HOSPITALIERS DD SAIXT- ESPRIT
Indépendamment des moines de Saint- Antoine, il se forma, sur la fin du xii c siècle, un institut pour le soulagement des pauvres, des infirmes et des enfants trouvés ou abandonnés, qui nous semble tenir le
milieu entre ces moines et les hospitaliers de Saint-Jean-de-Dieu. C’est l’ordre de religieux hospitaliers et de religieuses*/»* Saint- Esprit , fondé par Gui , fils de Guillaume , comte de Montpellier. Gui se dévoua lui-
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JUSQU’A L’ÉTABLISSEMENT DES ORDRES MENDIANTS
même à cette œuvre de charité . avec plusieurs autres coopérateurs, prit comme eux l'habit hospitalier, et leur donna une règle.
Cet institut fut approuvé et confirmé, l'an 1198, par Innocent III, qui voulut avoir à Rome un hôpital semblable à celui de Montpellier, et le nomma de Sainte- Marie-en-Saxe. Lorsqu’il y en eut un certain nombre , la maison de Rome fut censée être le chef-lieu au delà des monts ; mais celle de Montpellier demeura chef de l'ordre en deçà, et sans aucune dépendance de la première. Les papes, successeurs d'KugènellI, accordèrent plusieurs privilèges aux hospitaliers du Saint-Esprit. Eugène IV leur donna la règle de saint Augustin, sans déroger à leurs constitutions primitives.
Aux trois vœux de religion , ils en ajoutaient un quatrième, de servir les pauvres, conçu en ces termes : «Je m'offre et me donne à Dieu, au Saint-Esprit, à la sainte Vierge, et à nosseigneurs les pauvres , pour être leur serviteur pendant toute ma vie , etc. »
Nos rois les protégèrent ; il s’en établit un assez grand nombre de maisons en France ; peu à peu ils prirent le titre de chanoines
réguliers. Ils portaient sur l’habit noir, au côté gauche de la poitrine, une croix blanche double et à douze pointes. Leur dernier général ou commandeur , en France, a été le cardinal de Polignac ; après sa mort , on leur a ôté la liberté de prendre des novices et de les admettre à profession ; ils ne subsistaient plus dans le royaume , avant la révolution de 1789.
On ignore à quelle époque ils s’associèrent des religieuses pour prendre soin des enfants en bas âge; celles-ci faisaient les mêmes vœux , portaient la même marque sur leur habit, et continuèrent d’élever les enfants trouvés. La Provence, la Bourgogne, la Franche-Comté, la Lorraine, possédaient de leurs maisons. Quelques villes de ces provinces avaient même autrefois des confréries du Saint-Esprit, dont l’objet était de procurer des aumônes aux hôpitaux de l’ordre.
Heureuse France! tous les peuples lui envient la gloire d’avoir produit saint Vincent de Paul; et elle peut, en leur montrant les Gui , les Gaston , etc. , proposer à leur admiration de dignes précurseurs du héros de la charité.