SÉMINAIRE DES MISSIONS ÉTRANGÈRES
L’évèché de Babylonc ayant été institué sur !c désir et par les libéralités d'une trèspieuse veuve, madame Ricouart, Jean Duval , religieux de l’ordre des Carmes -Déchaussés , sous le nom de Père Rernard de Sainte -Thérèse, en fut nommé premier titulaire l'an 1638. Le nouveau prélat se rendit en Perse, où sa présence produisit le plus grand bien ; mais il crut devoir revenir ensuite pour instruire le cardinal de Richelieu de l’étal de In mission d'Ispahan, desservie par les Carmes depuis le commencement du siècle, et pour solliciter l’établissement d’un séminaire qu’il jugeait necessaire au soutien de cette mission. Mais le cardinal était mort quand l'évèque arriva en France. Toutefois , celui-ci ne perdit pas de vue son projet : il acheta, dans la rue du Bac, à Paris, un terrain où il se proposait de fonder un séminaire , et c’est à lui qu’une rue adjacente emprunta le nom de Babylonc. Ayant obtenu du pape une dispense de résider en Perse, il s'occupa activement de l'établissement, cl donna pour cette fin sa chapelle,
ses meubles et sa bibliothèque. Vincent de Meurs, Armand Poitevin, et Michel Gazil, tous prêtres, s’unirent pour commencer l’œuvre, qui fut approuvée par le cardinal légal Chigi, l’archevêque de Paris et l'abbé de Saint -Germain -des -Prés, et autorisée par lettres patentes du 27 juillet 1663. Plusieurs personnes, entre autres les évêques de Béryte et d’flétiopolis , y concoururent par des dons, et Louis XIV y joignit quinze mille livres de rentes; quelques bénéfices ayant été unis au séminaire, il se trouva ainsi en état (l’assurer une pension aux missionnaires et aux catéchistes, et de pourvoir aux dépenses d’un séminaire qu’on venait d'établir à Siain , et qui devint comme le centre des missions de l'Orient. On procédait tous les trois ans à l’élection des supérieurs; les premiers furent l’abbé Gazil, de Meurs, Lucas Fcrmancl, Louis Tibergc, Jacques-Charles de Brisacier, etc. Les prêtres des Missions Étrangères, comme ceux de Saint-Lazare et du Saint- Esprit, après avoir subi l’épreuve de la révolution, se
CONGRÉGATIONS RELIGIEUSES D’HOMMES, ETC
réunirent sous Bonaparte, qui, en 1804, leur rendit un abri et leur assigna une dotation de quinze mille francs; bienveillance éphémère, car elle fut suivie, en 1800, d'une persécution nouvelle. En 1813, la congrégation des Missions Étrangères, dont la maison rue du Bac n'avait point été vendue, se trouva, par celte heureuse circonstance, en mesure de reprendre ses travaux et de recevoir des sujets ; aussi a-t-elle fait, dans ces dernières années , de grands efforts en faveur des missions d’Orient. Eu 1824, il y avait vingt-cinq missionnaires dans les contrées qu’elle alimente; il s’en trouve aujourd’hui cinquante-trois ; accroissement d'autant plus opportun, que les communications deviendront peut-être moins faciles , et que le séminaire est menacé de perdre presque toutes ses ressources. Le gouvernement de juillet 1830 a déjà porté atteinte à la subvention annueliequi lui était accordée.
Voici quel est l’état des missions où se trouvent ces cinquante-trois ouvriers évangéliques. Dans le Tong-Ring occidental , il y a environ quatre-vingts prêtres du pays , près de deux cent mille chrétiens , un séminaire, deux collèges. En Cochinchiue , environ treule prêtres du pays, cent mille
chrétiens, un séminaire, un collège. Dans le Se-Tchuen, en Chine, vingt et un prêtres du pays et cinquante mille chrétiens. I.e Fo-Kien , en Chine , a été privé de missionnaires français depuis 1808 jusqu’en 1828; il s’y en trouve un maintenant. Dans le royaume de Siam , il y a six prêtres dupays, un collège de Siamois à Bancok , capitale du roy aume, un collège de Chinois à I’oulo- Pinaug, lie du détroit de Malaca. A Pondichéry et sur la côte Coromandel, six prêtres indiens, plus de cinquante mille chrétiens, un séminaire pour les Indiens, un college pour les colons. Il y a enfin une maison de correspondance à Macao. Le nombre des catéchistes, élèves des collèges et séminaires , et autres oblats qui sont nourris et entretenus gratuitement aux frais des missions , dans toute l'étendue de ces missions , est d’environ dix-huit cents. Le Tong-Ring seul en nourrit plus de douze cents. On voit , par ces détails, que les missionnaires travaillent à convertir les idolâtres , qu’ils prennent soin des nouveaux chrétiens , cl qu’ils s'appliqueutsurtout à former un clergé composé des naturels du pays.
Le supérieur actuel du séminaire des Missions Etrangères est M. Langlois , ancien missionnaire.