Probablement dans la région du Gran
ÎH ORIGINES DU CHRISTIANISME. (Ad ITt)
avaient succédé sans transition à un long hiver. Les Quades trouvèrent moyen de couper aux envahisseurs l'approvisionnement d'eau. L'armée était dévorée par la soif, épuisée de fatigues, égarée dans une impasse, oîi les barbares l'attaquèrent avec tous les avantages. Les Romains répondaient faiblement aux coups de l'ennemi, et l'on pouvait craindre un désastre, quand tout k coup un terrible orage s'amoncela. Une pluie sériée tomba sur les Romains et les rafraîchit. On prélendit, au contraire, que la foudre et la grêle se tournèrent conlre les Quades et !es effrayèrent, au point qu'une partie d'entre eux se jeta éperdue dans les rangs des Romains.
Tout le monde crut h. un miracle. Jupiter s'était évidemment prononeé pour sa race latine. La plupart attribuèrent le prodige aux prières de Marc-Aurèle. On fil des tableaux, où on voyait le pieux empereur suppliant les dieux et disant : n Jupiter, j'élève vers toi cette main qui n'a jamais fait couler le sang'. » La colonne Antonine consacra ce souvenir. Jupiter Pluvius s'y montre sous la figure d'un vieillard ailé, dont les cheveux, la barbe, les bras laissent échapper des torrents d'eau, que les Romains recueillent dans leurs casques et leurs boucliers, tandis que les bar-
tait la version officielle : Capitolin, Claudieo, Thémiâ- I». sib.^ XII.
(An 174] MARG-AURÈLE. 375
bdres sont frappés et renversés par la foudre. Quelques-uns crurent à l'intervention d'un magicien égyptien, nommé Arnouphis, qui suivait l'armée, et dont on supposa que les incantations avaient fait intervenir les dieux, en particulier Hermès aérien*.
La légion qui avait reçu cette raatcjue de la faveur céleste put prendre, au moins dans l'usage et pour tm temps, le nom de Fulminata *. Une telle épithète n' attrait eu rien de nouveau. Tout endroit touché par la foudre était sacré chez les Romains; la légion dont les campements avaient été atteints par les carreaux célestes devait être regardée comme ayant reçu une sorte de baptême de feu ; Fulminata devenait pour elle uti titre d'honneur. Une légion, la douzième, qui, depuis le siège de Jérusalem, auquel elle prit part, fut fixée à Mélitène% près de l'Euphrate, dans la Petite Arménie, porta ce titre dès le temps d'Auguste, sans doute par suite d'un accident physique
4. Dion Gassius, L c; Suidas, aux mots "A^vouopi; et iouXiotvo'c Cf. Lampride, Héliog,, 9.
î. KipflwvoêoXoç, a frappée de la foudre », fulminata (comparez xtp«u>o6oXiov, « endroit frappé de la foudre »). C'est à tort qu'on écrit (Eus., Y, v, 4) xipatuvcSoXoç, fulminatrix, au sens actif. Selon Apollinaire, la légion aurait reçu de Tempereur le nom de Fulminata; mais cela est difficile à croire.