FILLES DE NOTRE-DAME, A BORDEAUX
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La réforme que méditait l’Église ne pouvait devenir généralcqu’aulant qu’on la commencerait par la génération naissante. On le comprit , et de là tant d'établissements qu'on vit surgirdès la fin du seizième siècle, et qui tous se proposaient ce but. Les jeunes gens avaient pour instituteurs , dans la religion comme dans les lettres , les Jésuites, l'Oratoire , les Pères de la Doctrine chrél ienne ; les filles réclamaient à leur tour l'apparition de différentes congrégations qui plaçassent l’éducation de la jeunesse au nombre des fins de leur institut. Celle des Filles dites de Notre-Dame, établies à Bordeaux par la marquise de Mont- Ferrant, est une des premières associations qui se dévouèrent à cet utile projet. -
Jeanne de Lcstonnac, fille d’un conseiller au parlement de Bordeaux et nièce de Montaigne par sa mère, épousa le marquis de Mont- Ferrant, dont elle eut sept enfants.
Privée de son mari, elle redoubla, pendant son veuvage, les exercices de piétéqui avaient toujours fait ses pluschèresdéllccs. Fài 1603,
scs enfants n'avaient déjà plus besoin de sa maternelle assistance; tranquille sur leur sort, elle ne songea plus qu’à se consacrer à Dieu. Elle alla prendre l’habit chez les Feuillantines de Toulouse; mais, sa santé ne lui permettant point de rester dans cet ordre, elle voulut au moins, à son retour à Bordeaux , se dédommager, en formant une congrégation qui se vouerait à l’éducation des filles. Les personnes les plus zélées, et surtout les plus prévoyantes, avaient, comme nous le disions plus haut, compris toute l’importanccdecette destination. Aussi vil -on les Jésuites de Bordes et Raimond, et le curé de Sainte -Colombe à Bordeaux, s’intéresser vivement à l’œuvre de la pieuse marquise. Le cardinal de Sourdis, son archevêque, l’un des prélats les plus recommandables de l’époque, non- seulement lui donna son autorisation , mais écrivit en sa faveur à Paul V , qui, le 7 avril 1607, confirma l'institut par un bref. La fondatrice, avec quatre associées , reçut des mains du cardinal l’habit et le voile noir , et prit la
CONGRÉGATIONS RELIGIEUSES DE FEMMES, ETC
règle de saint Benoit. En 1609, Henri IV accordadcs lettres patentes pour cet institut, qui se propagea dès lors avec rapidité.
Madame de Mont -Ferrant, qui ne mourut qu’en 1610, à quatre-vingt-quatre ans, put jouir d’une partie de ses progrès : son dévouement eut, dès ce monde, sa récompense.
puisqu’elle voyait le zèle et le succès de scs Filles pour l’éducation des jeunes personnes les faire désirer dans beaucoup de villes. A la fin du dix-septième siècle, la congrégation comptait quarante -sept maisons, répandues principalement dans nos provinces de l’Ouest et du Midi.