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partout de petits séminaires, excepté à Nantes, au Puy, à Reims et à Tulles. Le diocèse de Limoges avait un petit séminaire à Magnac. Les prêtres de Saint-Sulpicc étaient donc chargés de quinze grands séminaires, de onze petits, et en outre de cinq séminaires qu’ils avaient à Paris , et de celui de Montréal au Canada , qu’ils possédaient depuis l’origine. M. Olier, leur fondateur, formé lui -même à l’école de saint Vincent de Paul , leur avait transmis son esprit et son zèle.

Le P. Eudes (1680), prêtre respectable, avait établi au dix-septième siècle une congrégation fort répandue en Normandie et en Bretagne , mais qui n’avait que deux maisons hors de ces provinces. LcsEudistes étaient chargés des séminaires d’ Avranchcs, de Caen , au diocèse de Bayeux , de Blois , de Coutances (et de plus, au même diocèse, du séminaire de Valognes), de Dol, d’Évreux , de Lisieux (grand et petit), de Domfront, au diocèse du Mans, de Rennes ( grand et petit), de Rouen , de Sécz et de Senlis; en tout quinze maisons, sans compter celle de Paris, qui n’était guère qu’un lieu de retraite.

D’autres congrégations dirigeaient aussi des séminaires; par exemple, les Prêtres de la Doctrine Chrétienne , fondés par le bienheureux César de Bus, au dix-septième siècle, occupaient ceux de Bayonne, de Condom, de Gap, de Mende, de Nîmes, d’Orangc et de Tarbes, indépendamment des collèges qu’ils tenaient dans leurs trois provinces de Paris, de Toulouse et d'Avignon : leur maison principale était celle de Saint- Charles à Paris. D’un autre côté, l’Oratoire, quoiqu’il s’attachât de préférence à la direction des collèges, était pourtant chargé des séminaires de Châlons- sur- Saône (grand et petit) , de Dijon , de Grenoble, de Lyon, de la Dalbade, à Toulouse, et de Vienne. Les Barnabiles n’avaient que celui de Bazas. Les

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CONGRÉGATIONS RELIGIEUSES D’HOMMES

Prêtres du Saint- Sacrement tenaient ceux de Thicrs, au diocèse de Clermont, de Vaison et de Valence. Les prêtres du séminaire du Saint-Esprit possédaient celui de Meaux.

Des missionnaires, appartenant à diverses associations, avaient le séminaire de Sainte- Garde à Avignon, un à Limoges, un à Mende, deux à Périgueux, le grand et le petit, deux à Poitiers, un à Sistcron, un à Toulouse.

Celui de Besançon était occupé par une association de douze prêtres qui se recrutaient dans le diocèse , et qui ne s’étendaient pas ailleurs. A Laon, les prêtres de Saint-Nicolas de Paris possédaient le séminaire épiscopal. A Lyon, une congrégation, dite des Joséphites, dirigeait un pareil établissement.

Outre les congrégations, des prêtres, qui ne formaient pas corps, régissaient aussi des séminaires, quarante-deux grands pour la théologie, et treize petits. Des établissements analogues existaient d'ailleurs, pour les prêtres infirmes, tels que la maison de Saint-François-de-Salcs, fondée récemment à Paris; le séminaire de Sainle-Austrcmoine,

au diocèse de Clermont ; celui de Saint-Charles, au diocèse du Mans; celui des Missions et des Prêtres infirmes, à Chirac, diocèse de Mende ; celui de Saint-Louis, à Rouen. On a pu remarquer, enfin , dans le tableau précédent, que plusieurs villes possédaient plus d'un séminaire; très-peu de diocèses, et encore c’étaient les plus petits , manquant de ces établissements utiles , étaient obligés d'envoyer leurs sujets dans des séminaires voisins.

De compte fait, l’Église de France possédait donc, au moment de la révolution, ccut soixante grands séminaires et plus de quarante petits : dans ce calcul n’entrent pas un grand nombre d’institutions formées par les évêques pour les premières études des aspirants à l’état ecclésiastique, comme les écoles établies par les curés, les collèges où l’on enseignait les humanités, et même la philosophie. Il a suffi d’un moment pour disperser les élèves , proscrire les maîtres , abattre et convertir en des usages profanes ces beaux cl vastes bâtiments.

EN6EIÜXRMEXT PRIMAIRE.

A partir du chapitre II , ce livre traitera des congrégations religieuses qui ont pour objet la direction des séminaires ou des missions, en suivant l'ordre chronologique ; car il nous a paru inutile, pour ne pas dire impossible, de subdiviser la matière, puisque telle congrégation se propose l’un et l’autre objet , et que , quant aux missions , tel institut qui se livre aux missions intérieures, se livre aussi aux missions étrangères.

Mais les XIII e et XIV e chapitres sont réservés aux congrégations enseignantes, à ces hommes vraiment apostoliques qui, à l’exemple du Sauveur, laissent venir à eux les petits enfants : Sinite parrulo» rentre ad

me, à ces bienfaiteurs de la jeunesse , qui se répandent dans les villes et les campagnes :

Ite et docete omîtes gentes, et surtout à ces Frères de la Doctrine Chrétienne, à ces bons Frères lgnorantina qui savent tout, puisqu’ils possèdent l’art suprême d’inspirer aux enfants, par des moyens aussi efficaces que simples, l'amour de Dieu, l’amour des parents, et l’amour du travail. Oh ! que nous aurions voulu pouvoir ajouter à leur notice des renseignements détaillés sur toutes les congrégations particulières érigées par les évêques, dans la plupart des diocèses, pour arracher nos enfants aux précipices de l’immoralité et du libertinage où chaque jour

FORMÉES EN FRANCE DEPUIS LE DIX -SEPTIÈME SIÈCLE

les plonge une éducation plus que païenne, dont il n’y a point d’exemples chez les peuples civilisés! Mais, outre que ces renseignements eussent grossi sans mesure ce volume, pouvions -nous les solliciter sans indiscrétion, à une époque où les événements ne justifient que trop la circonspection de nos premiers pasteurs?

Espérons toutefois que le gouvernement n’obéira pas aux funestes conseils dont les passions l’environnent, et que, comme la philosophie s’est montrée aussi faible qu’aveugle dans sa fureur de destruction, il voudra prouver qu’il est puissant et fort eu encourageant ces corporations religieuses ,

aussi utiles qu'honorables à l’humanité : monuments vénérables du bon sens et de la vertu de nos pères, moyens uniques de faire à moins de frais le plus grand bien possible, et que n’ont pu remplacer , à l’époque de notre première révolution, ni nos musées, ni nos lycées, ni nos pry fanées, n i nos athénées, et autres burlesques imitations de la Grèce ou de Rome, inventées pendant dix ans pour distraire la France de scs malheurs ou de ses crimes. Ces congrégations leur ont survécu; elles survivront aussi à ces méthodes rivalesdout le moindre inconvénient est de former des machines à lire, sans former des chrétiens.

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