Pensées, XI, t
%. Ibid., X, 4 . {
[An 180] MARC-AUAÈLE. 167
vient des dieux, que dans Tûvenir tout sera également bien, je veux dire tout ce qu'ils décideront pour la conservation de Tétre vivant S parfait, bon, juste, beau, qui a tout produit, renferme tout, enserre et comprend toutes lés choses partibulières, les4iifelles ne se dissolvent que pbur ëii former de nouvelles pareilles aux premières ? Quand seras-tu donc telle, ô mon âme, que tu puisses vivre enfin dans la cité des dieux et des hommes, de manière à ne leur jamais adresser une plainte et à n'avoir jamais non ^luà besoin ilé leur t)ardoh ?
Cette résignation devenait de jour en jour plus nécessaire ; car le mal, qu'on avait pu croire un moment maîtrisé par le gouvernement des philosophes^ relevait la tête de toutes parts; Au fond, les progrès opérés par les règnes d'Antonin et de Marc-Aurèle n'avaient été que superficiels. Tout s'était borné à un vernis d'hypocrisie, à des mines extérieures qu'on avait prises pour se mettre à l'unisson des deux sages empereurs. La masse était grossière; l'armée s'affaiblissait; les lois seules avaient été améliorées. Ce qui régnait partout, c'était une profonde tristesse. Marc- Aurèle avait en un sens trop bien réussi. Le monde antique prenait le capuchon du moine^ comme ces descendants de la noblesse de Versailles qui se font aujourd'hui trappistes ou chartreux. Malheur aux vieilles aristocraties qui, après les excès d'une folle