ONT UN BUT IDENTIQUE
S'il nous fallait parcourir avec detail l'histoire de toutes les congrégations religieuses établies en France depuis le dix -septième .siècle, nous ne le pourrions qu'au risque de tomber dans des répétitions fastidieuses, et de surcharger nos pages de dates et d’indications qui parient peu à l'esprit. Notre but est rempli , ce semble, dès que nous avons insisté sur l'établissement des congrégations-modèles, et que, citant les noms des autres , nous permettons au lecteur de conclure, par voie de comparaison, que le bien produit par celles-là est renouvelé par celles-ci. D'ailleurs, il faut bien le dire, des renseignements assez exacts ne nous ont pas été donnés sur chacune des congrégations qui vont suivre , pour que nous puissions leur consacrer une notice de quelque étendue; mais c'est un travail auquel nous nous prêterons avec joie , dès que la lecture de cc volume aura engagé les fondateurs ou les chefs actuels de ces congrégations à nous communiquer les documents qui nous manquent.
1212.— Des Sœurs hospitalières du Saint -
Esprit, établies en 1212, à Poligny, diocèse de Saint - Claude, y desservent l’hospice.
Celui de Neufchâteau, diocèse de Saint- Dié, est desservi par des Sœurs du même nom.
Nous ajouterons qu'un évêque de Saint- Brieux avait fondé une congrégation de charité, sous le nom de Filles du Saint-Esprit.
Mais, comme ces religieuses étaient vêtues de blanc, elles étaient ordinairement appelées Sœurs -Blanches. La révolution leur avait fait éprouver des pertes ; mais cette congrégation, qui languissait, a repris ensuite avec un nouveau zèle ; elle fournit de précieuses ressources à la Bretagne pour l'éducation des filles et pour le soulagement des pauvres et des malades.
1615. — Les Sœurs de la Doclritte chrétienne, dites Fatelottes, du nom de leur premier fondateur, établies en 1615 pour le soulagement des malades et l'instruction gratuite, ont leur chef- lieu et leur noviciat à Nancy ; dès 1807, elles étaient au nombre de cent soixante -dix et avaient recouvré quatre-vingt-dix-huit établissements.
Aujourd'hui , elles sont au nombre de plus
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de quatre cents, dont une partie hors du diocèse ; elles possèdent cent quatre-vingts établissements dans les trois départements de la Meurthe, de la Meuse et des Vosges, et dix -huit dans les départements circonvoisins; enfin elles donnent l'instruction, et inspirent la piété à plus de quinze mille cinq cents enfants du sexe. Celte congrégation reçoit du gouvernement un secours annuel de deux mille francs.
16215. — Les Dames du Verbe incarné furent établies par Jeanne- Marie Chézard de Malel (11596-1670), dans le but d’houorer spécialement le mystère de l'incarnation de Jésus-Christ. Elle réunit quelques filles en 16215 , et obtint en 1635 une bulle d’U rbain VIII pour autoriser son institution. La vie de cette fondatrice a ceci de remarquable qu’elle ne fit scs vœux que peu d’heures avant sa mort. La maison de Paris , ayant négligé de solliciter des lettres patentes, fut supprimée par la suite, et il ne resta plus que cinq maisons, celles de Lyon, d’Avignon, de Grenoble, de Roquemaurc et d'Anduze. Il existe au diocèse de Limoges, à Azerables, canton de la Souterraine, et à Évaux, des Dames du Verbe-Incarné, qui soignent les pauvres à domicile , font gratuitement la classe aux filles de la paroisse, et tiennent un pensionnat de demoiselles.
16150. — Les .Va? Mrs de la Charité de Saint- Maurice , établies vers le milieu du dix-septième siècle , se consacrent au soin des malades et à l'éducation des petites filles. La maison mère et le noviciat sont à Chartres ; elles possèdent en outre vingt- deux établissements dans le diocèse. Elles envoient des sujets dans les colonies, et elles en font même vœu spécial ; aussi le ministre de la marine contribua- 1- il, en 1807 ,à leur faire obtenir, pour le noviciat, un secoursannuel de cinq mille francs. Elle ont seize Sœurs à la Martinique, aux hôpitaux du Fort -Royal et de Saint-Pierre, dix -huit à la Guade-
loupe, aux hôpitaux delà Basse -Terre et de la Pointe-à-Pitre, et sept à la Guyane française.
1632. — Les Filles sous la protection de saint Charles Borroméc datent de 16152.
Épiphane Louys, abbé d’Estival , et vicaire général de la réforme des Prémontrés, que Lairucls avait établie, prédicateur distingué, et instituteur des Bénédictines du Saint- Sacrement, fonda cette congrégation, vouée au soin des malades et des enfants pauvres.
Elle prospéra beaucoup avant la révolution, et elle s’est relevée depuis , toujours en se proposant le soin des malades, les secours à domicile, l'instruction gratuite. La maison mère et le noviciat sont à Nancy; en 1807, les Sœurs étaient au nombre de deux cent trente -une, réparties entre cinquante-cinq établissements. Cette congrégation , fort nombreuse aujourd'hui, en occupe un grand nombre; elle en a quarante -quatre dans le diocèse de Nancy , où elle soulage plus de quatre mille tant pauvres que malades; elle • y est chargée de presque tous les hospices civils et militaires, et notamment des deux maisons sanitaires pour les aliénés des deux sexes , établies, l’une à Saint-Nicolas -de- Port, et l'autre à Marévillc; enfin plus de deux mille petites filles du diocèse sont instruites dans ses écoles. Dans le diocèse de Metz, elle a trois établissements : l’un h Thionvillc, et c’est le plus considérable, l’autre à Briey, et le troisième à 31orhange, où elle dessert l’hospice civil et tient les écoles des petites filles. Elle possède même des établissements à l’étranger, notamment à Trêves, où elle occupe un magnifique hôpital, et à Coblentz. Cette congrégation reçoit du gouvernement un secours annuel de trois mille francs.
165555. — Les Sœurs de Saint- Alexis de Limoges, établies en 165515, forment la principale congrégation du diocèse. Le but de leur institution est le service des pauvres ,
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dans les hôpitaux, et l'instruction gratuite de la classe indigente. Cette congrégation, qui augmente et prospère tous les jours , a son chef- lieu et son noviciat à Limoges ; elle ne se composait en 1807 que de trente-une Sœurs et trois établissements ; mais cet état de choses a bien changé depuis ; le gouvernement y a contribue en accordant un secours annuel de quatre mille francs pour favoriser l’entrée du noviciat à des filles peu fortunées.
Vers le milieu du dix -septième siècle, François Padoue (1603- 1667) , chanoine de Chartres , y fonda une congrégation dite de la Providence. Le diocèse d’Agen vit s’établir les Sœurs dites de la Foi, qui dirigeaient des hôpitaux, instruisaient les jeunes filles, et travaillaient à la conversion des protestantes. C’est sans doute le même institut qui obtint des lettres patentes dans le diocèse de Sarlat , par le crédit de Pierre-François de beau veau , évêque de celte ville , et qui se répandit dans d'autres diocèses du Midi :
ses membres étaient connus sous le nom de la Foi, ou plutôt, ce semble, de Sainte-Foi, martyre à Agen, sous Dioclétien, et spécialement honorée en ce pays. La marquise de Mirepoix fonda des écoles chrétiennes à Cahors. L’évéquc d’AIctz institua dans son diocèse des Filles régentes , qui allaient faire l'école et le catéchisme dans les campagnes.
A Cressy, diocèse de Meaux, des Filles charitables se vouèrent , sous ce nom , à l’instruction des enfants de leur sexe. On voit s’établir des Sœurs hospitalières de Notre- Dame, à Saint-Étienne, dans le même temps que des Filles de la Propagation à Angers.
1673. — Lesô’œnrs hospitalières de Saint- Joseph, èlabVics en 1673 , dont le noviciat est à Bourg, diocèse de Belley, ont aujourd’hui plus de quatre-vingts maisons pour les écoles et les malades. Les hôpitaux de Bourg , de Chalamont, de Saint-Triviers-de-Cortoux, de Lagnieu, de Belley, de Saint-Ram-
bert, de Saint-Triviers-en-Dombes, sont tenus parcette congrégation. Plusdequatrevingts sujets se forment en ce moment dans son noviciat.
1679. — Les Hospitalières de Saint- Augustin furent instituées à Grenoble, l’an 1679, sous le nom de Notre- Dame- de- la- Charitè. Marcelle Chambon, dame Germain, fonda des Sœurs de Saint • Joseph de la Providence à Limoges.
1683. — Les Sœurs de la Providence de Sèez, où elles ont leur chef-lieu, noviciat, furent établies en 1683, pour avoir soin des malades à domicile, et donner l’instruction gratuite. Elles étaient au nombrede quarante en 1807, et possédaient déjà quinze établissements.
Les Sœurs de la Providence , de Lisieux, établies la même année, et dans le même but que les précédentes, ont leur maison noviciat à Lisieux ; elles étaient, en 1807, au nombre de quarante, réparties entre vingt -huit établissements. Cette congrégation est répandue aujourd’hui dans les diocèses dcBayeux et de Séez.
1683. — Les Sœurs hospitalières de Besançon, établies en 1683, ont leur chef-lieu et noviciat à Besançon ; elles se vouent au service des malades dans les hôpitaux, ctpossédaient, dès 1807, dix-huit établissements.
Elles portent une dot de trois cents francs de rente, et ne reçoivent de l'hôpital que la nourriture et le logement. Il y en a soixantedix-huit dans douze hôpitaux du diocèse.
La même règle est pratiquée par les hospitalières de Sainte - Marthe de Pontarlier, dont le chef- lieu et le noviciat sont à Pontarlier ; les Sœurs hospitalières de Sainte- Marthe de Dôle, dont le chef-lieu et le noviciat sont à Dôle, ont aussi le même but dans leur institution. En outre, des Sœurs hospitalières de Sainte - Marthe sont établies au diocèse d’Angoulème, à la Rochefoucauld, à Ruffec, où elles datent de 1683; au diocèse
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(Je Poitiers, à Saint -Maixcnt , au diocèse de Belley, à Châlillon-Ies-Dombes, Bagé, Pontde- Vaux , où elles datent de 1664 , Pontde-Vcylc, où elles datent de 1523, Thoissey , où elles datent de 1710 ; au diocèse de Lyon, à Villefranchc - du -Rhône, où elles datent de 1666, Charlieu , où elles datent de 1713 , Saint- Bonnet -le- Château; au diocèse de Paris, où elles datent de 1710 :
le but de leur institution y est le secours à domicile , dans les paroisses , et l’instruction des pauvres filles; enfin des Sœurs de Sainte - Marthe , dont la maison mère et le noviciat sont à Romans , au diocèse de Valence, s’occupent du soin des malades et de l’instruction des jeunes personnes. 11 y a soixante Sœurs dans douze maisons de ce diocèse , qui donnent l’instruction gratuite à plus de huit cents filles. Elles ont aussi des pensionnaires.
1685. — Les Sœurs des Écoles chrétiennes de Saint- Charles , dont nous avons, à la page 506, indiqué l'origine en 1683, ont leur chef- lieu et leur noviciat à Lyon ; elles avaient, en 1807, vingt-deux etablissements, hospices , maisons de secours à domicile , écoles gratuites. Ces Sœurs rcçoiventdu gouvernement un secours de huit mille francs pour la propagation de leur œuvre.
1698, — Les Sœurs de la Charité et Instruction chrétienne de Accers , instituées en 1698, dont le chef- lieu et le noviciat sont à Nevers, ont pour objet le service des hospices, des malades à domicile, et l’instruction gratuite. Elles possédaient, dès 1807, soixante-cinq établissements, et, au moyen des secours demandés par elles pour étendre le noviciat , elles devaient fournir cinquante Sœurs par an. Cette congrégation dirige l’hôpital général de Nevers, et compte huit autres établissements dans le diocèse :
Sainte-Saulge , Saintc-Pierrc-lc-Moutier, Cosne , Donzy , Clamecy , Varsy , Château- Chinon et Moulins- en- Gilbert ; elle en a
d’ailleurs plus de cent au dehors. L’évéque de Nevers en est le supérieur général.
1703. — Les Filles de la Sainte - Trinité furent établies à Paris , en 1703, et les Filles do Sainte- Aure, en 1705. A, Metz, une Maison de Refuge , du nom de Saint-Charles, fut créée en 1705, parles soins de l’évéque , duc de Coislin.
1724. — Les Sœurs de la Charité de Janville, au diocèse de Chartres, où elles ont leur chef- lieu et leur noviciat, datent de 1724. Leur institution a pour but le soiudes malades, les secours à domicile, l'instruction gratuite. Dès 1807 , elles possédaient vingt établissements.
1729. — Les Sœurs hospitalières d’Ernemont, dont la véritable dénomination était celle de Sœurs des Écoles chrétiennes ou du Sacré-Cœur, étaient plus connues du peuple sous le nom de Capotes, à cause d’une espèce de coiffe qu’elles portaient , et à laquelle elles ont renoncé depuis. Ces Filles, consacrées aux soins des pauvres malades et à l'instruction des enfants, établirent leur première maison à Rouen , sur la paroisse Saint-Godard; elles y élevèrent une chapelle, et obtinrent des lettres patentes en 1729.
Elles ne faisaient que des vœux simples. Des personnes pieuses les ayant favorisées, elles formèrent successivement un grand nombre d’établissements dans le diocèse. Depuis la révolution, leur maison noviciat , qui est la plus nombreuse, se releva à Rouen; ellesmêmes s’étaient multipliées, dès 1807, au nombre de cent trente, disséminées en cinquante-quatre établissements, et c’est aujourd’hui la congrégation la plus répandue dans la haute Normandie. Le gouvernement lui accorde un secours annuel de six mille francs.
1766. — Les Sœurs hospitalières de Saint- Roch de Felletin, au diocèse de Limoges, furent instituées en 1766. Elles sont au nombre de quinze. Elles ont acquis un beau
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local à Fcllctin, qui est leur maison novicial ; elles y tiennent un pensionnai nombreux, instruisent gratuitement les pauvres filles üc la ville , et soignent les malades de l’hospice.
1773. — Les Sœurs du Saint - Sacrement de Mâcon, établies en 1773, dont le cheflieu et le noviciat sont à Mâcon, diocèse d’Autun, étaient en 1807 au nombre de soixante, et avaient onze établissements : instruction gratuite, secours à domicile, service des hôpitaux , tel est le but de leur institution. Ces Sœurs apportent une dot de mille francs.
A ces congrégations , dont nous avons eu soin de marquer l’origine, nous en joignons plusieurs, sans indiquer l’cpoque précise de leur première institution, qui nous est inconnue.
Les Sœurs de la Providence d’Évreux, dont la maison novicial est à Évreux , sont au nombre de cent soixante environ. Elles vont faire les petites écoles dans les villes et les campagnes où elles sont demandées , et desservent plusieurs hôpitaux, entre autres ceux de Louviers , de Couches , de Bourgachard , de Pacy- sur- Eure ( diocèse d’Évreux ), et d’Auxerre (diocèse de Sens ).
Les Sœurs de la Providence de Strasbourg, où est leur chef -lieu, noviciat, ont pour objet le service des hôpitaux et l'instruction gratuite. Au moyen du secours annuel de cinq mille francs, qu’on leur assigna, elles augmentèrent progressivement leurs maisons , qui étaient au nombre de trente en 1807, et eurent bientôt quatre cents sujets.
Cette congrégation est la principale du diocèse.
Les Sœurs de la Charité de Bourges, dont le chef- lieu et le noviciat sont à Bourges , se consacrent au service des hôpitaux, à porter des secours à domicile, et à instruire la classe indigente. Elles étaient, en 1807 , réparties au nombre de quarante -six dans quatorze établissements ; comme les deman-
des pour des maisons nouvelles se multipliaient, elles sollicitèrent un secours annuel dequatremille francs , qui leur fut accordé.
Les Sœurs de l’hôpilai général de Bourges ont soin de quatre cents pauvres infirmes et enfants trouvés des deux sexes.
Les Sœurs de la Charité de Besançon, où se trouve leur maison noviciat, ont la même institution que les Filles de Saint- Vincent de Paul, et elles rendent les plus grands services. Il y en a cent cinquante- cinq dans le diocèse. Ces Sœurs reçoivent du gouvernement un secours annuel de huit mille francs.
Les Sœurs de la Charité de Tours ont dans celte ville le noviciat et l’hôpital général, et beaucoup d’autres établissements dans divers diocèses. Celte congrégation reçoit du gouvernement un secours annuel de quatre mille francs.
Les Sœurs de Saint- Joseph , établies par madame Javouhcy , leur supérieure générale, ont leur maison chef-lieu à Cluny, diocèse d’Autun. Cette congrégation, répandue dans plusieurs diocèses de France ( dans celui de Beauvais, par exemple, où elle a un noviciat à Bailleul-sur-Therrain), fournit aussi des sujets pour les colonies. Elle en a vingt -deux à la Martinique, sept à la Guadeloupe , onze à la Guyane française , quatre à Saint-Pierre et Miquelon , sept dans les établissements frauçais de l’Inde, vingtquatre à l’tle Bourbon, seize au Sénégal, qui remplissent dans ces colonies les fonctions d’hospitalières et d’institutrices.
Les Sœurs de la Retraite chrétienne ont été établies par un saint prêtre appelé le Père Charles. Ce pieux fondateur, indépendamment des Sœurs de la Retraite , vouées à l’enseignement et aux œuvres de miséricorde, a formé aussi une société de prêtres qui s’est rendue utile en Provence. Les Sœurs ont au Grand -Montrouge, près de Paris, une communauté composée d’environ cin-
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quan le-cinq membres, qui tiennent un nombreux pensionnat d'enfants peu fortunés; c'est une maison pauvre dont le régime est austère.
Des Sœurs de la Nativité , établies au diocèse de Valence, tiennent, indépendamment d'un pensionnat pour les demoiselles , un pensionnai séparé pour les jeunes orphelines, ou fiilcs peu fortunées , qui, outre l'instruction religieuse, la lecture, l’écriture et le calcul , y apprennent gratis des métiers.
La maison de Valence renferme vingt-deux professes , huit novices , trente demoiselles pensionnaires; celle de Crest, vingt professes, cinq novices, vingt -cinq pensionnaires; celle de Saint- Vallier, vingt-cinq professes, six novices, trente -six pensionnaires ; et, dans ces trois établissements , plus de trois cents orphelines ou filles peu fortunées sont logées, instruites, exercées à des métiers, sans aucune rétribution.
Des Dame g de Saint -Just ou du Saint- Sacrement ont leur maison mère et leur noviciat à Romans, au diocèse de Valence.
Elles se partagent entre l'enseignement et le service des malades. Leur maison mère contient un nombreux pensionnat de demoiselles; indépendamment de cet établissement, elles régissent l’hôpital général de Valence, cl elles possèdent quatorze maisons dans le reste du diocèse , et seize autres dans ceux de Mende etd’Avignon. Dans chaque établissement est une école gratuite, un hospice; onze à douze cents malades reçoivent leurs soins. Pour suffire à tant de travaux , elles ne sont que cent douze professes.
Des Dames de la Sainte - Trinité ont leur maison mère à Valence : c’est là que se forment les sujets qu’on envoie dans un grand nombre dediocèses : Digne, Bayonne, Saint- Flour, Mende, Grenoble, etc. Néanmoins, le diocèse de Valence n’a que six maisons ; les principales sont Monlélimart et Crest, ou se trouve un pensionnât de trente demoi-
selles , et où plus de cent orphelines reçoivent l'instruction gratuite. Les Dames de la Sainte-Trinité tiennent les hospices civils et militaires, etsecourent à peu prèsqualrc cents malades à Crest , Monlélimart et Valence. Elles sont en tout cent douze professes, quatre cents ou novices ou prétendantes.
La congrégation de la Mèrede Dieu, fondée par madame de Lezeau , qui en est supérieure générale, a son noviciat unique rue Picpus , à Paris. Cette congrégation a pour objet l'éducation et l’instruction des jeunes personnes, la maison de Picpus renferme un excellent et nombreux pensionnat; les Dames desservent, d’ailleurs, la maison royale d'éducation pour les filles des membres de la Légion d'honneur, établie rue Barbette , comme première succursale de la maison de Saint -Denis.
Vers 1810, une association précieuse de dames fut fondée à Aurignac , diocèse de Toulouse , sous le titre de Dames du Bon- Secours, dans le but de donner à la jeunesse une instruction chrétienne, de servir les pauvres malades , et de pratiquer , en général, toutes les œuvres de charité et de miséricorde. En 1814, cette association était composée de neuf membres, cinq Dames et quatre Sœurs ; elle avait pour première supérieure madame la baronne de Benque, née Bernard de Marigny , et veuve ; son fondateur était l’abbé Dcsentis, qui remplissait les fonctions d’aumônier de l'association. L’archevêque de Toulouse, se trouvant en cours de visite , approuva cette société, placée sous le patronage de saint Vincent de Paul, dont elle voulait imiter la charité et à qui elle dédia une chapelle.
Elle fit imprimer son règlement, et, en le suivant avec exactitude , ne tarda point à opérer de grands biens à Aurignac.
Les établissements de charité et de piété se sont multipliés à Toulouse, d'une manière qui fait honneur au bon esprit de ses
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habitants. Des dames y ont formé , sous le nom de la Compassion de la Sainte Vierge, une association pour le soulagement des besoins spirituels et corporels du prochain.
Elle embrasse trois objets : l’instruction , le pansement des plaies, le soulagement des pauvres. Sous la direction des ecclésiastiques qui l’ont fondée et soutenue, elle a ouvert un pensionnat, établi des écoles gratuites, et fait chaque semaine de nombreuses distributions aux malheureux.
Une élève de l'abbé de l’Épée, mademoiselle Bluin, fonda à Angers, il y a cinquante ans environ, un établissement de sourds-muets. Mademoiselle Bluin traversa les temps les plus fâcheux , dirigeant toujours son école ; en 1818, elle y attacha une congrégation de Filles pieuses , pour soutenir et diriger son œuvre. Cette congrégation , approuvée par l’autorité ecclésiastique, est sous l’invocation de Notre-Dame des Sept-Doulcurs, et porte le nom de Sœurs pour les Sourds- Muets. Une ordonnance , rendue en décembre 1824, a réglé que le département de Maine-et-Loire, et douze autres départements circonvoisins , fourniraient à l’entretien de trente -six élèves de cette école, pris dans ce territoire.
La congrégation du Sacré-Cœur (Chanoinesses de Saint- Augustin) a été fondée par M. l’abbé Coudrin , grand vicaire de Rouen , de concert avec madame Evmer de la Chevallerie. Elle a commencé à Poitiers, et est vouée au culte du Cœur de Jésus et de Marie. Cette congrégation a des maisons d’hommes et d’autres de femmes ; elle pratique l’adoration perpétuelle. Les hommes ont un collège à Laval , et le château de Uautcfolie, dans le voisinage de cette ville, est occupé par les religieuses ( dites encore Zélatrices ), qui y tiennent un nombreux pensionnat pour les jeunes personnes. Madame Eymcr de la Chevallerie est à la télé de l’établissement situé à Paris, rue Picpus,
au faubourg Saint- Antoine; on s’y livre à l’éducation charitable, et il y a une classe très-nombreuse et une fort modique pension. Les ressourccsde l’établissement même suffisent à l’entretien de près de quatre cents personnes des deux sexes, et offrent encore la possibilité de faire des acquisitions.
Cette congrégation, fondée par l’abbé Coudrin , ne doit pas être confondue avec Y Ordre des Dames du Sacré-Cœur, ou de la Foi, dont nous dirons un mot pour préciser mieux la différence des deux instituts.
On sait qu’avant le rétablissement des Jésuites par Pie VII en 1814, des associations formées sous le nom du Sacré-Cœur et de Pères de la Foi préparaient cette restauration de l’illustre Compagnie. A l’instar de ces pieuses congrégations, s'établit celle des Dames du Sacré-Cœur ou de la Foi. Leur règle , sauf les modifications commandées par la différence du sexe, est tout à fait calquée sur celle des Jésuites, en sorte qu’on pourrait les regarder comme la continuation , ou plutôt comme le perfectionnement de ces Jésuitesses établies en Flandre et en Italie, mais qu’Urbain VIII ne laissa point se consolider. En multipliant les institutrices pour les campagnes et pour les classes peu aisées, il eût été imprudent de ne pas fournir aux villes et aux classes riches les secours nécessaires , ou du moins de ne pas mettre ces secours en proportion avec les besoins.
C’est là le but des Dames du Sacré-Cœur, dont le chef- lieu est à Paris, rue de Varennes, et qui ont des maisons à Amiens, à Autun, à Beauvais, à Besançon, à Chambéry, à Grenoble, à Lyon, au Mans, à Metz, à Niort, à Poitiers, à Quimper, à Rome, etc. , et jusqu’en Amérique.
Indépendamment de leurs pensionnats , ces religieuses ont , suivant les lieux , des écoles gratuites pour les enfants pauvres, et des logements pour les dames qui veulent y faire des retraites. La maison de Paris,
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précédemment rue des Postes, a été transportée en 1820 à l’hôtel Biron , rue de Vareunes , qui leur offre un bâtiment vaste et commode, un grand enclos, un air salubre ; mais ce sont là les moindres avantages d’une institution qui prospère surtout par la sagesse et le bon esprit des religieuses : le pensionnat occupe le grand hôtel , et le petit est consacré au couvent. La supérieure, madame Barat,est une femme du plus haut mérite. Des dames d'une illustre naissance, mesdames de Grammont, deMarbeuf, etc. , se sont retirées dans cet institut.
De pieuses demoiselles travaillaient depuis quatorze ans , à Niort , à élever des orphelines et des filles pauvres, à leurapprendre un état, à les former à la vertu. Mais, pour perpétuer leur œuvre, mesdemoiselles Neschain désirèrent s’établir en congrégation. L’autorité ecclesiastique acquiesça à leur demande. M. l’évéque de Poitiers se rendit à Niort le 30 août 1833 , et il érigea la nouvelle communauté sous le nom de Filles du Cœur de Marie. Outre les trois vœux ordinaires de religion , ces dames en font un autre de se consacrer à l'éducation des orphelines et des filles pauvres. Elles les gardent dans la maison jusqu’à dixhuit ans , et on les y reçoit même par la suite en cas d’infirmités. L’établissement compte en ce moment dix- neuf orphelines cl plus de quarante filles indigentes.
Le tableau chronologique que nous avons déroulé dans ce chapitre est loin sans doute de comprendre , même avec des indications sommaires, toutes les congrégations hospitalières ou enseignantes qui couvrent le sol de la France. Ne nous en plaignons pas. Heureux le pays où l’on ne peut compter
toutes les sources du bien-être ! Au sortir de la première révolution, il n’était que trop facilededresser l’inventaire des institutions qui avaient plus ou moins échappé à l'orage; l’embarrasque nous éprouvons aujourd’hui à former cette nomenclature , et surtout à y mettre de l’ordre, nous console des désastres qui affligèrent l’état religieux à la fin du dernier siècle, et nous rassure sur sa destinée à venir. Il est donc vrai que les anciens instituts ont essayé partout de se rétablir à côté des nouveaux ! Il est donc vrai que la France est enlacée dans les bras de la charité, environnée des pures lumières que lui présente la vertu! Vainement, égarée par les passions, se débat -elle contre l’ascendant réparateur de la religion ; chaque jour cette religion fait un pas de plus , chaque jour la lutte lui devient plus favorable : car, les esprits s'éclairant surtout par Yerpérience, les faux préjugés se dissipent, les bonnes doctrines paraissent moins sévères , et la charité semble plus aimable. Grâces vous soient rendues, 6 mon Dieu, de ces bienfaits que votre main nous a prodigués depuis trente ans! C’est elle qui a relevé les instituts religieux, ouvert des retraites au repentir , donné des mères aux orphelins, des servantes aux pauvres et aux malades, des institutrices à l’enfance. Grâces vous soient rendues; car cette divine sollicitude nous annonce que le trésor de vos miséricordes ne nous est pas fermé, malgré nos erreurs, et que l’espoir est encore permis à la génération qui s’élève!
Puissc-^-elIe, par sa reconnaissance, vous dédommager de notre ingratitude , et par son amour et sa fidélité . vous consoler de notre indifférence !