nopoiorpoç. Comp. Marc, xvi
[An 178] MARC-AURÈLE. 359
sa résurrection n'en a qu'un seul. C'est le contraire qui aurait dû avoir lieu^
Si vous aviez si fort envie de faire du neuf, combien il aurait mieux valu choisir pour le déifier qu!:*lqu'unde ceux qui sont morts virilement et qui sont dignes du mythe divin ! Si vous répugniez à prendre Héraclès, Asclëpios ou quelqu'un des anciens héros qui déjà sont honorés d'un culte, vous aviez Orphée, homme inspiré, nul ne le conteste, et qui périt de mort violente. Peut-être direzvous qu'il n'était plus à prendre. SoU; mais alors vous aviez Ânaxarque, qui, jeté un jour dans un mortier^ comme on Ty pilait cruellement, se jouait de son bour^ reau. « Klez, pilez, disait-il, l'étui d' Anaxarque ; car, pour lui-môme, vous ne le toucherez pas ! » parole pleine d'un esprit divin. Ici encore, dira-t-on, vous avez été pré*
venus Eh bien, alors, que ne preniez-vous Épictète?
Gomme son maître lui tordait la jambe, lui» calme et souriant: « Vous allez la casser », disait-il; et la jambe en effet s'étant brisée : « Je vous disais que vous alliez la casser! » Qu'est-ce que votre dieu a dit de pareil dans les tourments? Et la SibyUe, dont plusieurs parmi vous allé* guent l'autorité, que ne Favez-vous prise? Vous auriez eu les meilleures raisons de l'appeler fille de Dieu. Vous vous êtes contentés d'introduire à tort et à travers, frauJuleusement, nombre de blasphèmes dans ses livres, et vous nous donnez pour dieu un personnage qui a fini par une mort misérable une vie infâme. Tenez, vous auriez mieux fait de choisir Jonas, qui sortit sain etsauf d'un gros poisson, Daniel, qui échappa aux hôtes, ou tel autre dont vous nous contez des choses plus drôles encore '.
4. Orig., II, 64, 55, 63, 67, 68, 70, 72, 73, 74, 75; V, 51. %. Celse, dans Orig., YII, 53.
360 ORIGINES DU CHRISTIANISME. [An 178]
Dans ses jugements sur l'Église, telle qu'elle existait de son temps, Celse se montre singulièrement malveillant. A part quelques hommes honnêtes et doux ^ r Église lui apparat t comme un amas de sectaires s'injuriant les uns les autres. Il y a une nouvelle race d'hommes, nés d*hier, sans patrie, ni traditions antiques, ligués contre les institutions civiles et religieuses, poursuivis par la justice, notés d'infamie, se faisant gloire de l'exécration commune ^ Leurs réunions sont clandestines et illicites ; ils s'y engagent par serment h violer les lois et & tout souffrir pour une doctrine barbare ', qui aurait, en tout cas, besoin d'être perfectionnée et épurée par la raison grecque V Doctrine secrète et dangereuse! I..e courage qu'ils mettent & la soutenir est louable ; il est bien de mourir pour ne pas abjurer ou feindre d'abjurer la foi qu'on a embrassée \ Mais encore faut-il que la foi soit fondée en raison et n'ait pas pour base unique un parti pris de ne rien examiner*. Les chrétiens, d'ailleurs, n'ont pas inventé le martyre; chaque croyance a donné des exemples de