Orelli-Henzen, n
3. Gapitolin, 28; Dion Cassius, LXXI, 33, 34; Hérodieo, I, ii, 3 et suiv.; Aurelius Victor, l, c; Tertullien, ApoL, 25; Théophile d'Antioche, III, 27, 28. Malgré Tassertion positive de Dion, il n'est pas probable que Commode ait en rien contribué à la mort de son père.
m ORIGINKS DO GDRISTIAMSMB. {An 18V]
digne, et aux dieux immorteli. » L'armée était incoasolabtei car elle adorait Marc-Aurèle, et elle voyait trop bien dans quel abtme de maux on allait tomber après lui. L'empereur eut encore la force de présenter Commode aux soldats. Son art de conserver la tranquillité au milieu des plus grandes douleurs lui faisait garder, en ce moment cruel, un visage calme. Le septième jour, il sentit sa fin approcher. II ne reçut plus que son fils, et il le congédia au bout de quelques instants, de peur de le voir contracter le mal dont il était atteint; peut-être De fut-ce là qu'un prétexte pour se délivrer de son odieuse présence. Puis il se couvrit la tête comme pour dormir. La nuit suivante, il rendit l'âme.
On rapporta son corps à Rome et on l'enterra daos le mausolée d'Adrien. L'elTusion de la piété populaire Tut touchfuite. Telle était l'aiïection qu'on avait pour lui, qu'on ne le désignait jamais par son nom ou ses titres. Chacun selon son âge l'appelait « Marc mon père, Marc mon frère, Marc mon fils ». Le jour e ses obsèques, on ne veisa presque point de larmes, lUs étant certains qu'il n'avait fait que retourner aux ieux, qui l'avaient prêté un moment à la terre. Dumt la cérémonie même des funérailles, on le proama « dieu propice » avec une spontanéité sans temple. On déclara sacrilège quiconque n'aurait pas,
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si ses moyens ie lui permettaient, son image dans sa maison. Et il n'en fut pas de ce culte comme de tant d'autres apothéoses éphémères. Cent ans après, la statue de Marc-Antonin se voyait dans un grand nombre de laraires, entre les dieux pénates. L'empereur Dioclétien avait pour lui un culte à part*. Le nom d'Anlonin désormais fut sacré. Il devint, comme celui de César et d'Auguste, une sorte d'attribut de l'empire, un signe de la souveraineté humaine et civile'. Le numen Antoninum^ fut comme l'astre bienfaisant de cet empire dont le programme admirable resta, pour le siècle qui suivit, un reproche, une espérance, un regret. On vit des âmes aussi peu poétiques que celle de Septime-Sévère en rêver comme d'un ciel perdu ^. Même Constantin s'inclina devant cette divinité clémente et voulut que la statue d'or des Antonins comptât parmi celles des ancêtres et des tuteurs de son pouvoir', fondé poui*tant sous de tout autres auspices.
Jamais culte ne fut plus légitime, et c'est le nôtre