DAMES DE LORETTE
Les jeunes filles qui arrivent dans les grandes villes avec le dessein de s’y placer, peuvent, si elles n’ont point d'asile, en attendant qu’une place se présente, courir les plus grands dangers , et se perdre sans retour. C'est donc une salutaire pensée qui a inspiré les Dames, dites de Lorette, à Bordeaux, lorsqu’elles ont ouvert un établissement où elles reçoivent gratuitement toutes les filles âgées de quinze ans, et dont la conduite a été sans reproche. Elles les admettent à l’épreuve pendant un mois et les gardent ensuite, jusqu'à ce qu'elles puissent les placer convenablement. Les Sœurs pourvoient à cette dépense avec les secours de la charité, ou par le produit du travail de ccs
filles. Elles leur donnent l'exemple du désintéressement, du travail et de la piété, et, après les avoir placées, elles continuent à entretenir avec elles des relations , et à les aider de leurs conseils , prêtes à les reprendre, s’il en était besoin. Les autorités ecclésiastiques et civiles de Bordeaux ont apprécié le zèle et les services des Dames de Lorette : il en existe deux maisons dans le diocèse, l’une à Bordeaux, eL l’autre à Pauillac. En 1824, on entreprit, avec l’agrément de l’archevêque , de fonder à Paris un établissement du même genre : la maison , en faveur de laquelle on sollicita la charité des fidèles , est située rue du Regard.