‹ Histoire des ordres religieuxChapitre 4 sur 113 · ASCÈTES · texte numérisé non relu

ASCÈTES

Vers le milieu du xi° siècle seulement, quelques membres de la grande société, cherchant à se distinguer par une pratique plusrigoureusedu christianisme, donnèrent insensiblement naissance à la vie ascétique.

L’objet des ascètes était de ne point se borner à observer les commandements du christianisme , mais d’arriver, en se conformant à certains conseils évangéliques, à une piété plus exemplaire. Celui qui , indépendamment de l’usage du vin et de la viande, renonçait encore soit au mariage, soit à l’exercice du droit conjugal, pouvait se promettre d'être singulièrement agréable à Dieu. Cette force d’abnégation de soi-même, ce mépris de plaisirs qui ne flattent que les sens, nous arrachent une admiration involontaire , quoiqu’ils contrastent, en apparence, avec

1 C’est pour cela, sans doute, que Pline les admirait comme une nation immortelle , et où cependant il no naissait personne.

la destination ordinaire de l’homme. La vie des ascètes supposait un détachement de ses semblables , fondé ou sur un penchant inné vers la solitude, ou sur le dégoût que soulevait , dans une àmc vertueuse , le spectacle d’une société corrompue ; et néanmoins l’isolement absolu du monde n’en était pas la condition nécessaire.

Aussi faut-il conclure que , dans les premiers temps , le nom d’ascètes et celui de moines n’étaient point synonymes; il y a toujours eu des ascètes dans l’Église , et la vie monastique, au contraire, n'a commencé à y êlrc en honneur qu’au iv e siècle. D’autres différences existaient , d’ailleurs, entre les anciens moines et les ascètes. Seulement , à mesure que la vie monastique a été mise en honneur, et regardée comme plus parfaite que la vie commune, le nom d’ascètes est demeuré aux moines. On l’a aussidonné à des religieuses. En conséquence, on a appelé asceteria les monastères , mais sur-

tout certaines maisons dans lesquelles il y avait des moniales et des acolytes, dont l'office était d’ensevelir les morts. Les Grecs

donnent généralement le nom d’ascètes à tous les moines , soit anachorètes ou solitaires, soit cénobites.

Page 1