‹ Histoire des origines de ChristianismeChapitre 273 sur 364 · lbid.,XU · texte numérisé non relu

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4BS ORIGINES DU CHRI8TIAN1SHB. {An IMj

pas une souveraine injustice pour l'homme vertueux, il se les donne-, il va jusqu'au sophisme ^in d'absoudre ]a Providence et de prouver que l'homme, en mourant, doit être satisfait.

Le temps que dure la vie de rbomine n'est qu'ua point; son ôtre est dans un flux perpétuel; ses sensations sont obscures*. Son corps, composé d'éléments divers, tend de lui-même à la corrupiion; son Ame est un tourbillooi son destin est une énigme insoluble ; la gloire est une indéterminée. En un mot, tout ce qui regarde le corps as( un fleuve qui s'écoule ; tout ce qui regarde l'âme n'est que songe et fumée; la vie est un combat, un séjour en pays étranger; la renommée posthume, c'est l'oubli. Qui peut donc nous servir de guide? Une chose, une seule chose, c'est la philosophie. Et la pbilosophie, c'est de faire en sorte que le génie qui est nous reste pur de toute souillure, plus fort que les plaisirs ou les souffrances,., accep* tant les événements et le sort comme des émanations de la source d'où il vient lui-même, enfin attendant d'une humeur sereine la mort, qu'il prend pour la simple dissolution des éléments dont tout être vivant est composé. Si, pour les éléments eui-mômes, ce n'est point un mal que de subir de perpétuelles métamorphoses, pourquoi regarder avec tristesse te changement et la dissolution de toutes choses7i]e changement est conforme aux lois deli nature, et rien n*est mal de ce qui est conforme à la nature.

Ainsi, à force d'analyser la vie, il la dissout, il la rend peu différente de la mort. It arrive h la parfaite

Penséei, II, <7. Cotnp. IV, 3, 6.

[An 180] MâHOàURÈLE. ISS

bonté, à l'absolue indulgence, à Tindifférence tempérée par la pitié et le dédain. « Passer sa vie résigné au milieu des hommes menteurs et injustes* », voilà le programme du sage. Et il avait raison. La plus solide bonté est celle qui se fonde sur le parfait ennui, sur la vue claire de ce fait que tout en ce monde est frivole et sans fond réel. Dans cette ruine absolue de toute chose, que reste-t-il? La méchanceté? Oh ! cela n'en vaut pas la peine. La méchanceté suppose une certaine foi au sérieux de la vie, la foi du moins au plaisir, la foi à la vengeance, la foi à l'ambition. Néron croyait à l'art; Commode croyait au cirque, et cela les rendait cruels. Mais le désabusé qui sait que tout objet de désir est frivole, pourquoi se don-» nerait-t-il la peine d'un sentiment désagréable? La bonté du sceptique est la plus assurée, et le pieux empereur était plus que sceptique; le mouvement de la vie dans cette âme était presque aussi doux que les petits bruits de l'atmosphère intime d'un cercueil. Il avait atteint le nirvana bouddhique, la paix du Christ. Comme Jésus, Çakya-Mouni, Socrate, François d'Assise, et trois ou quatre autres sages, il avait totale* ment vaincu la mort. Il pouvait sourire d'elle, car vraiment elle n'avait plus de sens pour lui.

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