‹ Histoire des origines de ChristianismeChapitre 272 sur 364 · Pe7isées,lX, 3;X · texte numérisé non relu

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480 OBIGI^ES DO CHDISTIANISMB. |Ao I80|

le père d'un Néron, d'un Galigula, d'un Domitien '.

Ne maudis pas la mort; mais fais-lui bon acci.eil, puisqu'elle est du nombre de ces phénomènes que veut la nature. La dissolution de notre élre est un fait aussi naturel que la jeunesse, la vieillesse, ta croissance, la pleine malurilé... Que si tu as besoin d'une réflexion toute spéciale, qui te rende bienveillant envers la mort, tu n'as qu'à considérer ce dont elle va te séparer, et le milieu moral auquel ton ftme ne sera plus mêlée. Ce n'est pas qu'il failli! te brouiller avec eux*; loin de là, tu dois les aimer, les supporter avec douceur. Seulement il faut bien le dire que ce ne sont pas des gens partageant tes sentiments que tu vas quitter; le seul motif qui pourrait nous attacher à la vie et nous y retenir, ce serait d'avoir le bonheur de nous trouver avec des hommes qui auraient les mêmes opinions que nous. Mais, à cette heure, tu vois quels déchirements dans ton intérieur, à ce point que tu t'écries : u 0 mort! ne tarde plus à venir, de peur que je « n'en arrive, moi aussi, à ro'oublier •. u

— a C'était un honnête homme, c'était un sage », se dira-tK>n; ce qui n'empêchera pas tel autre de se dire en lui-même : « Nous voilà donc enBn délivrés de ce pédagogue ; respirons 1 Certes il n'était méchant pour personne d'entre nous; muis je sentais qu'au fond il nous

désapprouvait I » Qu'au Ut de mort, cette réflexion te

[uitter la vie plus aisément : n Je sors de celte vie,

!apitotin, 38, dit qu'il allait jusqu'à désirer la mort de soa a est en conlradictioD avec lesPentées, I. c. Itrc-Aurële ne désigne que d'une manière vague ceux 9n vue. Il paraît bien que Commode était du nombre. ^en$ées, IX, -3.

[An ISq MARC-AURÈLE. 481

OÙ même mes compagnons de route, pour qui j'ai tant lutté, fait tant de vœux, pris tant de peine, désirent que je m'en aille, espérant que ma mort les mettra plus à Taise. » Quel motif pourrait donc nous faire souhaiter de demeurer plus longtemps ici?

Ne va pas, toutefois, en partant, montrer moins de bienveillance pour eux; conserve à leur égard ton caractère habituel; reste affectueux, indulgent, doux, et ne prends pas

Tair d'un homme qui se fait tirer pour sortir C'est la

nature qui avait formé ton lien avec eux. Voici qu'elle le rompt. Ëh bien, adieu, amis, je m'en vais sans qu'il soit besoin d'employer la force pour m'arracher du milieu de vous; car cette séparation même n'a rien que de conforme à la nature ^.

Les derniers livres des Pensées se rapportent à cette époque, où Marc-Aurèle, resté seul avec sa philosophie, que personne ne partage plus, n'a qu'une pensée, celle de sorlir tout doucement du monde. C'est la même mélancolie que dans la philosophie de Carnonte*; mais l'heure de la vie du penseur est bien autre. A Camonte et sur les bords du Gran, Marc- Aurèle médite pour se rendre fort dans la vie. Maintenant, toute sa pensée n'est plus qu'une préparation à la mort •, un exercice spirituel pour arriver paré comme il faut à l'autel. Tous les motifs par lesquels on peut chercher à se persuader que la mort n'est

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