fruit.

Ce respectable ecclésiastique comprit que les instructions qu’il donnait à son troupeau , fécondes pour le présent , seraient sans résultat pour l’avenir , s'il ne s’occupait de bien instruire la génération naissante. Comme une portion de ses paroissiens était fort éloignée de son église, ce qui l'empêchait de faire venir les enfants aussi souvent qu’il l’eût désiré, il fit bâtir, sur cette partie de sa paroisse , une chapelle et une maison , et il y plaça de pieuses filles qui consentirent à se vouer à l’instruction des enfants de ce quartier, et à visiter gratuitement les malades. Le bon curé allait de temps en temps les encourager, célébrer la messe dans leur chapelle , leur faire des instructions; les dimanches, elles se rendaient à l’église. M. Dujarrié pourvoyait à leur dépense , mais il leur inspirait un es-

prit de détachement et de pauvreté. Peu à peu , d’autres personnes , touchées de leur vie édifiante , se joignirent â elles , et leur nombre augmenta d’une manière sensible.

M. Dujarrié leur donna alors des règles et un habit distinct. Le 7 août 1820, mademoiselle de Roscouet , née en Bretagne, fut nommée première supérieure. Soutenue par son zèle , sa simplicité , son désintéressement, la congrégation ne larda pas à former beaucoup d'établissements dans plusieurs diocèses. Celle rapide extension , la nécessité de la soutenir, le désir de l’accroitre , engagèrent le curé de Rueillé à construire un noviciat dans son bourg; il est aujourd’hui très-nombreux , grâce aux soins quo le respectable fondateur lui a prodigués.

Les Sœurs portent le nom de Sœurs hospitalières de la Proviilence , dont elles sont l’ouvrage. Elles ouvrent partout des écoles gratuites, tiennent même des pensionnats, soignent les pauvres dans les hospices, portent des secours à domicile, distribuent les aumônes des bureaux de charité, dirigent

CONGRÉGATIONS RELIGIEUSES DE FEMMES, ETC

des ateliers pour apprendre à travailler aux enfants pauvres : pour l’enseignement, elles suivent la méthode des Frères des écoles chrétiennes. Ces Sœurs font des vœux simples annuels; elles ont, chaque année, à la maison mère , une retraite où elles se rendent de toutes parts.

Cette congrégation se compose de cent soixante-dix-huit Sœurs, dont trente-deux employées au chef- lieu. Elle a cinquante-

sept établissements , dont six dans le diocèse du Mans, onze dans celui de Blois, quatre dans celui d’Orléans , cinq dans le diocèse de Chartres , deux dans le diocèse de Beauvais, quatorze dans celui de Rennes, cinq dans celui d’Angers, trois dans celui de Saint - Brieux , quatre dans celui de Tours, un dans le diocèse de Poitiers, un dans celui de Versailles, et un dans celui de Quimper.

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