‹ Histoire des origines de ChristianismeChapitre 265 sur 364 · t6û riXiioo (ciéo · texte numérisé non relu

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4M OHIGINBS DO CUR1STIANI8HB. [An m]

jeunesse, deviennent tout à coup vertueuses, humaines et rangées! C'est là un symptôme qu'elles vont mourir.

La sainteté de l'empereur avait obtenu, en ce qui touchait l'opinion, un résultat supérieur à celui qu'on devait attendre : elle l'avait, en quelque sorte, sacré aux yeux du peuple. C'est ici un fait honorable pour la nature humaine, et que l'histoire ne doit pas plus omettre que tant d'autres faits attristants. Marc-Aurèle fut extrêmement aimé; la popularité, si sujette à se méprendre sur la valeur des hommes, une fois mi moins a ét^ juste. Le meilleur des souverains a été le mieux apprécié. Mais la méchanceté du siècle reprenait par d'autres côtés sa revanche. Trois ou quatre fois, la bonté de Marc- Aurèle faillit le perdre. Le grand inconvénient de la vie réelle et ce qui la rend insupportable à l'homme supérieur, c'est que, si l'on y transporte les principes de l'idéal, les qualités deviennent des défauts, si bien que fort souvent l'homme accompli y réussit moins bien que celui qui a pour mobiles l'égoîsme ou la routine vulgaire. L'honnêteté consciencieuse de l'empereur lui avait fait coomeltre une pre-

faute en lui persuadant d'associer à l'empire } Verus, envers qui il n'avait aucune obligation.

était un homme frivole et sans valeur. Il fallut

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des prodiges de bonté et de délicatesse pour Tempêcher de faire des folies désastreuses. Le sage empereur, sérieux et appliqué, traînait avec lui dans sa litière le sot collègue qu'il s'était donné. Il le prit toujours obstinément au sérieux; il ne se révolta pas une fois contre cet assommant compagnonnage. Comme les gens qui ont été très bien élevés, Marc- Aurèle se gênait sans cesse; ses façons venaient d'un parti pris général de tenue et de dignité. Les âmes de cette sorte, soit pour ne pas faire de la peine aux autres, soit par respect pour la nature humaine ^ ne se résignent pas à avouer qu'elles voient le mal. Leur vie est une perpétuelle dissimulation.

Faustine fut, dans la vie du pieux empereur, une bien autre source de tristesse. La Providence qui veille à l'éducation des grandes âmes et travaille sans cesse à leur perfection lui prépara la plus pénible des épreuves, une femme qui ne le comprit pas. Elle commença, ce semble, par l'aimer; peut-être même trouva-t-elle d'abord quelque bonheur dans celte villa de Lorium ou dans cette belle retraite de Lanuvium, sur les dernières pentes des monts Albains, que Marc-Aurèle décrit à Fronton comme un séjour plein des joies les plus pures*. Puis elle se fatigua de

^ Fronlonis EpisL, p. 1«^ 125, 433, 435, 436, 444, 44J, 454, 452, 453, 459, édit. Maï, 4823 (Naber,'p. 80 etsuiv.).

m ORIGINES DO CHRISTIAMBHB. in 18D|

lanl de sagesse. Disons tout : les belles sentences de Marc-Aurèle, sa verlu austère, sa perpétuelle mélancolie, son aversion pour tout ce qui ressemblait h une cour', purent sembler ennuyeuses h une fenimp jeune, capricieuse, cl'un tempérament ardent et d'une merveilleuse beauté. Des recherches attentives qpt réduit h. peu de chose les Taits que la calomnie s'eçt plu & relevée contre l'épouse de ftïarc-Aurèle î. Ce qui reste h sa charge est grave encore; elle p'aim>i pas les amis de son m^ri; elle n'entra pas dans sa vie ; elle eut des goûts hors de lui.

Le bon empereur le comprit, en sQuITrit et se tut. Son principe absolu de voir les phqses telles qu'elles doivent âtre et non telles qu'elles sopt ne se démentit pas. En vain on osa le désigner sui: la scène comme un mari trompé ; les comédiens eurent beau nommer au public les amants de faustine; il ne consentit h rien entendre. Il ne sortit pas de son iniplacabie douceur. Faustine resta toujours u sa très bonne et très fidèle épouse », Qn ne réussit jamais, même après qu'elle fut morte, & lui faire abandonner ce pieux mensonge. Dans un bas-relief qui se voit encore aujourd'hui h ftome, au musée du Capi-

(. Pensées,!, <7; X, Ï7.

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