GARDE, DU SAINT-ESPRIT
Des sociétés de missionnaires se formaient sur tous les points de la France; pour ne pas entrer dans des détails trop minutieux, citons seulement ce qui sc passait en Bretagne , en Franche-Comté, en Provence, en Vendée.
A Nantes, desccclésiastiqucsqui s’y étaient réunis pour donner des missions et des retraites , formèrent un établissement sur la paroisse de Saint -Clément, dont leur communauté emprunta le nom.
A Lyon, Jacques Cretenet (1606) avait établi les missionnaires de Saint-Joseph. Ce serviteur de Dieu était laïque , chirurgien de profession, et marié. Sa piété Payant porté à faire partie d'une association de charité, formée par mademoiscllcdc Beaulieu (1 642), religieuse du couvent de Sainte-Élisabeth , puis dirigée par le P. Arnauld, Feuillant, Cretenet, quoique laïque, remplaça celui-ci dans la direction de l’œuvre. Il se montra bien digne de cet honneur, dès 1613 , lors d’une épidémie qui affligea Lyon, et pendant laquelle il montra autant de zèle pour le salut spirituel des malades que de dévouement
pour leur guérison. Son association renfermait des ecclésiastiques; bientôt les séculiers qui en faisaient partie, voulurent le devenir, et Cretenet, resté veuf, eut lui-méme la consolation d’ètrc ordonné prêtre à Belley, l’année de sa mort, liais, avant ccdcrnier événement, la congrégation, qui s'étaitproposé les missions pour objet, avait acquisquelquc étendue. Ses membres secondèrent les Sulpiciens , quand ils donnèrent une mission dans le Vivarais ; l’évêque du Puy les appela dans son diocèse; ils rendirent des services dans le Languedoc, et. par l’intermédiaire du prince de Conli , qui les protégeait , ils obtinrent des lettres patentes pour s’établir à Lyon , à Pile-Adam et à Bagnols. La maison de Lyon fut fondée par Joachim, marquis de Coligui (1661). Ainsi s’organisa cette congrégation des Missionnaires de Saint - Joseph, non moins connus sous le nom de Joséphistes. Outre les missions, elle tint des écoles et des collèges ; on n’y faisait point de vœux , et le supérieur avait le titre de directeur général, sous l’autorité de l’archevêque de Lyon. Nantua, Louhans, Roanne,
CONGRÉGATIONS RELIGIEUSES D’HOMMES , ETC
Châlons-sur-Saônc, Grenoble, Toissey, possédèrent des établissements de Joséphistcs:
ils s’étaient partagés en deux corps, chargés chacun d’un certain nombre de missions; et telle était l’efficacité de leurs travaux, qu’à Bagnols, où il y avait très-peu de catholiques à leur arrivée, il ne se trouva plus à la lin qu'une famille protestante.
C’est à un Joséphistc, devenu curé de Saint-Pierre de Besançon, l’abbé Vuillemenot, d'Arinlhod, qu'on doit la formation d’une autre société de missionnaires en Franche-Comté. Vuillemcnol n’avait accepté sa cure que dans ce but. S’adjoignant donc des chanoines, des curés , et ensuite les directeurs du séminaire, il se fixa, vers 1680, dans les bâtiments du prieuré de Beaupré , près Besançon, avec l'autorisation de l’archcvéque, Antoine -Pierre de Grammont.
Ces missionnaires étaient ordinairement au nombre de douze; ils ne reconnaissaient pour supérieur que l’archevêque , qui avait dressé leurs règlements et qui pouvait les modifier au besoin ; ils ne faisaient pas de vœux , et n’avaient aucun rapport avec les Joséphistcs de Lyon. Leur sphère d’activité se bornait au diocèse de Besançon , dont ils visitaient les villes et les campagnes, suivantqu'ils en
recevaient l’ordredc l’un d’entre eux , qui, sous le titre de directeur, veillait à l’observation du règlement. Cette société de missionnaires, rétabliedepuis plusieurs années, a bâti une maison et une église à École, près Besançon.
D’un autre côté, Laurent- Dominique Berlet (1671-1739), prêtre du diocèse d’Avignon, y fonda, sous le nom de Missionnaires de Sainte- Garde, un séminaire et une réunion d’ecclésiastiques, qui évangélisaient le Comtat , donnaient des retraites , secondaient les pasteurs dans leurs fonctions.
Enfin , Grigniondc Montfort(1657-1716), dont nous parlerons avec plus de détail , en nous occupant des Filles de la Sagesse, institua dans la Vendée une congrégation de missionnaires. Grignion était l'un des élèyes du séminaire de Saint - Sulpice , et il avait ensuite fait son apprentissage des missions dans la communauté de Saint-Clément , dont il vient d’étre question. Toutefois , l’œuvre de Grignion n’était qu’une ébauche.
René Mulot , son successeur, consomma l’œuvre, et l’on verra dans le livre V , que les missionnaires du Saint-Esprit, qu’il établit à Saint-Laurent-sur-Sèvres, ont rendu et rendent encore d’importants services.