ORDRE DE LA PÉNITENCB DE LA MADELEINE
Le libertinage conduit à la misère, la mi- que des refuges se soient ouverts pour les sère au repentir ; il n’csl donc pas étonnant malheureuses victimes de la débauche.
L’Allemagne a donné, à cet égard, un exemple que d’autres pays ont imité, les capitales surtout; car n’est -ce pas là que se trouvent des femmes qui ont sacrifié leur bien le plus précieux , la chasteté , à une sensualité impure?
Ces couvents, situés en différents lieux, n’étaient point réunis par un lien commun ; seulement, ils empruntèrent tous leur nom à sainte Madeleine , modèle des pécheresses pénitentes. D'après les constitutions auxquelles elles étaient soumises , on ne recevait , dans ces maisons , que des filles ou femmes qui avaient mené une vie déréglée: il était défendu, sous peine d’excommunication, d’en admettre d’autres. Un assez grand nombre de ces asiles s’éloignèrent plus tard de leur destination primitive, au point de ne recevoir plus que des filles chastes et vertueuses. Le nom de pénitentes, qu'elles conservaient, n'indiquait alors que le changement de la vie douce et commode qu’offre le monde, contre la vie austère que ces filles généreuses embrassaient dans le cloître.
L’orrfre de la Pénitence de la Madeleine, en Allemagne , est antérieur aux établisse-
ments analogues fondés à Naples en 1324, à Metz en 1432 , à Paris en 1492 , à Rouen et à Bordeaux en 1618, etc., etc.
Il y a ordinairement dans ces monastères trois sortes de personnes. La première congrégation comprend celles qui, après un temps d’épreuves suffisant , sont admises à embrasser l’état religieux : elle porte le nom de la Madeleine. La congrégation de Sainte- Marthe, qui est la seconde, est composée de celles qui ne peuvent être admises à faire des vœux. Enfin la congrégation du Lazare comprend celles qu’on a placées dans ces maisons, par force et pour correction.
Il est bon de faire remarquer, avec Bcrgier, « que la plupart des établissements charitables dont nous parlons, ont été formés dans des siècles où l’on ne se piquait pas de philosophie ; mais ils n’ont jamais été plus nécessaires que dans le nôtre, depuis que les prétendus philosophes ont travaillé de leur mieux à augmenter la corruption des mœurs , et ont étouffé dans les femmes les principes de religion, afin de leur ôter plus aisément la pudeur *. »
1 Diction, théolog., v° Magdelonnettes.