Plutarque, Cum principibus philosophandum, 4 et suiv
3. Sénèque, Consol. ad Marciam,i et suiv. Cf. Suét, Oct„ 89; Strab., XI /,v, 4; Dion Cass., LI, 46; Plutarqi^e, Anton., 80, 84 ; Apophth., Aug., 3 ; Prœc. ger. reip., 48 ; Maro-Aurèle, Pensées, VIII, 34; Julien, Epist, 54, ad Alex,, et Cces,, p. 3Î6, Spanh. Sénèque nous donne le discours qu*il suppose avoir été tenu par Aréus. Ses trois Consolations à Helvia, à Marcia, à Polybe, sont des morceaux du môme genre.
4. Arrien, Epict. Dissert., III, viii, 7. Cf. Perse, v, 489-49|.
U ORIGINES DD CHRISTIANISUE. [An 101]
heures. On dirait des espèces d'aumftniers, ayant des fonctions et un traitement réguliers. Dion Chrysoslome écrit pour Trajan son discours sur les devoirs de la royauté *. Adrien s'est montré à nous environné lie sophistes.
Le public avait, comme tes princes, ses leçons régulières de philosophie. Il y avait, dans les villes importantes, un enseignement éclectique officiel, des leçons, des conférences. Toutes les anciennes dénominations d'écote subsistaient; il existait encore des platoniciens, des pythagoriciens, des cyniques, des épicuriens, des péripaléliciens, recevant tous des salaires égaux, à la seule condition de prouver que leur enseignement était bien d'accord avec celui de Platon, de Pythagore, de Diogène, d'Ëpicure, d'Aristote*. Les railleurs prétendaient même que certains professeurs enseignaient & la fois plusieurs phitosophies et se faisaient payer pour jouer des râles divers*. Un sophiste s'étant présenté k Athènes comme sachant toutes les philosopbies : M Qu'Aristote m'appelle au Lycée, dit-il, je le suis; iton m'invite à l'Académie, j'y entre; si Zenon lame, je me fais l'hâte du Portique ; sur un mot
■at., I.
icien, Eumtch,! 9
icien, DemoHax,ié.
lAn IM] MARC-AURÊLE. 45
de Pythagore, je me tais. — Suppose que Pylhagore t'appelle », reprit Démonax.
On oublie ti*op que le ir siècle eut une véritable prédicat ion paTenne parallèle à celle du christianisme, et d'accord à beaucoup d'égards avec celle-ci. Il n'était pas rare, au cirque, au théâtre, dans les assemblées, de voir un sophiste se lever, comme un messager divin, au nom des vérités éternelles'. Dion Chrysostome avait déjà donné le modèle de ces homélies, empreintes d'un polythéisme fort mitigé par la philosophie, et qui rappellent les enseignements des Pères de l'Église. Le cynique Théagène, à Rome, attirait la foule au cours qu'il faisait dans le gymnase de Trajan * . Maxime de Tyr, en ses Sermons^ nous présente une théologie, au fond monothéiste', où les représentations figurées ne sont conservées que comme des symboles nécessaires à la faiblesse humaine et dont les sages seuls peuvent se passer. Tous les cultes, selon ce penseur parfois éloquent, sont un effort impuissant vers un idéal unique. Les variétés qu'ils présentent sont insignifiantes et ne sauraient arrêter le véritable adorateur ^.
4. Dion Chrys., Orai., xxxii; Aulu-Gelle, V, 4 (Musonius). %. Galien, Meihod. medendi, 43, 45, t. X, p. 909, KUhn. 3. Dissert,, xr, xiv, xvni, édit. Dttbner.
M OBIGINES DD CHRISTIANISME. [An ISlf
Ainsi se réalisa ud véritable miracle historique, ce qu'on peut appeler le règne des philosophes. C'est le moment d'étudier ce qu'un tel régime favorisa, ce qu'il abaissa. — Il servit merveilleusement aux progrès sociaux et moraux; l'humanité, la douceur des mœurs y gagnèrent infiniment; l'idée d'un État gouverné par la sagesse, la bienveillance et la raison Tut fondée pour toujours. Au contraire, la force militaire, l'art et la littérature subirent une certaine décadence. Les philosophes et les lettrés étaient loin d'être la même chose. Les philosophes prenaient en pitié la frivolité des lettrés, leur goût pour les applaudissements*. Les letti-és souriaient de la barbarie du style des philosophes, de leur manque de manières, de leurfl barbes et de leurs manteaux. Marc-Aurèle, après avoir hésité entre les deux directions, se décida hautement pour les philosophes. Il négligea le latin, cessa d'encourager le soin d'écrire en cette langue, préféra le grec, qui était la langue de ses auteurs favoris.
La ruine complète de la littérature latine est dès idée. L'Occident baisse rapidement, tandis
lAtm. Maxime de Tyr, derniers mots du dise, vui, er.
clèle, Diiserl ,\, xxi; U, xxiii; III, ix, sxiii; Aulu- 1 1 Plolarque, De aiidiendo, 13, 15. Se rappeler Quiiiljproœin.i 3 ; X,i, 3)XI,i,4; Xn,[i,4,3; lit.
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que l'Orient devient de jour en jour plus brillant; on voit déjà poindre Constantin. Les arts plastiques, si fort aimés d* Adrien, devaient paraître à Marc- Aurèle des quasi-vanités. Ce qui reste de son arc de triomphe* est assez mou; tout le monde, jusqu'aux barbares, y a l'air excellent; les chevaux ont un œil attendri et philanthrope. La colonne Antonine est un ouvrage curieux, mais sans délicatesse dans l'exécution, très inférieur au temple d'Antonin et Fausline, élevé sous le règne précédent. La statue équestre du Capitole nous charme par l'image sincère qu'elle nous présente de l'excellent empereur; mais l'artiste n'a pas le droit d'abdiquer toute crânerie à ce point. On sent que la totale ruine des arts du dessin, qui va s'accomplir en cinquante ans, a des causes profondes. Le christianisme et la philosophie y travaillaient également. Le monde se détachait trop de la forme et de la beauté. 11 ne voulait plus que de ce qui améliore le sort des faibles et adoucit les forts. La philosophie dominante était morale au plus haut degré, mais elle était peu scientifique; elle ne poussait pas à la recherche. Une telle philosophie n'avait rien de tout à fait incompatible avec des cultes aussi peu dogmatiques que l'étaient ceux d'alors. Les philosophes étaient souvent revêtus de