SOEURS DE LA PRÉSENTATION
La charité pénètre partout; il n’est pas de lieu si reculé qu'elle ne visite , de montagnes si escarpées qui ne s’abaissent devant elle, d’osbtacles physiques qui entravent son zcle. Ce qu’elle opère dans les villes, aidée de leurs ressources abondantes, elle le produit dans les campagnes les plus pauvres. Dans les pays les plus difficiles, il y a des âmes à gagner au Seigneur, des intelligences à former pour la société ; cela suffît pour que la charité s’y installe ,
1 Le nom que portent ces Sœurs nous rappelle que Nicolas Sanguin, évêque de Scnlis, y avait institué, en 1027, des religieuses do la Présentation de N.-D pour travailler à l’éducation de la jeunesse. Ces religieuses, reconnues par une bulle d’Urbain VIII, et par. des lettres patentes du roi, ne possédaient pas d’autre maison que celle de Sentis, d'ailleurs fort utile pour l’instruction des filles de cette ville.
Nous devons ajouter que l’Irlande possède sous le même nom une congrégation particulière. Ces Sœurs de la Présentation furent fondées, vers le milieu du dernier siècle, par une jeune personne d'une famille honorable, miss Nano Nagle. On raconte que, rentrant un ma-
et qu’elle fasse surgir autour d’elle des établissements d'utilité publique. C’est ainsi que, dans le Vivarais, où il n’y a ni grandes villes ni grandes fortunes, et dont le sol monlueux est d’un difficile accès, s’est élevé, depuis la révolution, un institut qui rend les plus grands services; nous voulons parler des Sœurs de la Pi'ésentation, qui se livrent à l’instruction des filles dans les campagnes
Marie Rivicr, née à Montpczat, était pleine
tin chez elle d’un bal où elle avait passé la nuit, elle rencontra de pauvres gens qui, malgré la rigueur du froid , attendaient à la porte d’une église qu’elle fût ouverte pour aller y prier Dieu. Elle compara sa vie dissipée avec celle de ces braves gens qui vivaient du travail de leurs mains, et qui ne voulaient commencer leurs travaux qu’après avoir prié Dieu. Dès lors miss Nagle se dévoua à servir Dieu. Elle avait de la fortune, elle l’employa à élever une première école de filles à Dublin ; elle se relira ensuite à Cork , où elle enseignait les pauvres gratuitement, jusqu’à ce que son exemple engagea de jeunes personnes à imiter son zèle.
Elles venaient d’abord dans le jour seconder
e. eu.se de lOrdr»' di- la Présentation de Notre Dame en Flandres.
CONGRÉGATIONS RELIGIEUSES DE FEMMES, ETC
de zèle et de piété ; dans sa jeunesse , attaquée d’une maladie, elle eut recours à l’intercession de saint Jean -François Régis, dont le culte est fort répandu dans le Vivarais; pour reconnaître ensuite le bienfait de sa guérison , elle se dévoua à former cet institut. La terreur qui régnait encore, ne l'empécha point de réunir quelques sujets à Tbueys , près d'Aubenas ; un sage ecclésiastique, l'abbé Pontannier , ancien directeur du séminaire de Tulles , et depuis directeur du séminaire du Puy , la seconda dans cette utile entreprise. Une pieuse veuve de Nantes , connue depuis sous le nom de Sœur Chantal, vint exprès de la Bretagne pour se joindre à elles. D’autres filles, animées du même dévouement et de la même ferveur, accrurent successivement l’association naissante.
Les Sœurs de la Présentation ne prononnoncent point de vœux ; on les envoie faire les écoles dans les campagnes , et elles visitent les malades. F.lles reçoivent les enfants à un franc par mois ; mais tout ce qu’elles perçoivent est transmis à la communauté, qui se charge de les soutenir.
Voilà pour la forme et l’objet de cet institut. Né au diocèse de Viviers, il est aujourd’hui répandu dans ceux de Mende, de Saint-Flour et d'Avignon ; il se compose de plus de soixante établissements, formés chacun de deux ou trois Sœurs , à l’exception de quelques villes, comme le Pont- Saint -Esprit , Alais, etc. , où elles sont eh plus grand nombre. De ces divers établissements, les Sœurs viennent, chaque année, faire une retraite à la maison principale.
miss Nagle; mais ensuite elles se réunirent et formèrent une communauté. Telle fut l’origine
Pendant longtemps le chef-lieu a été fixé à Thueys; mais, depuis quelques années, les Sœurs ont acheté l’ancien couvent de la Visitation, au bourg de Saint -Andéol, dans la meme province. La maison de Thueys n'est plus qu’une retraite pour les Sœurs âgées et infirmes ; mademoiselle Rivier à voulu y établir, en outre, un hôpital pour les pauvres de la montagne , aidée des mêmes secours qui lui ont servi pour construire le nouveau chef-lieu. Elle a, en effet, beaucoup augmenté les anciens bâtiments de Saint-Andéol, où les Sœurs possèdent maintenant un vaste et magnifique local , avec une belle chapelle, deux infirmeries, tyte terrasse sur le Rhône, une grande cour. On n’avait pourtant d’autres ressources que la Providence, pour former ce nouvel établissement; les fonds n'ont point manqué.
M. Vernet, supérieur du séminaire du Puy, qui était à la tête de la congrégation, a beaucoup contribué à cette bonne œuvre.
J„a maison de Saint-Andéol renferme aujourd'hui un grand nombre de Sœurs, avec environ quatre-vingts novices et autant de pensionnaires , mais séparées les unes des autres. Mademoiselle Rivier , dont la charité et la générosité égalent l’habileté et la prévoyance, reçoit aussi des orphelines. En 1822, elle en avait centcinquante, qu’ellefaisait élever et qu’elle plaçait successivement.
Voilà les prodiges qu’enfante une ingénieuse charité. L’esprit de piété, de simplicité , de cordialité et de désintéressement , qui règne dans la congrégation, lui a attiré les bénédictions du Ciel et l’estime des peuples.
des Sœurs de la Présentation , qui se sont répandues depuis par toute l'Irlande.